Une nouvelle menace pèse sur les opérations de secours au Népal et au Tibet après la formation d’une retenue d’eau instable en altitude, consécutive à une coulée de boue dévastatrice qui a frappé la région mercredi. Selon Le Figaro, les autorités chinoises ont ordonné vendredi 28 août la suspension des recherches et des évacuations dans la zone frontalière de Gyirong, en raison des risques d’inondation soudaine.

Ce qu'il faut retenir

  • Suspension des secours chinois dans la zone de Gyirong après la formation d’une retenue d’eau de 2 millions de mètres cubes, potentiellement aggravée par l’arrivée de 3 millions de mètres cubes supplémentaires dans les trois prochains jours.
  • Bilan humain provisoire : 469 morts côté népalais, 3 morts et 558 disparus côté chinois, dont 260 étrangers.
  • L’origine du phénomène serait l’effondrement d’un glacier, selon l’USGS, ayant provoqué une vague d’eau, de boue et de débris submergeant le poste frontière de Gyirong.
  • Les secours ont mis à l’abri 499 habitants et 555 touristes depuis mercredi, mais l’accès à la zone reste extrêmement difficile.

Une retenue d’eau en surplomb qui menace d’éclater

La situation s’est aggravée avec la formation d’une retenue d’eau en altitude, conséquence directe de la coulée de boue qui a ravagé la région mercredi. Selon les informations rapportées par CCTV et reprises par Le Figaro, cette retenue contenait jeudi 2 millions de mètres cubes d’eau, mais pourrait en recevoir 3 millions supplémentaires d’ici le 1er septembre, date à laquelle les relevés hydrographiques devraient atteindre leur pic.

Les autorités chinoises, réunies sous la présidence de Xi Jinping, ont souligné les dangers liés à cette situation. « La zone est parsemée de glaciers, de lacs glaciaires et de risques géologiques majeurs, ce qui rend les opérations de secours extrêmement difficiles », ont déclaré les dirigeants cités par l’agence Chine Nouvelle.

Une alerte lancée par la police népalaise après la rupture d’un lac

Du côté népalais, la police a lancé une alerte vendredi après avoir été informée, selon elle, de la rupture d’un lac sur le versant tibétain. Si les médias chinois évoquent un simple débordement de la retenue, aucun élément ne confirme pour l’instant un effondrement total, qui aggraverait considérablement la situation. Les autorités chinoises ont cependant appelé à la plus grande vigilance, craignant un nouveau sinistre grave.

Un journaliste de CCTV sur place a précisé que le poste de commandement avancé avait diffusé une note d’urgence aux équipes de secours, leur ordonnant de rester sur place en attendant de nouvelles instructions. Des vidéos aériennes montrent une étendue d’eau sombre contenue en altitude par des éboulis et les parois himalayennes, illustrant l’ampleur du danger.

Un bilan humain provisoire en forte hausse

Le phénomène, causé par l’effondrement d’une partie d’un glacier en altitude selon l’USGS, a déjà causé la mort d’au moins 469 personnes côté népalais, selon un bilan provisoire publié vendredi sur X par la police népalaise. Côté chinois, le dernier bilan provisoire fait état de 3 morts et 558 disparus, dont 260 étrangers, un chiffre appelé à évoluer. Les opérations de secours se concentrent désormais sur la recherche des disparus, tant chinois qu’étrangers.

La réunion des dirigeants chinois, conduite par le président Xi Jinping, a réaffirmé la nécessité de « mobiliser tous les moyens disponibles pour retrouver et sauver les personnes disparues ». Les secours chinois ont été renforcés par près de 700 pompiers, soutenus par des drones et des chiens de recherche, déployés autour de Gyirong.

Des moyens logistiques massifs déployés malgré l’isolement

Depuis mercredi, 499 habitants et 555 touristes ont été mis à l’abri, mais l’accès à la zone reste extrêmement compliqué en raison de l’état du réseau routier. Des centaines de tonnes de vivres et de matériel ont été acheminées : orge, riz, farine, huile de cuisson, eau potable, nouilles instantanées, tentes, lits de camp, couvertures, réchauds et générateurs, selon CCTV.

La région autonome du Tibet reste quasi inaccessible aux journalistes étrangers, qui ne peuvent s’y rendre qu’à l’occasion de voyages de presse organisés par les autorités. Les touristes étrangers doivent quant à eux obtenir un permis spécifique avant de s’y rendre, leurs déplacements étant strictement encadrés.

Et maintenant ?

Les autorités chinoises et népalaises surveillent de près l’évolution de la retenue d’eau, dont le pic est attendu pour le 1er septembre. Les secours restent en alerte, prêts à intervenir si la situation venait à empirer. La priorité reste la recherche des disparus, tandis que les équipes sur place tentent de sécuriser les zones menacées par d’éventuelles nouvelles inondations.

Le bilan humain, déjà lourd, pourrait encore s’alourdir dans les prochaines heures. La communauté internationale, notamment les pays dont les ressortissants sont portés disparus, suit la situation de près, alors que les opérations de secours se heurtent à des conditions extrêmes et à des risques géologiques persistants.

Les opérations de secours ont été suspendues en raison du risque d’éclatement de la retenue d’eau en surplomb à Gyirong. Les autorités chinoises craignent qu’un nouvel effondrement ne provoque une vague dévastatrice, mettant en danger les équipes déjà déployées sur place.