Les frappes israéliennes se poursuivent au Liban malgré les promesses d'apaisement formulées par les États-Unis, alors que de nouvelles sessions de négociations entre diplomates libanais et israéliens s'ouvrent à Washington, selon BMF - International.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 3 468 morts au Liban depuis le début du conflit le 2 mars 2026, dont 35 en deux jours, selon le ministère de la Santé libanais.
  • 4,5 milliards de dollars alloués par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour sécuriser le nord d'Israël, frontalier du Liban.
  • Les États-Unis envisagent de former l'armée libanaise pour contrer le Hezbollah, une initiative soutenue par Israël.
  • Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien, serait « vivant » et « de plus en plus impliqué » dans la direction du pays, selon Marco Rubio.
  • Un accord entre Washington et Téhéran reste « à portée de main », affirme le Quai d'Orsay.

Israël a maintenu mardi ses frappes aériennes sur le sud du Liban, malgré l'engagement des États-Unis à parrainer des pourparlers de paix. Selon BMF - International, ces attaques surviennent alors qu'une nouvelle session de négociations entre représentants libanais et israéliens s'est ouverte à Washington. Le ministère libanais de la Santé a recensé 3 468 morts au Liban depuis le début de la guerre le 2 mars, dont 35 pour les seules dernières 48 heures. Plus d'un million de personnes ont été déplacées, selon l'ONU.

Un plan de 4,5 milliards de dollars pour sécuriser le nord d'Israël

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé mardi l'allocation de 13 milliards de shekels (plus de 4,5 milliards de dollars) pour renforcer et sécuriser le nord d'Israël, frontalier du Liban. « Le gouvernement a pris aujourd'hui des décisions importantes pour renforcer le nord. Nous investissons plus de 13 milliards de shekels, qui s'ajoutent aux sept milliards déjà alloués, soit un total de 20 milliards de shekels destinés aux communautés du nord », a-t-il déclaré après l'approbation du plan par le gouvernement.

Les États-Unis envisagent de former l'armée libanaise pour contrer le Hezbollah

Plusieurs médias israéliens, dont la chaîne Kan et The Times of Israël, rapportent que les États-Unis étudient la possibilité de former les forces armées libanaises pour affaiblir le Hezbollah. Cette initiative, soutenue par Israël, a été évoquée lors des discussions trilatérales entre le Liban, Israël et Washington. Le Hezbollah, mouvement pro-iranien, reste l'un des principaux obstacles à un accord de paix durable entre les deux pays.

Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien, de plus en plus impliqué

Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a affirmé mardi devant la commission des Affaires étrangères du Sénat que les États-Unis estiment que Mojtaba Khamenei, fils de l'ayatollah Ali Khamenei, est « vivant » et « s'implique de plus en plus » dans la direction de l'Iran. « Je pense qu'il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers », a-t-il précisé. Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Téhéran et Washington pour mettre fin à la guerre piétinent.

Un accord entre Washington et Téhéran « à portée de main »

Le Quai d'Orsay a estimé mardi matin qu'un accord entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient était « à portée de main ». La France a appelé les deux parties à « tout faire » pour concrétiser cet accord. « Un accord est à portée de main, l'Iran et les États-Unis doivent tout faire pour le conclure », a affirmé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur France 2. Ces déclarations surviennent alors que Donald Trump a assuré que les négociations avec Téhéran se poursuivaient « à un rythme rapide ».

Les frappes israéliennes font de nouvelles victimes civiles au Liban

Les frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait cinq morts, dont un enfant, et 48 blessés mardi, selon le ministère libanais de la Santé. Parmi les blessés figurent « un médecin et cinq employés de l'hôpital public de Tebnine », dont l'établissement a subi des dégâts lors des attaques. À Tyr, des frappes ont tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel de l'hôpital Jabal Amel, l'un des principaux établissements de la ville.

Une frappe israélienne a également tué un dentiste et ses deux enfants, alors qu'ils rentraient d'une session d'examens à l'Université libanaise. « L'homme et ses deux enfants étaient allés à l'université le matin pour passer des examens, et sur le chemin du retour, un drone israélien a frappé leur voiture », a indiqué le père Antonios Farah, curé de leur paroisse.

Le Hezbollah refuse tout cessez-le-feu partiel

Le Hezbollah a réaffirmé mardi qu'il n'accepterait « aucun accord partiel de cessez-le-feu » avec Israël. Mahmoud Qomati, haut responsable du mouvement, a menacé d'une riposte « plus forte » en cas d'attaque israélienne sur Beyrouth ou sa banlieue. « L'ennemi sioniste doit savoir que toute agression contre la banlieue peut entraîner une réponse plus forte de la part du Hezbollah », a-t-il prévenu.

Israël, de son côté, a obtenu l'aval des États-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, si le groupe pro-iranien attaque son territoire. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que « les États-Unis ont validé ce principe et l'ont communiqué au gouvernement libanais ainsi qu'à toutes les parties concernées ».

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront cruciales pour évaluer si les pourparlers en cours à Washington permettront une désescalade durable. Une nouvelle session de négociations entre Israël et le Liban est prévue pour durer deux jours au département d'État américain. Les observateurs attendent également une réponse iranienne à la proposition américaine, bien que Téhéran ait déjà indiqué examiner « avec une extrême prudence » les dernières offres de Washington. Sur le terrain, la population libanaise, déjà éprouvée par plus de trois mois de conflit, reste en première ligne face aux violences.

Les tensions pourraient encore s'aggraver si les frappes israéliennes se poursuivent ou si le Hezbollah intensifie ses attaques. La communauté internationale, notamment la France et les États-Unis, multiplie les appels au calme, mais la méfiance entre les parties reste profonde. L'issue des négociations, si elle se concrétise, dépendra en grande partie de la capacité de Washington à imposer un compromis à Téhéran et à ses alliés régionaux.