Face aux incertitudes croissantes du système bancaire traditionnel – faillites, blocages de comptes, frais bancaires et érosion monétaire –, une solution alternative attire de plus en plus d’épargnants : les comptes adossés à l’or. Selon Cryptoast, ces dispositifs, proposés notamment par la fintech française Veracash, permettent de détenir une épargne liée à un actif tangible plutôt qu’à de la dette bancaire. Mais comment fonctionnent-ils exactement, et quels sont leurs avantages et limites ?
Ce qu'il faut retenir
- Les comptes bancaires classiques exposent les épargnants à des risques de faillite, de blocage ou d’inflation, avec une garantie limitée à 100 000 € par déposant.
- L’or, valeur refuge historique, devient utilisable au quotidien via des comptes adossés, comme ceux proposés par Veracash, une filiale du groupe AuCOFFRE.com.
- Ces comptes offrent une carte Mastercard internationale, un IBAN personnel et des avantages fiscaux, notamment une exonération de taxe sur les transactions inférieures à 5 000 €.
- Les métaux précieux sont stockés dans des coffres sécurisés et hors bilan bancaire, réduisant les risques de perte en cas de défaillance de l’établissement.
- Cependant, ces solutions ne permettent pas de générer des intérêts et comportent des frais d’achat et de revente à prendre en compte.
Les limites du système bancaire traditionnel et l’attrait croissant pour l’or
L’argent déposé sur un compte bancaire ne constitue pas un actif réel, mais une simple créance sur l’établissement financier. Comme le rappelle Cryptoast, cette situation expose les épargnants à plusieurs risques majeurs. D’abord, celui d’une faillite bancaire : en cas de défaillance, seuls les dépôts jusqu’à 100 000 € sont garantis par le Fonds de garantie des dépôts, un plafond qui peut rapidement devenir insuffisant pour les gros épargnants. Ensuite, le risque de blocage des comptes, illustré par les crises chypriote en 2013 et grecque en 2015, où des retraits ont été plafonnés ou ponctionnés.
Enfin, l’inflation grignote mécaniquement le pouvoir d’achat des liquidités placées sur des livrets peu rémunérateurs. Autant dire que la confiance dans le système bancaire traditionnel s’effrite, poussant une partie des épargnants à chercher des alternatives. L’or, actif tangible et valeur refuge millénaire, représente une réponse à cette quête de sécurité. Pourtant, son utilisation au quotidien a longtemps été limitée par son manque de liquidité : impossible d’acheter un café avec une pièce en or.
Veracash, une fintech française pionnière dans les comptes adossés à l’or
C’est pour lever ce verrou que des services comme Veracash, une fintech française, ont émergé. Selon Cryptoast, ce service propose un compte de paiement associé à une carte Mastercard, où l’argent est automatiquement converti en grammes d’or ou d’argent physique, stockés dans des coffres sécurisés hors du système bancaire classique. Contrairement à un compte bancaire traditionnel, ces métaux précieux ne font pas partie du bilan comptable de l’entreprise, ce qui les protège en cas de défaillance de Veracash.
Pour faciliter les transactions, Veracash utilise une unité de compte interne, le VRC, calée sur l’euro : 1 VRC équivaut à 1 euro. Lors d’un paiement, les grammes d’or sont convertis en VRC, puis en euros au moment de la transaction. La valeur du compte suit ainsi l’évolution du cours des métaux précieux. Deux formes d’or sont proposées : GoldPremium, adossé à des jetons et pièces à cours légal, idéal pour l’épargne, et GoldSpot, indexé sur le cours spot international et plus liquide, adapté aux usages quotidiens.
Des avantages concrets, mais aussi des contraintes à connaître
Les atouts de Veracash sont multiples. D’abord, la possibilité de coupler épargne en or et dépenses du quotidien grâce à une carte Mastercard gratuite et internationale, acceptée dans des dizaines de millions de commerces. Aucun frais n’est prélevé sur les paiements et retraits hors zone euro, hormis le taux de change Mastercard. Autre avantage : l’obtention d’un IBAN personnel, permettant de recevoir salaires, revenus ou prestations sociales, et d’effectuer des virements dans toute la zone SEPA.
Sur le plan fiscal, Veracash offre un régime avantageux : l’or détenu relève du statut des « bijoux et assimilés », ce qui exonère de taxe toute revente inférieure à 5 000 € par transaction. Pour un résident fiscal français, cela signifie que les dépenses quotidiennes réglées en or via la carte ne génèrent aucune imposition. Enfin, l’accès à ces comptes est facilité : aucun montant minimum n’est exigé, et l’or peut s’acheter au gramme près. Veracash revendique aujourd’hui plus de 50 000 clients dans une vingtaine de pays, et son opérateur, Treezor, est un établissement de paiement agréé et supervisé par l’ACPR.
Les points de vigilance à ne pas négliger
Malgré ces atouts, les comptes adossés à l’or ne constituent pas une alternative parfaite au système bancaire traditionnel. D’abord, ils ne permettent ni découvert ni rémunération des fonds : la valeur de l’épargne dépend uniquement de l’évolution du cours des métaux précieux, qui peut aussi bien augmenter que baisser. Ensuite, les frais d’achat et de revente, bien que compétitifs, doivent être pris en compte, surtout pour des petits montants.
Autre contrainte : ces comptes restent soumis aux mêmes obligations réglementaires que les banques, notamment en matière de KYC (Know Your Customer) et de lutte contre le blanchiment. Enfin, l’or reste un actif de protection, pas de spéculation : son intérêt réside dans la diversification du patrimoine et la protection contre les risques systémiques, et non dans la recherche de plus-values à court terme.
Ces comptes représentent-ils l’avenir de l’épargne, ou ne sont-ils qu’une niche pour investisseurs avertis ? Seul l’avenir nous le dira. Une chose est certaine : dans un monde où la confiance dans les institutions s’érode, l’or redevient un pilier de la sécurité financière.
Un compte adossé à l’or, comme celui proposé par Veracash, convertit l’argent déposé en grammes d’or physique stockés en coffre sécurisé, hors bilan bancaire. Contrairement à un compte bancaire classique, il n’y a ni découvert possible ni rémunération des fonds. La valeur du compte dépend uniquement de l’évolution du cours de l’or.
Oui, selon Cryptoast, les métaux précieux détenus sur Veracash sont stockés dans des coffres sécurisés et ne font pas partie du bilan comptable de l’entreprise. Ils appartiennent en nom propre à l’épargnant, ce qui les protège en cas de défaillance de Veracash.