Le technicien franco-tunisien Sabri Lamouchi a été écarté de son poste d’entraîneur de l’équipe nationale de Tunisie à l’issue d’une journée chaotique, marquée par une défaite inaugurale contre la Suède (5-1) en Coupe du monde 2026. Selon RMC Sport, cette décision, intervenue ce lundi 16 juin 2026 au camp de base de San Pedro Garza Garcia (Mexique), s’est accompagnée d’un enchaînement de rebondissements qui a laissé le sélectionneur et son staff désemparés.
Ce qu'il faut retenir
- Huit joueurs tunisiens avaient promis à Sabri Lamouchi de quitter la sélection s’il était limogé, une promesse non tenue après l’annonce de son remplacement par Hervé Renard.
- Une première annonce de licenciement, publiée puis supprimée sur les réseaux sociaux, avait semé la confusion parmi les joueurs et les observateurs.
- Sabri Lamouchi, isolé dans sa chambre d’hôtel, a finalement été rejoint par son ami André-Pierre Gignac avant de quitter les lieux sous bonne escorte.
- Hervé Renard, nommé en urgence, a atterri ce mardi 17 juin à Monterrey pour son premier entraînement en vue du match contre le Japon dimanche.
- La Fédération tunisienne a justifié ce revirement par la nécessité de relancer une équipe en difficulté après une défaite historique.
La publication d’un premier message sur Instagram, confirmé par RMC Sport, a précipité les événements. Avant d’être supprimé, ce post indiquait qu’un « accord avait été conclu pour le limogeage du technicien franco-tunisien » et que « des dispositions » étaient prises pour nommer Mondher Kebaier, alors directeur technique national, à la tête de la sélection. Cette annonce, bien que temporaire, a suscité une vive réaction au sein du groupe.
C’est dans ce contexte tendu que huit joueurs, selon les informations recueillies par le quotidien sportif, se seraient rendus auprès de Sabri Lamouchi pour lui assurer qu’ils quitteraient la sélection s’il était démis. Une promesse qui n’a pas résisté à l’annonce officielle de son remplacement par Hervé Renard. Ce dernier, nommé par le président de la Fédération tunisienne Moez Nasri, a été choisi avant même la résiliation du contrat de son prédécesseur, créant une situation administrative et sportive inédite.
Isolé dans sa chambre d’hôtel pendant plusieurs heures, Sabri Lamouchi a finalement vu arriver son ami André-Pierre Gignac, figure emblématique de l’équipe et symbole de la réussite des joueurs tunisiens en Amérique du Nord. Après le dîner de la délégation, le technicien et cinq membres de son staff se sont rendus chez l’attaquant français des Tigres de Monterrey, qui les a raccompagnés plus tard dans la soirée. Un épisode qui illustre l’ampleur des tensions au sein du groupe et du staff technique.
Un limogeage annoncé dans la précipitation
La décision de la Fédération tunisienne intervient moins de 24 heures après la lourde défaite face à la Suède, un match qui a révélé les faiblesses défensives et offensives de l’équipe. Selon RMC Sport, les dirigeants tunisiens ont justifié ce changement par la nécessité de « relancer un groupe en crise » et de « retrouver une dynamique positive » avant le prochain match contre le Japon, prévu dimanche 22 juin 2025 à 6 heures. Hervé Renard, qui a quitté Paris ce mardi matin en provenance de Dakar, doit prendre en main une équipe profondément divisée.
Le nouveau sélectionneur, connu pour ses succès passés en Afrique (Championnat d’Afrique des nations en 2012 et 2013 avec la Zambie et la Côte d’Ivoire), a hérité d’un dossier complexe. Son arrivée surprise, alors que le nom de Mondher Kebaier était évoqué, a surpris autant les observateurs que les joueurs. « Il n’y a pas à réfléchir », aurait-il déclaré en atterrissant au Mexique, soulignant l’urgence de la situation. Son premier entraînement, prévu en soirée, sera un test pour évaluer l’état d’esprit du groupe et sa capacité à se recentrer.
Les joueurs tunisiens sous le feu des critiques
La réaction des joueurs, et notamment la non-tenue de leur promesse de quitter la sélection, interroge sur la cohésion du groupe. Selon RMC Sport, leur engagement initial envers Sabri Lamouchi s’est heurté à la réalité d’une nomination rapide d’Hervé Renard. Certains médias locaux n’ont pas manqué de critiquer cette volte-face, évoquant un manque de loyauté envers un technicien qui avait mené la Tunisie en Coupe du monde pour la première fois depuis 2018.
André-Pierre Gignac, dont la présence aux côtés de Lamouchi a marqué les esprits, a joué un rôle discret mais symbolique dans cette transition. L’attaquant, qui évolue en Liga MX, a offert un soutien moral à son ancien coéquipier, tout en maintenant une distance professionnelle avec les choix fédéraux. Son statut d’icône au sein de l’équipe ajoute une dimension humaine à cette crise, où les sentiments personnels se mêlent aux enjeux sportifs.
Un nouveau départ pour la Tunisie, mais à quel prix ?
La Fédération tunisienne, sous pression après une prestation calamiteuse, mise sur Hervé Renard pour inverser la tendance. Le technicien français, qui a déjà dirigé plusieurs sélections africaines, devra composer avec un vestiaire fracturé et une pression médiatique accrue. Son premier défi consistera à rétablir un climat de confiance, alors que le match contre le Japon s’annonce comme un tournant pour la suite de la compétition.
Sabri Lamouchi, quant à lui, quitte la Tunisie après une expérience de deux ans marquée par des hauts et des bas. Son départ, bien que douloureux, s’inscrit dans une logique de renouvellement accéléré, dictée par les résultats. Reste à savoir si cette décision portera ses fruits ou si elle ne fera qu’aggraver les divisions au sein d’un groupe déjà fragilisé.
Cette affaire soulève également des questions sur la gestion des fédérations africaines, souvent critiquées pour leurs choix impulsifs et leurs relations tendues avec les entraîneurs. L’épisode tunisien pourrait servir d’exemple, qu’il soit positif ou négatif, pour d’autres sélections confrontées à des défis similaires.
La défaite 5-1 contre la Suède, combinée à des résultats décevants en phase de préparation, a précipité la décision de la Fédération tunisienne. Selon RMC Sport, les dirigeants ont estimé que le groupe avait besoin d’un « électrochoc » pour éviter une élimination précoce. Le limogeage, bien que controversé, s’inscrit dans une logique de changement radical.
André-Pierre Gignac, ami personnel de Sabri Lamouchi et figure respectée au sein de l’équipe, a apporté un soutien moral à l’entraîneur après son licenciement. Son intervention a mis en lumière les tensions internes, mais il n’a pas joué de rôle actif dans les décisions fédérales. Il a simplement accompagné Lamouchi et son staff lors de leur départ du camp de base.