Le président de la FIFA, Gianni Infantino, se retrouve dans une position délicate après l’abandon du projet de commercialisation privée de la Coupe du monde, une initiative qui suscite désormais une vive opposition de la part de deux des plus importantes confédérations de football. Selon Libération, l’UEFA et la Concacaf, qui représentent respectivement les fédérations européennes et celles d’Amérique centrale et du Nord, critiquent ouvertement le manque de transparence et la gestion du dossier par la FIFA.

Ce qu'il faut retenir

  • L’UEFA et la Concacaf rejettent fermement l’abandon du projet de privatisation de la Coupe du monde, jugé prématuré et mal préparé.
  • Le président de la FIFA, Gianni Infantino, est directement mis sous pression par les deux confédérations, qui exigent des explications.
  • Le projet de commercialisation privée de la Coupe du monde avait été évoqué pour permettre une meilleure rentabilité, mais il a été abandonné en raison de fortes résistances internes.
  • Les deux confédérations, regroupant la majorité des fédérations de football au niveau mondial, réclament une refonte des méthodes de gestion financière de la FIFA.

L’UEFA, dirigée par Aleksander Čeferin, a vivement réagi à l’échec de ce projet, qu’elle considère comme une erreur stratégique. « Nous avons toujours soutenu une gestion transparente et responsable des ressources de la FIFA, a déclaré Čeferin. L’abandon brutal de ce projet sans consultation préalable des confédérations est inacceptable. » De son côté, la Concacaf, présidée par Victor Montagliani, a adopté un ton tout aussi ferme. « La Coupe du monde est un bien commun, et sa gestion doit être collective, pas réservée à quelques-uns, a-t-il souligné. Nous exigeons que la FIFA revienne sur cette décision et engage un dialogue constructif. »

Les tensions entre la FIFA et les confédérations ne sont pas nouvelles, mais elles s’aggravent depuis que Gianni Infantino a évoqué, en 2025, la possibilité de privatiser certains droits commerciaux de la Coupe du monde. Ce projet, présenté comme un moyen d’augmenter les revenus pour le développement du football mondial, a rapidement suscité des critiques. Selon plusieurs sources internes, le manque de préparation et l’absence de consensus au sein du comité exécutif de la FIFA ont conduit à l’abandon du dossier en juillet 2026. Pourtant, les deux confédérations estiment que cette initiative aurait pu fragiliser l’équilibre financier du football mondial.

Pour l’UEFA, la privatisation aurait pu entraîner une inégalité croissante entre les fédérations riches et pauvres, notamment en réduisant les redistributions financières vers les confédérations. « La solidarité entre les membres de la FIFA est un principe fondamental, a rappelé Čeferin. Privatiser une partie des droits, c’est risquer de creuser les écarts et de marginaliser les petites fédérations. » La Concacaf partage ce point de vue, soulignant que les revenus générés par la Coupe du monde doivent servir à l’ensemble du football, et pas seulement à quelques acteurs économiques.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour la gouvernance de la FIFA. Une réunion extraordinaire du conseil de la FIFA est attendue en septembre 2026, à Zurich, pour évoquer la réforme des statuts et la gestion des droits commerciaux de la Coupe du monde. Infantino, sous pression, devra trouver un compromis avec les confédérations pour éviter une crise ouverte. Une issue incertaine, alors que les appels à une plus grande transparence se multiplient.

D’autres acteurs, comme les clubs de football et les ligues professionnelles, pourraient également s’immiscer dans le débat. Certains, comme l’European Club Association (ECA), ont déjà exprimé leur inquiétude quant à une possible privatisation des droits, qui pourrait fragiliser leurs propres revenus. Pour l’instant, la FIFA reste silencieuse sur les prochaines étapes, mais les confédérations, elles, ne comptent pas relâcher la pression. « Nous ne laisserons pas une poignée de décideurs remettre en cause l’équilibre du football mondial, a affirmé Montagliani. Des solutions existent, mais elles doivent être discutées à l’échelle collective. »

En attendant, le football mondial observe, et les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir de la Coupe du monde.

Le projet de privatisation, porté par Gianni Infantino, visait à confier certains droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés pour en maximiser les revenus. Cependant, l’UEFA et la Concacaf y voyaient un risque de déséquilibre financier entre les fédérations riches et pauvres, ainsi qu’une perte de contrôle sur les redistributions traditionnelles des revenus du football mondial.