Plusieurs produits cosmétiques vendus en supermarché contiennent des substances dont la sécurité est régulièrement questionnée par les experts. C’est ce que met en lumière Oliver Jones, professeur de chimie et spécialiste des formulations, dans une analyse relayée par Top Santé. Selon ses observations, ces ingrédients, bien que légaux, soulèvent des interrogations quant à leur innocuité à long terme. L’enjeu ? Permettre aux consommateurs d’identifier les risques potentiels et d’adapter leurs choix d’achat en conséquence.
Ce qu'il faut retenir
- Les produits cosmétiques du commerce contiennent parfois des ingrédients controversés dont l’impact sur la santé est discuté, selon Oliver Jones, professeur de chimie
- Oliver Jones, expert cité par Top Santé, détaille les substances à risque et propose des pistes pour les repérer
- L’objectif est de sensibiliser les consommateurs sans tomber dans l’alarmisme, en s’appuyant sur des données scientifiques
Des ingrédients autorisés, mais sous surveillance
Les cosmétiques commercialisés en grande surface, qu’il s’agisse de crèmes hydratantes, de lotions ou de soins pour le visage, sont soumis à une réglementation européenne stricte. Pourtant, certains composés, bien que tolérés, suscitent des réserves parmi les scientifiques. Oliver Jones, professeur de chimie et consultant indépendant, a passé en revue plusieurs études récentes sur le sujet. Parmi les substances pointées du doigt figurent les parabènes, les phtalates ou encore certains alkylphénols, souvent utilisés comme conservateurs ou agents de texture. « Ces ingrédients sont autorisés car leur concentration respecte les seuils fixés par la réglementation, mais leur accumulation dans l’organisme ou leur interaction avec d’autres molécules peut poser question », explique-t-il dans les colonnes de Top Santé.
Comment repérer les produits à risque ?
Pour Oliver Jones, la première étape consiste à décrypter les étiquettes. Les consommateurs doivent prêter attention aux mentions en petits caractères, notamment les termes en latin ou les sigles comme INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients). Certains ingrédients, comme les PEG (polyéthylène glycols), sont souvent associés à des risques de contamination par des sous-produits cancérigènes. D’autres, comme les triclosans, des antibactériens, sont pointés pour leur impact potentiel sur le système hormonal. « La présence de ces substances ne signifie pas que le produit est dangereux, mais cela doit inciter à la prudence, surtout pour les peaux sensibles ou les usages répétés », précise l’expert.
Les alternatives existent, mais elles ont un coût. Les produits labellisés « bio » ou « naturel » évitent généralement ces ingrédients controversés, mais leur prix reste deux à trois fois supérieur à celui des cosmétiques conventionnels. Oliver Jones rappelle que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et les autorités sanitaires européennes publient régulièrement des mises à jour sur les substances à risque. « Il est essentiel de consulter ces sources avant de faire un choix d’achat », souligne-t-il.
Que dit la réglementation en vigueur ?
En Europe, les cosmétiques sont encadrés par le règlement CE n°1223/2009, qui impose aux fabricants de garantir la sécurité de leurs produits. Les substances classées comme cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) sont interdites, sauf dérogation exceptionnelle. Pourtant, certaines molécules comme les benzophénones, utilisées comme filtres UV dans les crèmes solaires, restent autorisées malgré des études suggérant un potentiel perturbateur endocrinien. « La réglementation évolue, mais elle prend parfois du retard sur les découvertes scientifiques », note Oliver Jones.
D’autres pays, comme le Canada ou certains États américains, ont déjà restreint l’usage de certains ingrédients autorisés en France. Par exemple, le formaldéhyde, un conservateur controversé, est interdit dans les produits cosmétiques au Canada depuis 2019. En France, il reste autorisé à des doses limitées. Ces divergences illustrent les débats persistants autour de la sécurité des cosmétiques. « Il est difficile de trouver un équilibre entre innovation, coût et santé publique », reconnaît l’expert.
Pour les utilisateurs soucieux de limiter leur exposition, Oliver Jones recommande de privilégier les produits avec des labels fiables, comme Ecocert, Cosmebio ou Nature & Progrès. Ces certifications garantissent l’absence de substances jugées préoccupantes par les experts. « Le consommateur a aujourd’hui les outils pour faire des choix éclairés, à condition de prendre le temps de se renseigner », conclut-il.