L’ancien ministre comorien des Affaires étrangères, Dhoihir Dhoulkamal, a été condamné vendredi 29 mai 2026 à deux ans de prison ferme par le tribunal judiciaire de Saint-Denis, à La Réunion. 340 000 euros détournés et des fraudes aux prestations sociales lui sont reprochés. Selon RFI, la justice française a également émis un mandat d’arrêt à son encontre, le principal intéressé n’ayant pas assisté à l’audience.

Ce qu'il faut retenir

  • Dhoihir Dhoulkamal, ex-ministre comorien des Affaires étrangères, condamné à deux ans de prison ferme le 29 mai 2026.
  • Il est reconnu coupable de fraudes aux prestations sociales et de détournement de 340 000 euros.
  • Le tribunal judiciaire de Saint-Denis, à La Réunion, a statué en son absence et émis un mandat d’arrêt.
  • L’affaire concerne des prestations sociales perçues indûment en France.
  • Les faits ont été jugés selon le droit français, dans le cadre de la coopération judiciaire internationale.

Une condamnation rendue par défaut

Le tribunal judiciaire de Saint-Denis a rendu son verdict le 29 mai 2026, en l’absence de Dhoihir Dhoulkamal. Le magistrat a retenu les charges de fraudes aux prestations sociales et de détournement de fonds publics, pour un montant global de 340 000 euros. Selon RFI, la procédure a été menée conformément aux règles du droit français, malgré l’absence de l’accusé. Le mandat d’arrêt émis par la justice française rend désormais toute fuite ou déplacement à l’étranger impossible pour l’ex-ministre comorien.

Les faits reprochés remontent à une période où Dhoihir Dhoulkamal résidait en France et bénéficiait de prestations sociales. Les investigations ont révélé des irrégularités dans les déclarations de revenus et les demandes d’aides, justifiant les poursuites engagées. La rapidité de la procédure judiciaire a surpris certains observateurs, compte tenu de la complexité des dossiers de fraude transnationale.

Un parcours politique marqué par des controverses

Dhoihir Dhoulkamal a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères aux Comores avant son exil en France. Son parcours politique, autrefois perçu comme une figure modérée de la diplomatie comorienne, a été éclipsé par les accusations de fraude. Les autorités comoriennes n’ont pas réagi publiquement à cette condamnation, bien que les relations diplomatiques entre la France et les Comores soient historiquement tendues sur les questions migratoires et économiques.

Dans les cercles diplomatiques, son cas est souvent cité comme un exemple des tensions persistantes entre les États africains et les dispositifs sociaux européens. Les Comores, archipel de l’océan Indien, dépendent en partie des transferts financiers de leur diaspora, une situation qui rend d’autant plus sensibles les affaires de fraude aux prestations sociales.

Les implications juridiques et diplomatiques

La condamnation de Dhoihir Dhoulkamal soulève des questions sur l’application des lois françaises à l’égard des ressortissants étrangers bénéficiant de prestations sociales. Selon RFI, les autorités françaises ont insisté sur le principe d’égalité devant la loi, quel que soit le statut ou la nationalité de l’accusé. Le mandat d’arrêt émis contre lui interdit toute sortie du territoire français, sous peine d’arrestation immédiate.

Sur le plan diplomatique, cette affaire pourrait compliquer les relations entre Paris et Moroni, déjà fragilisées par des désaccords récurrents. Les Comores, pays parmi les plus pauvres du monde, sont régulièrement pointés du doigt pour les flux migratoires vers l’Europe, ce qui alimente les tensions avec les autorités françaises. Cette condamnation, bien que ciblant un individu, pourrait être interprétée comme une mesure symbolique de fermeté.

Et maintenant ?

La prochaine étape judiciaire consistera en l’exécution du mandat d’arrêt. Si Dhoihir Dhoulkamal venait à être arrêté en France ou dans un pays coopérant avec Interpol, une procédure d’extradition pourrait être engagée vers La Réunion pour purger sa peine. Aucune date n’a encore été fixée pour son éventuelle comparution, mais les autorités judiciaires françaises ont d’ores et déjà indiqué leur intention de faire appliquer la condamnation.

Côté comorien, aucune réaction officielle n’a été communiquée pour l’instant. Les observateurs s’attendent à une prudence des autorités de Moroni, soucieuses d’éviter une escalade diplomatique. Enfin, cette affaire pourrait relancer le débat en France sur la lutte contre la fraude aux prestations sociales, un sujet politiquement sensible en période de restrictions budgétaires.

La condamnation de l’ex-ministre comorien s’inscrit dans une série de procédures judiciaires ciblant les fraudes aux aides sociales, un dossier que le gouvernement français a placé au cœur de ses priorités depuis 2024. Reste à voir si cette décision aura un effet dissuasif sur d’autres cas similaires.