Le cas de Christophe Gleizes, journaliste français emprisonné en Algérie depuis plus d’un an, s’impose comme un symbole récurrent lors de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Selon Franceinfo - Culture, la situation du reporter de So Foot, condamné à sept ans de prison pour apologie du terrorisme, a été évoquée à plusieurs reprises par les acteurs du football mondial, de Gianni Infantino à Didier Deschamps, tout en cristallisant le soutien des médias et de sa famille.

Ce qu'il faut retenir

  • Christophe Gleizes, journaliste français, est incarcéré en Algérie depuis juin 2025 après avoir couvert le club de la Jeunesse sportive de Kabylie en mai 2024.
  • Condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », il est aujourd’hui le seul journaliste sportif emprisonné au monde, selon les déclarations de Gianni Infantino.
  • La Fifa lui a délivré une accréditation symbolique pour la Coupe du monde 2026, avec un siège réservé (numéro 199) au MetLife Stadium pour le match France-Sénégal.
  • Didier Deschamps a évoqué publiquement son espoir de le voir libéré « le plus tôt possible », lors d’une conférence de presse le 15 juin 2026.
  • Sa famille et ses confrères maintiennent une pression médiatique, tout en regrettant le silence de figures comme Kylian Mbappé ou Zinedine Zidane.

Un siège vide en tribune de presse et une question posée à Deschamps

Alors que l’équipe de France s’apprêtait à affronter le Sénégal le 17 juin 2026 au MetLife Stadium, la tribune de presse du stade a symboliquement laissé la place 199 vacante pour Christophe Gleizes. Une initiative qui a trouvé un écho particulier lors de la conférence de presse de Didier Deschamps, organisée la veille. Vincent Duluc, reporter à L’Équipe et président de l’Union des journalistes de sport en France, a lu à haute voix une question préparée par Gleizes. Avant de répondre sur les pauses fraîcheur imposées par la Fifa, le sélectionneur des Bleus a déclaré : « J’espère pour lui et sa famille qu’il pourra être là le plus tôt possible et poser lui-même ses questions. »

La Fifa et Infantino appellent à une grâce présidentielle

Dès le début de la compétition, le président de la Fifa, Gianni Infantino, s’est publiquement exprimé en faveur d’une libération de Christophe Gleizes. « J’espère vraiment que, dans un grand acte d’humanité, on lui accordera une grâce présidentielle et qu’il pourra même nous rejoindre pendant la Coupe du monde », a-t-il affirmé lors d’une prise de parole à la veille du match d’ouverture au Mexique. Infantino a également évoqué la possibilité pour le journaliste d’assister aux rencontres depuis les tribunes, saluant un « siège libre » réservé à son nom. La fédération internationale a par ailleurs officialisé son accréditation, malgré son incarcération.

Cette décision de la Fifa s’inscrit dans une logique de médiatisation du cas Gleizes. Une écharpe « Free Gleizes », entourée de barbelés, avait été brandie par des journalistes lors de la conférence de presse de Deschamps la veille du match, tandis que son siège en tribune affichait un carnet, un stylo et une seconde écharpe à son effigie. Sur les réseaux sociaux, la militante Pia Clemens a partagé une photo du siège vide avec le hashtag #FreeGleizes, soulignant l’attente de sa libération.

La famille de Gleizes en première ligne, malgré l’indifférence des stars

Sylvie et Francis Godard, mère et beau-père du journaliste emprisonné, ont pris la parole à plusieurs reprises pour défendre sa cause. Présents lors de la rencontre France-Sénégal, ils ont rappelé l’importance de l’accréditation symbolique accordée par la Fifa. « Nous sommes ici parce que Christophe a obtenu l’accréditation de la Fifa. Nous en sommes très émus et très touchés. Christophe devrait être à notre place et c’est notre devoir d’être là pour le soutenir », a déclaré Sylvie Godard. Le couple a également critiqué le silence de certaines figures emblématiques du football français, comme Kylian Mbappé, Karim Benzema ou Zinedine Zidane, qu’ils avaient pourtant sollicitées à plusieurs reprises.

« On aimerait passer à la suite, puisque nous nous sommes adressés à eux à de multiples reprises. Maintenant, Mbappé a la Coupe du monde. Je pense qu’on ne va pas le harceler là-dessus. Idem pour Zidane. Donc on passe à la suite. On ne leur en veut pas », a précisé Francis Godard, tout en rappelant que leur combat ne concernait pas uniquement la famille de Gleizes, mais aussi « l’engagement du football français ».

La FFF affiche son soutien, tandis que les joueurs restent discrets

Philippe Diallo, président de la Fédération française de football (FFF), a défendu le silence des joueurs sélectionnés pour la Coupe du monde. « Je ne veux pas m’exprimer au nom de ces joueurs. Il leur appartient de parler ou de ne pas parler, et quand je le fais, d’une certaine manière, je le fais aussi pour eux », a-t-il indiqué sur France Inter. À Paris, la FFF a affiché le portrait de Christophe Gleizes devant son siège « jusqu’à sa libération », un geste symbolique fort. Contactés par Franceinfo - Culture, ni Mbappé ni Benzema n’ont pour l’heure réagi publiquement à cette affaire.

Et maintenant ?

La situation de Christophe Gleizes pourrait évoluer rapidement si les autorités algériennes décidaient d’accorder une grâce présidentielle, comme l’a espéré Gianni Infantino. Pour l’heure, aucune date n’a été évoquée pour une éventuelle libération, mais le dossier reste sous haute surveillance médiatique. La famille de Gleizes et ses soutiens comptent sur la pression internationale exercée par la Fifa et les journalistes pour faire avancer les choses. Une libération avant la fin de la Coupe du monde, prévue le 19 juillet 2026, apparaît comme un scénario plausible, bien que non confirmé.

Le cas de Gleizes rappelle les tensions persistantes entre liberté de la presse et cadre légal dans certains pays, y compris en Algérie où les journalistes étrangers peuvent être confrontés à des procédures judiciaires complexes. La médiatisation de son affaire lors du Mondial 2026 pourrait contribuer à accélérer les négociations en coulisses, même si le processus reste entièrement entre les mains des autorités algériennes.

Christophe Gleizes, journaliste de So Foot, a été arrêté en mai 2024 en Algérie alors qu’il couvrait un reportage sur le club de football de la Jeunesse sportive de Kabylie. Il a été condamné en juin 2025 à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », une accusation qu’il conteste et qui a été jugée disproportionnée par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme et de la presse.

La Fifa n’a pas de pouvoir direct sur les décisions judiciaires des États. Cependant, elle peut utiliser son influence internationale pour faire pression en faveur d’une libération, comme elle l’a fait en accordant une accréditation symbolique à Christophe Gleizes. Une grâce présidentielle reste le seul moyen immédiat de sa libération, mais cela dépend exclusivement des autorités algériennes.