Un concert de la DJ Barbara Butch, de confession juive, a été interrompu samedi soir à Grenoble après seulement une vingtaine de minutes de représentation. L’incident s’est produit dans un contexte de tensions autour d’un appel au boycott lancé par des militants propalestiniens et des membres du mouvement La France Insoumise (LFI), selon Le Monde – Politique.
Ce qu'il faut retenir
- Le concert de Barbara Butch a été interrompu au bout de 20 minutes samedi 9 août 2026 à Grenoble.
- L’action a été menée par des militants propalestiniens et des membres de la section iséroise de La France Insoumise.
- Les organisateurs ont répondu à un appel au boycott lancé par ces groupes, ciblant notamment les artistes perçus comme soutenant Israël.
- Barbara Butch, de confession juive, a décidé de porter plainte pour interrompre ce qu’elle considère comme une action discriminatoire.
- Bally Bagayoko, figure de l’insoumis, a soutenu la démarche de la DJ, estimant qu’elle avait « raison » de saisir la justice.
Un incident dans un contexte de tensions politiques et sociales
Samedi soir, la salle grenobloise accueillant Barbara Butch a été le théâtre d’une interruption prématurée de son set. Dès les premières minutes, des militants ont pris la parole pour dénoncer ce qu’ils qualifiaient de soutien de l’artiste à des causes qu’ils jugent contraires à leurs valeurs. L’appel au boycott, lancé notamment par la section iséroise de LFI, visait à protester contre la présence d’artistes perçus comme complices de la politique israélienne dans les territoires palestiniens.
Selon les témoignages recueillis par Le Monde – Politique, les organisateurs du concert ont tenté de maintenir l’événement, mais les militants ont persisté dans leur action, rendant toute continuation impossible. Barbara Butch, interrompue dans son animation, a quitté la scène sous les applaudissements d’une partie du public, tandis que d’autres spectateurs exprimaient leur mécontentement face à cette interruption.
Le soutien d’un élu LFI à la plainte de Barbara Butch
Bally Bagayoko, figure montante de La France Insoumise en Isère et membre du groupe des « Insoumis », a apporté son soutien public à Barbara Butch. Dans une déclaration relayée par plusieurs médias, il a affirmé : « Elle a raison de porter plainte. Nul ne devrait être interrompu dans son travail pour ses origines ou ses convictions. » Ces propos soulignent une prise de position claire en faveur de la liberté artistique, tout en réaffirmant l’opposition du mouvement à ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique des arts.
Cette prise de position de Bagayoko contraste avec les positions plus radicales de certains membres de LFI, qui avaient appelé au boycott de plusieurs artistes ces derniers mois. Le député isérois a précisé que son soutien ne remettait pas en cause la liberté d’expression des militants, mais rappelait que « le débat doit rester dans le cadre légal et respectueux ».
Les réactions et les suites judiciaires
Dès dimanche, Barbara Butch a annoncé sur ses réseaux sociaux avoir déposé plainte pour « interruption de spectacle » et « troubles à l’ordre public ». Son avocat, contacté par Le Monde – Politique, a confirmé que la procédure était en cours, sans préciser si des militants avaient été identifiés. De son côté, la préfecture de l’Isère a indiqué avoir été saisie de l’incident, mais n’a pas communiqué sur d’éventuelles suites administratives.
Côté organisateurs, on évoque un bilan matériel limité, mais une frustration liée à la perte financière engendrée par l’interruption prématurée du concert. Les billets vendus pour cette date n’ont pas pu être remboursés intégralement, faute de temps pour organiser un report. « On espérait un événement apaisé, mais la radicalisation de certains discours a pris le dessus », a déclaré un responsable du lieu, sous couvert d’anonymat.
L’affaire pourrait aussi relancer les discussions au sein de La France Insoumise, entre ceux qui prônent une ligne radicale et ceux, comme Bagayoko, qui défendent une approche plus modérée. Une question reste en suspens : jusqu’où les artistes peuvent-ils être tenus responsables des prises de position de leurs soutiens ou détracteurs ?