Alors que la France s’apprête à affronter le Sénégal pour son entrée en lice dans le groupe I de la Coupe du monde 2026, la famille du journaliste français Christophe Gleizes a organisé un point presse à New York pour alerter sur sa situation. Toujours détenu en Algérie depuis près d’un an, Christophe Gleizes a pourtant obtenu une accréditation de la Fifa pour couvrir le Mondial. Ses parents, présents à New York, ont profité de la présence des médias français pour dénoncer l’opacité entourant son dossier et réclamer sa libération immédiate.
Ce qu'il faut retenir
- Christophe Gleizes, journaliste français de 37 ans, est emprisonné en Algérie depuis juin 2025, condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".
- Il a obtenu une accréditation Fifa pour la Coupe du monde 2026, mais reste détenu dans des conditions jugées difficiles par sa famille.
- Ses parents, Sylvie Godard et Francis Godard, ont exprimé leur émotion et leur frustration lors d’un point presse organisé à New York, dénonçant l’absence totale de nouvelles depuis des mois.
- Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a officiellement soutenu sa libération, espérant qu’il puisse assister au Mondial.
- Christophe Gleizes a retiré un pourvoi en cassation en mars 2026, une étape visant à ouvrir la voie à une grâce présidentielle.
- Les journalistes français présents à la conférence de presse des Bleus ont affiché leur solidarité en brandissant des écharpes en son honneur.
Une accréditation symbolique face à l’enfermement
L’obtention de l’accréditation Fifa par Christophe Gleizes représente une lueur d’espoir pour ses proches, mais elle reste pour l’heure inaccessible. « Christophe devrait être à notre place », a déclaré sa mère, Sylvie Godard, lors du point presse organisé en marge de la conférence de presse de Didier Deschamps. Selon elle, cette accréditation est une reconnaissance de son travail, mais elle souligne avec amertume que son fils, enfermé entre quatre murs, « commence à trouver le temps long ». « C’est ici qu’il doit être, à sa place », a-t-elle insisté, rappelant que son métier de journaliste sportif le destinait à couvrir l’événement depuis la zone mixte.
Son beau-père, Francis Godard, a quant à lui dénoncé l’opacité totale qui entoure le dossier depuis près d’un an. « On n’a pas de retour, on envoie des messages divers et variés, mais on n’a pas de réponse », a-t-il expliqué, précisant que son fils, coupé du monde extérieur, « a perdu ses repères temporels ». « Il nous dit que c’est un monde qui lui est devenu totalement abstrait », a-t-il ajouté, évoquant un état d’abattement chez le journaliste.
Un parcours judiciaire marqué par l’incompréhension
Christophe Gleizes a été arrêté en mai 2024 en Algérie alors qu’il réalisait un reportage sur le club de football de la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK). Initialement placé sous contrôle judiciaire, il a été incarcéré en juin 2025 après sa condamnation pour « apologie du terrorisme ». Cette qualification juridique, contestée par ses défenseurs, a suscité de nombreuses interrogations sur le contexte politique de son arrestation. Le club de la JSK, emblématique de la région kabyle, entretient en effet des liens historiques avec des mouvements indépendantistes, ce qui pourrait expliquer, selon certains observateurs, la sévérité de la peine infligée.
La famille de Christophe Gleizes a expliqué que son pourvoi en cassation, retiré en mars 2026, visait à ouvrir la voie à une grâce présidentielle. « Il a retiré son pourvoi pour montrer qu’il espérait une issue positive », a précisé sa mère. Pourtant, malgré les appels à la libération lancés par des organisations de défense des droits de l’homme et par la profession journalistique, aucune avancée concrète n’a été enregistrée à ce jour.
Une mobilisation médiatique et institutionnelle
La situation de Christophe Gleizes a suscité une vague de solidarité au sein de la communauté des journalistes, notamment en France. Lors de la conférence de presse de Didier Deschamps à New York, des confrères ont brandi des écharpes en son honneur, une initiative symbolique pour rappeler son absence forcée. Le président de la Fifa, Gianni Infantino, s’est également exprimé sur le sujet, déclarant espérer que le journaliste puisse finalement assister au Mondial. « Nous soutenons pleinement sa libération », a-t-il affirmé, sans pour autant préciser les démarches entreprises auprès des autorités algériennes.
Côté français, la mobilisation reste discrète mais constante. Les parents de Christophe Gleizes ont indiqué avoir contacté à plusieurs reprises des figures du football français, comme Kylian Mbappé ou Zinédine Zidane, pour solliciter leur soutien. « On s’est adressés à eux à de multiples reprises », a reconnu Francis Godard, avant d’ajouter : « Maintenant, Mbappé a la Coupe du monde. On ne va pas le harceler là-dessus. » Une position qui reflète à la fois la gratitude envers les joueurs, mais aussi l’urgence d’une résolution du dossier.
En attendant, Christophe Gleizes continue de purger sa peine dans des conditions que sa famille juge de plus en plus difficiles. Son état de santé mental, fragilisé par l’isolement, alimente les craintes de ses proches. « Il a perdu le sens du temps », a souligné sa mère, rappelant que son fils, journaliste sportif avant tout, rêvait simplement de couvrir la Coupe du monde depuis la zone presse. Une réalité aujourd’hui inaccessible, mais qui, grâce à l’accréditation Fifa, reste symboliquement entre ses mains.
La question de sa libération se pose donc avec une urgence accrue, alors que le Mondial 2026 offre une plateforme sans précédent pour amplifier la pression internationale. Reste à savoir si les autorités algériennes, sous l’effet conjugué des mobilisations médiatiques et diplomatiques, envisageront une mesure de clémence avant la fin du tournoi.
Christophe Gleizes a été condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme" en juin 2025. Son arrestation, intervenue en mai 2024, était liée à un reportage réalisé sur le club de football de la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), un club historique de la région kabyle, souvent associé à des mouvements indépendantistes. La qualification juridique de son acte a été contestée par ses défenseurs, qui y voient une instrumentalisation politique de la justice.