Le gouvernement ivoirien a annoncé, la semaine dernière, un vaste plan de relogement des populations résidant dans les zones inondables d’Abidjan, alors que la saison des pluies a déjà causé la mort de 59 personnes en un mois et demi, selon RFI. Dans la capitale économique du pays, certaines artères et habitations se retrouvent régulièrement sous plusieurs centimètres d’eau, illustrant l’aggravation des vulnérabilités face aux intempéries.
Ce qu'il faut retenir
- 59 morts enregistrés en un mois et demi lors de la saison des pluies en Côte d’Ivoire, selon RFI.
- Abidjan, capitale économique du pays, est particulièrement touchée par les inondations récurrentes.
- Le gouvernement a lancé un programme de relogement des populations vivant dans les zones à risque.
- L’urbanisation rapide et l’intensité accrue des pluies sont pointées du doigt comme causes principales.
- Les quartiers informels et les zones mal drainées concentrent les dégâts les plus importants.
Abidjan sous les eaux : un phénomène qui s’aggrave avec les années
Depuis plusieurs années, Abidjan subit des inondations récurrentes lors de la saison des pluies, qui s’étend généralement de mai à juillet. Selon les autorités locales, plus de 400 quartiers sont aujourd’hui considérés comme exposés aux crues, un chiffre en constante augmentation. Les pluies, autrefois mieux réparties, sont désormais plus intenses et concentrées sur de courtes périodes, saturant rapidement les systèmes de drainage souvent obsolètes. «
Les infrastructures ne suivent pas le rythme de l’urbanisation, et les sols imperméabilisés par le béton ne permettent plus l’absorption naturelle de l’eau», a expliqué un expert en gestion des risques à RFI, sous couvert d’anonymat.
Les conséquences sont visibles : routes coupées, habitations inondées, et populations déplacées. Les quartiers précaires, comme Yopougon ou Adjamé, paient un lourd tribut, avec des centaines de familles évacuées chaque année. La pression démographique, estimée à plus de 5 millions d’habitants dans l’agglomération abidjanaise, accentue encore cette vulnérabilité.
Un plan de relogement ambitieux mais des défis logistiques majeurs
Face à l’urgence, le gouvernement ivoirien a dévoilé un plan de relogement visant à déplacer plus de 10 000 ménages vivant dans les zones les plus exposées. Ce programme, dont le coût n’a pas encore été précisé, s’inscrit dans le cadre du Projet de Résilience Urbaine, financé en partie par la Banque mondiale. «
Nous allons identifier les zones les plus à risque et proposer des alternatives décentes aux populations concernées», a déclaré le ministre du Logement, dans une déclaration rapportée par RFI.
Pourtant, la mise en œuvre de ce projet soulève des questions. Les terrains disponibles en périphérie d’Abidjan sont souvent éloignés des centres économiques, ce qui pose la question de l’accès à l’emploi pour les ménages relogés. Par ailleurs, les délais de construction des nouveaux logements, estimés à plusieurs années, laissent craindre que les populations continuent de vivre dans l’insécurité pendant ce laps de temps.
Des causes structurelles qui dépassent la seule question des pluies
Si les pluies diluviennes sont un facteur déclenchant, les causes des inondations à Abidjan sont avant tout structurelles. La gestion des eaux pluviales, confiée à des sociétés comme la SODECI, est régulièrement pointée du doigt pour son inefficacité. Les canaux d’évacuation, souvent bouchés par les déchets, ne jouent plus leur rôle, et les projets de réhabilitation peinent à suivre. «
Le problème n’est pas seulement météorologique, mais aussi urbanistique. L’absence de planification intégrée a conduit à une occupation anarchique des sols», souligne un urbaniste interrogé par RFI.
L’autre enjeu est climatique. Selon les projections de l’Agence Nationale de la Météorologie, les épisodes de pluies intenses devraient se multiplier dans les années à venir en Afrique de l’Ouest, en lien avec le réchauffement climatique. La Côte d’Ivoire, située dans une zone déjà vulnérable, pourrait donc voir ses risques d’inondations s’aggraver.
En attendant, les habitants d’Abidjan restent en alerte chaque fois que le ciel s’assombrit. Autant dire que, pour la capitale économique ivoirienne, la question n’est plus de savoir si les inondations surviendront, mais quand et à quelle échelle.
Selon les autorités locales, plus de 400 quartiers sont considérés comme à risque, notamment Yopougon, Adjamé, Abobo et Cocody. Ces zones, souvent densément peuplées et mal drainées, subissent régulièrement des inondations lors des fortes pluies.
Le gouvernement n’a pas précisé de calendrier précis, mais a évoqué une première phase d’ici la fin de l’année 2026. Les retards dans les appels d’offres et les financements pourraient cependant allonger les délais.