La justice azerbaïdjanaise a définitivement tranché dans l’affaire Martin Ryan. Selon RFI, la cour d’appel de Bakou a confirmé, le 30 juillet 2026, la condamnation pour « espionnage » prononcée à l’encontre du ressortissant français, arrêté en décembre 2023.

Ce jugement intervient après un premier verdict rendu en première instance, qui avait déjà retenu des charges graves contre l’accusé. Martin Ryan, dont le cas avait suscité une vive attention diplomatique, était notamment accusé d’avoir été recruté par des agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) en poste à l’ambassade de France à Bakou. Ces derniers avaient été expulsés d’Azerbaïdjan dans la foulée des révélations concernant leur implication présumée dans l’affaire.

Ce qu'il faut retenir

  • La cour d’appel de Bakou a confirmé le 30 juillet 2026 la condamnation de Martin Ryan, un Français arrêté en décembre 2023.
  • Il était accusé d’espionnage et de collaboration avec des agents de la DGSE en poste à l’ambassade de France à Bakou.
  • Ces agents français ont été expulsés d’Azerbaïdjan après leur mise en cause dans cette affaire.

Un dossier aux enjeux diplomatiques

L’affaire Martin Ryan dépasse le cadre judiciaire pour s’inscrire dans une dimension diplomatique tendue. Les relations entre l’Azerbaïdjan et la France, déjà complexes sur plusieurs dossiers régionaux, ont été affectées par cette crise. Les autorités azerbaïdjanaises ont justifié leur décision par la nécessité de protéger la sécurité nationale, évoquant des preuves recueillies lors de l’enquête. De son côté, Paris a toujours nié toute implication officielle de l’État français dans cette affaire, tout en reconnaissant l’existence de contacts diplomatiques et sécuritaires avec les autorités locales.

Martin Ryan, dont le profil n’a pas été détaillé par les médias, est resté détenu depuis son arrestation initiale. Les conditions de sa détention n’ont pas été précisées par les autorités azerbaïdjanaises, mais des sources diplomatiques ont évoqué des pressions internationales pour son rapatriement vers la France.

Les accusations retenues contre Martin Ryan

Selon l’acte d’accusation rendu public par la justice azerbaïdjanaise, Martin Ryan aurait été recruté par des membres de la DGSE opérant sous couverture diplomatique à Bakou. Les charges retenues contre lui incluent non seulement l’espionnage, mais aussi la transmission d’informations sensibles à des puissances étrangères.

« Les preuves accumulées démontrent une volonté délibérée de porter atteinte à la sécurité de l’État azerbaïdjanais », a indiqué un porte-parole du ministère de la Justice à Bakou, cité par RFI.
Les détails sur la nature des informations transmises ou les méthodes utilisées n’ont pas été divulgués.

Dans une déclaration publique, le ministère français des Affaires étrangères a réaffirmé son attachement au respect des droits de l’homme et des procédures judiciaires internationales, tout en appelant à une résolution rapide et équitable du dossier. Aucune mention n’a été faite concernant un éventuel échange de prisonniers ou une médiation en cours.

Un contexte sécuritaire en Azerbaïdjan

Cette affaire survient dans un contexte où Bakou renforce ses mesures de sécurité intérieure, notamment face à des tensions persistantes avec l’Arménie et à des risques d’ingérence étrangère perçus comme élevés. L’Azerbaïdjan, qui a remporté militairement le conflit du Haut-Karabakh en 2020, reste vigilant face aux influences extérieures dans sa sphère d’influence régionale. Les services de renseignement azerbaïdjanais ont, ces dernières années, multiplié les opérations de détection et de neutralisation de réseaux d’espionnage présumés, impliquant parfois des ressortissants étrangers.

Pour les observateurs, cette condamnation confirme la fermeté des autorités azerbaïdjanaises en matière de lutte contre les activités d’espionnage, quelle que soit l’origine des personnes impliquées. Autant dire que les étrangers résidant ou travaillant en Azerbaïdjan sont désormais sous une surveillance accrue, d’autant plus que les relations avec plusieurs pays occidentaux se sont dégradées ces dernières années.

Et maintenant ?

La confirmation de la condamnation de Martin Ryan laisse peu d’options à court terme pour sa défense. Les recours juridiques internes en Azerbaïdjan étant désormais épuisés, la seule issue envisageable résiderait dans une médiation diplomatique de haut niveau ou un accord bilatéral entre Paris et Bakou. Une telle perspective reste cependant incertaine, les deux pays n’ayant pas encore trouvé de terrain d’entente sur les modalités d’un éventuel échange ou d’une libération conditionnelle.

D’ici là, la situation de Martin Ryan dépendra des décisions des autorités azerbaïdjanaises, qui pourraient, à tout moment, accorder une grâce ou une réduction de peine pour des raisons humanitaires. Une hypothèse évoquée par plusieurs ONG, mais qui dépendra largement de l’évolution des relations franco-azerbaïdjanaises.

Les prochaines semaines seront donc cruciales pour déterminer si ce dossier trouve une issue diplomatique ou s’il s’inscrit dans la durée, comme cela a été le cas pour d’autres affaires similaires impliquant des ressortissants étrangers en Azerbaïdjan.