Pour la première fois dans l'histoire de la Coupe du monde, huit nations arabophones ont réussi à se qualifier pour la compétition. Selon Libération, chacune de ces équipes s'appuie sur ses traditions musicales, ses chants et ses danses pour mobiliser leurs supporters et porter leurs couleurs. Un phénomène qui illustre la diversité culturelle du monde arabe, entre rap marocain, danses bédouines et revendications de visibilité féminine.

Ce qu'il faut retenir

  • Huit pays arabophones qualifiés pour la Coupe du monde 2026, un record dans l'histoire du tournoi
  • Le Maroc mise sur son rap engagé pour galvaniser les foules
  • La Tunisie et l'Algérie exploitent des chants traditionnels lors des matchs
  • En Arabie saoudite, des femmes non voilées apparaissent dans les chorégraphies de soutien
  • Le Qatar mise sur des spectacles visuels pour célébrer son équipe
  • L'Égypte et l'Irak utilisent des musiques folkloriques pour fédérer

Le Maroc, porte-drapeau du rap engagé en compétition

Parmi les huit qualifiés, le Maroc se distingue par son utilisation massive du rap marocain. Des artistes comme El Grande Toto ou Dizzy DROS ont vu leurs morceaux devenir des hymnes officiels de soutien à l'équipe nationale. « Le football et le rap sont deux langages universels au Maroc », a déclaré un porte-parole de la Fédération royale marocaine de football à Libération. Des clips ont même été diffusés avant les matchs pour motiver les joueurs.

Côté supporters, les stades marocains résonnent désormais au rythme de beats modernes, mêlant dialecte marocain et français. Autant dire que l'ambiance est radicalement différente de celle des éditions précédentes, où les chants religieux dominaient souvent.

La Tunisie et l'Algérie, entre tradition et modernité

La Tunisie mise sur ses chants traditionnels, comme le Malouf ou le Zajal, pour créer une atmosphère unique. Selon des observateurs locaux, ces mélodies, issues du patrimoine andalou, sont reprises en chœur par les supporters dans les gradins. « Ces chants nous rappellent nos racines, c'est une façon de dire que nous sommes fiers de notre identité », a expliqué un membre de l'association des supporters tunisiens.

De son côté, l'Algérie mise sur un mélange entre musique chaâbie et rap engagé. Le groupe Soolking, dont les membres sont d'origine algérienne, a composé un titre spécial pour l'équipe nationale. Les stades algérois vibrent désormais au son de ces rythmes hybrides, où se mêlent oud et beats électroniques.

Arabie saoudite : une stratégie de visibilité féminine

L'Arabie saoudite, qualifiée pour la deuxième fois consécutive, surprend par sa stratégie de communication. Lors des derniers matchs de préparation, des femmes non voilées ont participé à des chorégraphies de soutien, une première dans le pays. Ces images, largement relayées sur les réseaux sociaux, visent à montrer une image moderne de l'Arabie saoudite.

« Nous voulons casser les stéréotypes sur notre société. Le football est un vecteur d'unité, et il n'a pas de genre », a affirmé un responsable du comité d'organisation saoudien à Libération. Cette approche s'inscrit dans le cadre de la Vision 2030, qui promeut une diversification culturelle et sociale.

Qatar, Égypte et Irak : entre spectacle et patrimoine

Le Qatar, pays hôte de l'édition 2022, mise quant à lui sur des spectacles visuels pour soutenir les siens. Des drones ont formé des messages de soutien à l'équipe qatarie lors des entraînements ouverts au public. Une stratégie qui rappelle l'organisation de la Coupe du monde précédente, où le pays avait soigné chaque détail de sa communication.

En Égypte, ce sont les chants pharaoniques, comme le Saidi, qui animent les tribunes. Ces mélodies, originaires du sud du pays, sont devenues des hymnes officiels des supporters égyptiens. « Ces chants nous unissent, ils parlent de notre histoire et de notre fierté », a expliqué un fan égyptien.

Enfin, l'Irak mise sur ses musiques folkloriques, comme le Maqam, pour créer une ambiance unique. Ces mélodies, classées au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, sont reprises en chœur par les supporters lors des matchs.

Et maintenant ?

La Coupe du monde 2026 s'annonce comme un laboratoire des cultures arabes. D'ici le coup d'envoi, prévu le 11 juin, chaque équipe devrait peaufiner sa stratégie musicale et visuelle. Reste à voir si ces initiatives parviendront à créer une identité collective pour les supporters de la région. Une chose est sûre : le monde arabe n'a jamais été aussi visible sur la scène footballistique mondiale.

Pour les observateurs, cette diversité culturelle pourrait bien devenir un modèle pour les prochaines compétitions internationales. Le football, souvent réduit à ses performances sportives, montre ici qu'il est aussi un vecteur d'expression identitaire. À suivre donc, dès les premiers matchs.

Huit pays arabophones se sont qualifiés : le Maroc, la Tunisie, l'Algérie, l'Égypte, l'Irak, l'Arabie saoudite, le Qatar et la Syrie. C'est un record dans l'histoire de la compétition.

Chaque pays mise sur ses traditions musicales : le Maroc sur le rap engagé, la Tunisie et l'Irak sur des chants traditionnels, l'Arabie saoudite sur des chorégraphies incluant des femmes non voilées, et le Qatar sur des spectacles visuels avec drones.