Alors que le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 est prévu dans quelques jours au stade Azteca de Mexico, la compétition, qui s’étendra également aux États-Unis et au Canada, suscite autant d’enthousiasme que de craintes. Selon Courrier International, la sécurité des millions de visiteurs attendus dans les trois pays hôtes, dont le Mexique où les violences liées au crime organisé restent endémiques, figure en tête des préoccupations des autorités et des organisateurs.
La compétition débutera officiellement le 11 juin 2026 dans la capitale mexicaine, avant de se poursuivre dans d’autres villes clés comme Guadalajara (Jalisco) et Monterrey (Nuevo León). Mais c’est bien la question de la sécurité qui domine les débats. Le Mexique, où les cartels de drogue opèrent depuis des années avec une violence croissante, doit désormais prouver sa capacité à protéger les supporters et les athlètes lors de cet événement planétaire.
Ce qu'il faut retenir
- La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au [date de fin] dans trois pays : le Mexique, les États-Unis et le Canada, avec des matchs à Mexico, Guadalajara et Monterrey.
- Le Mexique, déjà sous pression en raison de la criminalité organisée, craint que les violences des cartels ne perturbent le tournoi.
- La mort en février 2026 d’El Mencho, chef du Cártel Jalisco Nueva Generación (CJNG), a provoqué une vague de violences dans plusieurs États, mettant à l’épreuve les forces de l’ordre.
- Le gouvernement mexicain a déployé un plan de sécurité nommé « Kukulkán », mobilisant 100 000 agents issus de la garde nationale, de l’armée et de la marine pour sécuriser les sites.
- Les autorités fédérales doivent rassurer sur leur capacité à garantir la sûreté des visiteurs dans un contexte où les cartels conservent une influence majeure.
Un contexte sécuritaire déjà tendu avant l’événement
Le Mexique accueille une partie de la Coupe du monde dans un contexte particulièrement fragile. Depuis des années, le pays est en proie à une guerre des cartels qui déchire des régions entières. Selon les dernières données disponibles, plus de 35 000 homicides ont été recensés en 2025, un niveau record qui illustre l’ampleur de la criminalité organisée. La capture, puis la mort en février 2026 de Nemesio Rubén Oseguera Cervantes, alias El Mencho, leader du CJNG, a relancé les tensions. Son arrestation avait été suivie d’une série d’affrontements entre cartels et forces de l’ordre, notamment dans les États de Jalisco et de Guanajuato.
Ces violences, bien que concentrées dans certaines zones, ont de quoi inquiéter les organisateurs du Mondial. Guadalajara, ville hôte de plusieurs matchs, est justement l’un des bastions du CJNG. Monterrey, autre lieu de compétition, n’est pas en reste, avec une présence marquée d’autres groupes criminels. Autant dire que la pression est maximale sur les épaules des autorités mexicaines.
Un dispositif exceptionnel pour sécuriser le Mondial
Face à ces défis, le gouvernement mexicain a mis en place un plan de sécurité ambitieux, baptisé Kukulkán — du nom d’une divinité maya. Comme le rapporte La Jornada en mars 2026, ce dispositif prévoit le déploiement de 100 000 agents, incluant des membres de la garde nationale, de l’armée et de la marine. L’objectif est double : protéger les stades, les hôtels et les transports, mais aussi prévenir toute infiltration de membres de cartels parmi les supporters.
Les autorités ont également annoncé un renforcement des contrôles aux frontières et une coordination accrue entre les différents services de police. Des zones spécifiques autour des sites de compétition seront placées sous surveillance permanente. Cependant, malgré ces mesures, des doutes persistent quant à leur efficacité face à la puissance des cartels, capables de corrompre des institutions ou de contourner les dispositifs classiques.
Les cartels, un acteur imprévisible dans l’équation
L’un des principaux risques identifiés par les observateurs est l’implication potentielle des cartels dans des activités criminelles pendant la compétition. Selon plusieurs analystes cités par Courrier International, ces groupes pourraient tenter d’utiliser l’afflux de visiteurs étrangers pour blanchir de l’argent, traficer des stupéfiants ou même organiser des enlèvements contre rançon. Les cartels mexicains, dont certains comptent parmi les plus riches et les mieux armés au monde, ne manqueraient pas une occasion de diversifier leurs revenus.
Un autre scénario redouté est celui d’affrontements directs avec les forces de l’ordre ou entre cartels rivaux, notamment dans les États où la présence policière ou militaire pourrait être perçue comme une provocation. Dans ce contexte, les autorités ont multiplié les annonces rassurantes, mais la méfiance reste de mise. Comme le souligne un responsable de la sécurité interrogé par Courrier International, « la Coupe du monde est un événement trop médiatisé pour que les cartels restent totalement en retrait ».
Reste à savoir si ce pari sera tenu. Pour l’instant, les organisateurs misent sur la dissuasion et la réactivité. Mais dans un pays où l’État peine parfois à imposer son autorité face aux cartels, l’incertitude plane.
La mort d’El Mencho, chef du Cártel Jalisco Nueva Generación (CJNG), a provoqué une vague de représailles de la part de ses lieutenants et de ses rivaux. Des affrontements ont éclaté dans plusieurs États, notamment Jalisco et Guanajuato, où le CJNG est particulièrement implanté. Ces violences ont mis en lumière la capacité des cartels à déstabiliser localement, un risque que les autorités craignent de voir se propager pendant un événement international comme la Coupe du monde.