Rébecca, candidate externe au concours d’officier de police nationale, a vu sa candidature rejetée pour la session 2025 car les aménagements nécessaires à son épreuve n’ont pas été accordés. Pourtant, un médecin avait formellement recommandé ces adaptations, une situation qui a conduit le Défenseur des droits à intervenir en sa faveur. Selon Ouest France, cette affaire illustre les difficultés persistantes rencontrées par les candidats en situation de handicap, malgré l’existence de procédures dédiées.
Ce qu'il faut retenir
- Rébecca a échoué au concours externe d’officier de police nationale pour la session 2025 en raison du refus d’aménagements d’épreuve, pourtant prescrits par un médecin.
- Ces aménagements, pourtant légalement encadrés, n’ont pas été mis en place malgré une recommandation médicale formelle.
- Le Défenseur des droits est intervenu pour défendre la candidate, soulignant une possible discrimination liée au handicap.
- Le concours externe de la police nationale compte plusieurs milliers de candidats chaque année, avec des épreuves standardisées.
Un concours inaccessible sans aménagements adaptés
Rébecca, 28 ans, s’était présentée au concours externe d’officier de police nationale avec l’espoir de rejoindre les rangs de la police. Mais malgré ses qualifications et sa motivation, elle n’a pas pu valider son épreuve écrite, faute d’aménagements pourtant jugés indispensables par un professionnel de santé. D’après Ouest France, ce refus a entraîné son élimination automatique, sans possibilité de recours direct. La jeune femme, qui souffre de dysorthographie, avait pourtant fourni tous les certificats médicaux nécessaires pour justifier ses besoins spécifiques.
Le cas de Rébecca n’est pas isolé : chaque année, des candidats en situation de handicap ou présentant des troubles spécifiques se heurtent à des obstacles similaires lors de concours publics. Pourtant, la loi encadre strictement les obligations des administrations en matière d’aménagements raisonnables. Les épreuves écrites, notamment, doivent pouvoir être adaptées pour garantir l’égalité des chances.
L’intervention du Défenseur des droits, dernier recours
Face à l’absence de réponse favorable des organisateurs du concours, Rébecca s’est tournée vers le Défenseur des droits, une autorité indépendante chargée de veiller au respect des droits et libertés. L’institution a confirmé que les aménagements recommandés par le médecin de Rébecca étaient justifiés et aurait dû être mis en place.
« On m’a fait comprendre que mon handicap ne serait pas pris en compte, alors que j’avais toutes les preuves nécessaires », a déclaré Rébecca à Ouest France. « J’ai eu peur de ne jamais pouvoir passer ce concours, tellement les obstacles semblaient insurmontables. »
Le Défenseur des droits a alors saisi les responsables du concours pour exiger une révision de la décision. Cette intervention a mis en lumière un dysfonctionnement dans l’application des procédures d’aménagement, pourtant prévues par le code général de la fonction publique. La candidate espère désormais pouvoir bénéficier d’une session ultérieure, avec les adaptations nécessaires.
Un cadre légal souvent méconnu ou mal appliqué
En France, les concours de la fonction publique, y compris ceux de la police nationale, sont tenus de proposer des aménagements pour les candidats en situation de handicap ou présentant des troubles spécifiques. Ces adaptations peuvent prendre plusieurs formes : temps supplémentaire, utilisation d’un ordinateur, dictée à un tiers, ou encore épreuve orale de substitution. Pourtant, comme le rapporte Ouest France, ces dispositifs ne sont pas toujours systématiquement appliqués, par méconnaissance des règles ou par négligence administrative.
Les chiffres disponibles montrent que les candidats en situation de handicap représentent moins de 1 % des lauréats aux concours de la police nationale chaque année, un taux bien inférieur à leur part dans la population active. Plusieurs associations dénoncent un manque de formation des jurys et des services organisateurs, ainsi qu’un manque de transparence dans le traitement des demandes d’aménagements. Pour Rébecca, cette expérience a été vécue comme une double peine : celle de ne pas pouvoir exercer le métier qu’elle vise, mais aussi celle de devoir se battre pour faire valoir ses droits.
Cette situation interroge : dans un pays où l’égalité des chances est un principe constitutionnel, pourquoi des candidats compétents se voient-ils encore refuser l’accès à des concours publics faute d’aménagements pourtant légalement prescrits ? La réponse dépendra en grande partie de la manière dont les administrations concernées intégreront ces exigences dans leurs procédures.
Les aménagements varient selon le type de handicap ou de trouble. Ils peuvent inclure un temps supplémentaire pour les épreuves écrites, l’utilisation d’un ordinateur équipé de logiciels spécifiques (comme un correcteur orthographique pour les candidats dysorthographiques), la présence d’un secrétaire pour dicter les réponses, ou encore la substitution de certaines épreuves écrites par des épreuves orales. Ces adaptations sont déterminées au cas par cas, sur la base d’un certificat médical fourni par le candidat.