Alors que la Coupe du monde 2026 s’apprête à débuter ce week-end, les regards se tournent vers Gianni Infantino, président de la FIFA, dont les relations avec l’administration américaine suscitent autant de questionnements que d’inquiétudes. Selon Courrier International, qui reprend une analyse publiée par USA Today, le dirigeant a multiplié les gestes d’allégeance envers Donald Trump, réélu à la présidence des États-Unis en novembre 2024. Une stratégie qui, si elle devait aboutir à une exploitation politique de l’événement par l’actuel locataire de la Maison-Blanche, pourrait bien se retourner contre la FIFA et son président.

La compétition, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, représente un enjeu géopolitique majeur. Pour autant, les marques d’adulation d’Infantino envers Trump – allant jusqu’à la création d’un « Prix de la paix de la FIFA » en l’honneur de l’ancien président américain – soulèvent des interrogations sur l’autonomie et la crédibilité de la fédération internationale. Courrier International s’interroge : cette stratégie de courtisanerie, si elle devait permettre d’éviter des tensions inutiles, pourrait-elle finalement se révéler contre-productive ?

Ce qu'il faut retenir

  • La Coupe du monde 2026 est coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, trois pays dont les dirigeants entretiennent des relations étroites avec l’administration Trump.
  • Gianni Infantino, président de la FIFA, a multiplié les gestes d’allégeance envers Donald Trump, notamment en participant à des rassemblements sans lien avec le football et en créant un « Prix de la paix de la FIFA » en son honneur.
  • Cette stratégie de courtoisie pourrait exposer la FIFA à une récupération politique de l’événement, si des incidents surviennent en marge de la compétition.
  • L’issue de cette approche dépendra en grande partie de la capacité des équipes et des supporters à traverser la compétition sans drame majeur.

Un président de la FIFA sous l’influence de Donald Trump

Depuis la réélection de Donald Trump en novembre 2024, Gianni Infantino a adopté une posture particulièrement conciliante à son égard. Selon USA Today et repris par Courrier International, le président de la FIFA s’est rendu à plusieurs reprises à des événements publics aux côtés de l’ancien président, bien que ces rassemblements n’aient aucun lien avec le football. Une attitude qui contraste avec celle de certains membres de l’administration Trump, certains d’entre eux ayant déjà exprimé leur scepticisme à l’égard de la FIFA.

Cette proximité affichée a atteint son paroxysme avec la création, en 2025, du « Prix de la paix de la FIFA ». Une initiative que Gianni Infantino a présentée comme un hommage à l’engagement de Donald Trump en faveur de la paix mondiale, une déclaration qui a surpris plus d’un observateur. Si la paix est un objectif louable, l’instrumentalisation d’une compétition sportive à des fins politiques interroge sur l’indépendance de la FIFA.

Une stratégie risquée pour la FIFA

L’objectif d’Infantino est sans doute de s’assurer le soutien des États-Unis, pays hôte de la compétition et première puissance économique mondiale. Cependant, cette stratégie comporte des risques majeurs. En se plaçant sous l’aile de Donald Trump, le président de la FIFA pourrait donner l’impression de sacrifier l’autonomie de son institution au profit d’intérêts politiques. Une perception qui pourrait, à terme, nuire à la crédibilité du football mondial.

Par ailleurs, la Coupe du monde 2026 se déroule dans un contexte géopolitique tendu. Les tensions entre les États-Unis et plusieurs pays participants, notamment l’Iran, pourraient donner lieu à des incidents en marge des matchs. Si la FIFA parvient à éviter de tels drames, la stratégie d’Infantino pourrait être considérée comme un succès. En revanche, tout incident majeur risquerait de révéler l’échec de cette politique de soumission.

Les coorganisateurs : entre soutien et prudence

Les trois pays à l’origine de l’organisation de la Coupe du monde 2026 – les États-Unis, le Canada et le Mexique – ont chacun leurs propres enjeux politiques. Aux États-Unis, la réélection de Donald Trump a marqué un tournant dans les relations internationales du pays. Le Canada, dirigé par le Premier ministre Mark Carney depuis janvier 2025, tente de maintenir une position équilibrée, tandis que le Mexique, sous la présidence de Claudia Sheinbaum depuis octobre 2024, cherche à tirer profit de l’événement sans s’impliquer dans les querelles politiques américaines.

Cette diversité de positions explique en partie pourquoi la FIFA a cru nécessaire de s’attirer les faveurs de l’administration Trump. Une approche qui, cependant, pourrait se retourner contre les coorganisateurs si des tensions devaient émerger entre les supporters ou les équipes nationales.

Et maintenant ?

La Coupe du monde 2026 s’ouvre ce week-end avec un match entre l’Allemagne et le Japon. D’ici là, l’attention se portera sur les mesures de sécurité mises en place, notamment aux États-Unis, où les tensions politiques pourraient déborder dans les stades. La FIFA devra également surveiller les réactions des autres pays participants, dont certains pourraient critiquer ouvertement les gestes d’allégeance d’Infantino envers Trump. Si aucun incident majeur n’est à déplorer, la stratégie du président de la FIFA pourrait être réévaluée. Dans le cas contraire, les conséquences pourraient être lourdes pour l’image du football mondial.

Reste à voir si cette politique de soumission portera ses fruits ou si elle ne fera que souligner les faiblesses d’une institution déjà critiquée pour son manque de transparence et son opacité financière. Une chose est sûre : la Coupe du monde 2026 restera dans les mémoires, qu’elle soit pour son football ou pour ses dérives politiques.

Selon USA Today et repris par Courrier International, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à s’attirer les faveurs de l’administration Trump. En créant ce prix, Gianni Infantino a cherché à flatter l’ego de Donald Trump, qui se présente comme un artisan de la paix mondiale. Une démarche qui, cependant, a suscité des interrogations sur l’indépendance de la FIFA.

Si des incidents majeurs surviennent, notamment des tensions entre supporters ou des conflits politiques, la FIFA pourrait être accusée d’avoir sacrifié son indépendance au profit d’intérêts politiques. Cela risquerait de nuire à sa crédibilité et d’entraîner des critiques sur sa gestion de l’événement, déjà entachée par des soupçons de corruption passés.