Alors que l’équipe de France s’apprête à affronter la Norvège lors de la Coupe du monde 2026, un joueur se distingue bien au-delà de ses performances sportives. Selon Libération, Morten Thorsby, milieu international norvégien comptant 31 sélections et désormais un adversaire direct des Bleus, milite depuis plus d’une décennie pour une réduction de l’empreinte environnementale du football professionnel.

Ce qu'il faut retenir

  • Morten Thorsby, milieu de terrain norvégien en sélection, compte 31 sélections en équipe nationale à ce jour.
  • Il s’engage publiquement depuis plus de dix ans pour une transition écologique du football professionnel.
  • Son club actuel, le Genoa en Serie A italienne, est l’un des rares en Europe à avoir intégré des critères environnementaux dans sa gestion.
  • La Norvège, pays d’origine de Thorsby, est souvent citée comme modèle en matière de politiques vertes dans le sport.
  • Les fédérations européennes commencent à prendre en compte ces enjeux, mais les avancées restent lentes.

Un profil atypique dans le football mondial

Morten Thorsby, né le 5 mai 1996 à Oslo, s’est imposé comme l’un des milieux les plus solides du championnat italien. Après des passages remarqués au SC Heerenveen aux Pays-Bas puis au Genoa en Serie A, il a rejoint en 2023 le club allemand de Werder Brême, avant de revenir en Italie. Son parcours, marqué par une régularité et une polyvalence sur le terrain, contraste avec son engagement hors des pelouses. Selon Libération, Thorsby est régulièrement cité parmi les sportifs les plus engagés pour l’environnement, un positionnement qui reste marginal dans le milieu du football.

En 2018 déjà, il avait fait sensation en publiant une tribune dans laquelle il appelait les clubs et fédérations à agir contre le changement climatique. « Le football a un rôle à jouer dans la transition écologique, et les joueurs doivent être des ambassadeurs de ce changement », avait-il alors déclaré. Depuis, il multiplie les prises de parole, les collaborations avec des ONG et les initiatives locales pour réduire l’impact carbone des clubs.

Le football professionnel face à son empreinte écologique

L’empreinte environnementale du football professionnel est régulièrement pointée du doigt. Entre les déplacements en avion des joueurs et des supporters, l’organisation de grands événements comme les Coupes du monde, et la gestion des stades, les émissions de CO₂ sont colossales. Selon une étude de l’ONG Carbon Market Watch, une Coupe du monde émet en moyenne 2,7 millions de tonnes de CO₂, soit l’équivalent des émissions annuelles d’un pays comme Malte. Face à ce constat, quelques clubs tentent de se mettre en conformité, mais les mesures restent inégales selon les pays et les championnats.

La Norvège, d’où est originaire Thorsby, fait figure d’exception. Le pays scandinave, déjà en avance sur les énergies renouvelables, impose des critères stricts aux clubs pour bénéficier de subventions publiques. À l’inverse, en Italie ou en France, les avancées sont plus timides, malgré quelques initiatives isolées. « On ne peut plus ignorer l’impact de notre sport », a souligné Thorsby dans une récente interview au média norvégien Aftenposten. « Chaque club doit prendre ses responsabilités, ne serait-ce que pour laisser une planète vivable à nos enfants. »

Un adversaire en or pour les Bleus

Thorsby et ses coéquipiers norvégiens feront partie des principaux adversaires de l’équipe de France lors de cette Coupe du monde. Dans le groupe D, avec la Suisse, le Ghana et le Canada, la Norvège reste une équipe solide, bien structurée et difficile à battre. Avec Thorsby au milieu du terrain, les Bleus devront composer avec un joueur tactiquement intelligent, capable de briser les lignes adverses, mais aussi un personnage capable de marquer les esprits par son engagement.

La rencontre entre la France et la Norvège, programmée pour le 28 juin 2026 à Houston, s’annonce donc sous plusieurs angles. Sportif, bien sûr, mais aussi symbolique : face à une équipe de France souvent critiquée pour son manque d’engagement environnemental, Thorsby incarnera une vision diamétralement opposée du football. Une opposition qui pourrait bien dépasser le cadre sportif.

Et maintenant ?

La question de l’écologie dans le football devrait continuer à gagner en visibilité dans les mois à venir. Plusieurs fédérations européennes, dont la Fédération française de football, ont annoncé travailler sur des chartes environnementales à appliquer dès la saison 2026-2027. Quant à Thorsby, il pourrait multiplier les collaborations avec des acteurs du sport et de la politique pour faire avancer ses idées. Reste à savoir si les instances dirigeantes du football mondial, souvent pointées du doigt pour leur lenteur, parviendront à suivre le rythme.

Quoi qu’il en soit, l’arrivée de joueurs engagés comme Morten Thorsby dans les grandes compétitions internationales marque un tournant. Le football, souvent perçu comme un simple divertissement, pourrait bien devenir un terrain d’action supplémentaire pour la défense de l’environnement.

Thorsby s’est notamment engagé à compenser 100 % de ses émissions de CO₂ depuis 2020, en investissant dans des projets de reforestation et d’énergies renouvelables. Il a également milité pour que son club, le Genoa, adopte des pratiques plus durables, comme la réduction des déplacements en avion pour les matchs à l’étranger ou l’installation de panneaux solaires dans son stade.

La FIFA a annoncé des objectifs de neutralité carbone pour la Coupe du monde 2026, mais les détails restent flous. Selon un rapport interne révélé par Le Monde en mars 2025, l’instance dirigeante prévoit de compenser une partie des émissions liées aux déplacements des supporters, mais sans imposer de contraintes strictes aux pays hôtes ou aux clubs participants.