Une nouvelle signalétique va faire son apparition sur trois plages des Côtes-d’Armor dès cet été. Selon Ouest France, un panneau spécifique informera les baigneurs en cas de dépassement du seuil d’alerte à l’hydrogène sulfuré, un gaz toxique libéré par les algues vertes en décomposition. Cette mesure, présentée ce jeudi 2 juillet 2026 par le préfet François de Keréver, vise à renforcer la sécurité sur les sites régulièrement touchés par ces échouages massifs.

Ce qu'il faut retenir

  • Un panneau d’alerte sera déployé sur trois baies des Côtes-d’Armor en cas de dépassement du seuil de toxicité lié aux algues vertes.
  • Le gaz concerné, l’hydrogène sulfuré, est libéré lors de la décomposition des algues et peut présenter un risque pour la santé.
  • Cette signalétique, présentée par le préfet François de Keréver, entrera en vigueur dès le début de la saison estivale 2026.
  • Trois zones précises sont concernées, bien que Ouest France ne les ait pas encore communiquées.

Une signalétique pour alerter en temps réel

Ce dispositif s’inscrit dans une démarche de prévention face à un phénomène récurrent sur le littoral breton. François de Keréver a précisé lors de la présentation que ce panneau « indiquera clairement aux usagers le niveau de danger encouru ». Autant dire que son apparition ne sera pas anodine : elle signifiera que la concentration en hydrogène sulfuré a atteint un seuil critique. « Il est crucial que chacun respecte ces alertes », a-t-il souligné. Les autorités locales espèrent ainsi éviter tout accident lié à l’inhalation de ce gaz, qui peut provoquer des irritations, des maux de tête voire, dans les cas extrêmes, des troubles respiratoires.

Un phénomène qui s’aggrave avec la chaleur

Les algues vertes, ou Ulva armoricana, prolifèrent particulièrement en période estivale, lorsque les températures sont élevées et que les marées vertes sont poussées vers les côtes. Leur décomposition rapide libère alors de l’hydrogène sulfuré, reconnaissable à son odeur d’œuf pourri. Selon les spécialistes, les trois baies concernées dans les Côtes-d’Armor sont régulièrement touchées par ce phénomène, qui s’étend sur plusieurs kilomètres carrés. Les autorités rappellent que la saison 2026 s’annonce déjà sous haute surveillance, avec des prévisions de fortes chaleurs favorables à la prolifération des algues.

Des mesures complémentaires en discussion

Outre ce panneau d’alerte, François de Keréver a indiqué que d’autres dispositifs pourraient être mis en place, comme des restrictions d’accès temporaires aux zones les plus touchées. « Nous étudions la possibilité de fermer certaines portions de plage en cas de risque avéré », a-t-il expliqué. Ces mesures, bien que contraignantes, visent à protéger la santé des baigneurs et des riverains. Les associations environnementales, elles, réclament depuis des années une meilleure gestion des effluents agricoles, principale cause de la prolifération des algues vertes en Bretagne.

Et maintenant ?

Les panneaux d’alerte devraient être installés d’ici la fin du mois de juillet 2026, avant le pic de fréquentation estivale. Les autorités locales et le préfet François de Keréver devraient publier d’ici la fin de la semaine les trois baies concernées, ainsi que les modalités précises de signalisation. Une réunion est prévue la semaine prochaine avec les maires des communes impactées pour finaliser le dispositif. Reste à voir si cette initiative suffira à limiter les risques, alors que les prévisions météorologiques annoncent un été particulièrement chaud.

Alors que les estivants commencent à affluer sur les côtes bretonnes, cette mesure rappelle l’urgence d’une solution structurelle. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’efficacité de ce dispositif, mais aussi pour relancer le débat sur la pollution agricole, point noir de la gestion des algues vertes.

L’hydrogène sulfuré peut provoquer des irritations des yeux et des voies respiratoires, des maux de tête, des nausées, voire des troubles respiratoires en cas d’exposition prolongée ou à forte concentration. Les autorités recommandent de quitter immédiatement la zone concernée en cas de symptômes.