Le Premier ministre polonais Donald Tusk a appelé le président Karol Nawrocki à confirmer les juges élus par le Parlement au Tribunal constitutionnel polonais, selon Euronews FR. Cette initiative intervient après des affrontements entre manifestants et forces antiémeute devant la cour la semaine dernière, à la suite de la suspension de son président, dernier épisode d'un bras de fer croissant autour des nominations judiciaires et du contrôle du Tribunal.
« Résoudre le conflit est simple et peut se faire sans modifier la constitution », a écrit Tusk lundi dans un message sur les réseaux sociaux. « Le président reconnaît les juges légalement élus par le Sejm, comme le prévoit la constitution, et ils prennent leurs fonctions au Tribunal ». Il a également accusé Nawrocki de « choisir l'affrontement brutal, qui pourrait coûter cher à la Pologne ».
Ce qu'il faut retenir
- Le Premier ministre polonais Donald Tusk a appelé le président Karol Nawrocki à confirmer les juges élus par le Parlement au Tribunal constitutionnel polonais.
- Les dirigeants de l'Ukraine, de l'Albanie, de la Moldavie, de la Géorgie, de la Macédoine du Nord, de l'Arménie, du Monténégro, de la Croatie ainsi que du Conseil européen se réuniront à Bruxelles pour un moment important consacré à la manière de faire grandir l'Union.
- La Commission européenne doit présenter son « paquet » annuel de rapports sur les progrès des pays candidats, assorti de feuilles de route pour les quatre « favoris » : le Monténégro, l'Albanie, la Moldavie et l'Ukraine.
- Les négociations les plus scrutées sont sans doute celles de l'Ukraine, en raison de l'agression croissante de la Russie, sa candidature ayant été lancée après l'invasion d'ampleur totale de 2022.
Les enjeux de l'élargissement de l'UE
Selon le spécialiste maison de l'élargissement d'Euronews, Luca Bertuzzi, les responsables du Berlaymont ont fait de l'élargissement un pilier des relations extérieures de l'UE, offrant à ses voisins une perspective d'adhésion pour les attirer dans son orbite (et les éloigner de l'influence de la Russie). Bruxelles doit désormais démontrer que ses ambitions en matière d'élargissement peuvent se traduire en résultats.
Dix ans après le référendum sur le Brexit, l'UE tente de transformer la dynamique de l'élargissement en résultats concrets en détaillant les étapes que les candidats les plus avancés doivent encore franchir pour finaliser leur adhésion. Mais les prochaines feuilles de route de la Commission européenne pour les prétendus favoris, le Monténégro, l'Albanie, la Moldavie et l'Ukraine, risquent d'élargir l'écart avec les candidats dont les dossiers piétinent depuis des années, comme la Macédoine du Nord et la Géorgie.
Les candidats à l'adhésion
Le Monténégro est le plus proche de la ligne d'arrivée, mais ses progrès s'enlisent dans des différends bilatéraux avec la Croatie, liés à l'héritage douloureux des guerres yougoslaves des années 1990. Petar Marković, chef de la mission du Monténégro auprès de l'UE, a indiqué à Europe Today que les responsables de Podgorica n'avaient pas pris de pause estivale afin de poursuivre les réformes dans le cadre du processus d'adhésion et de rester sur la trajectoire pour devenir le 28e membre de l'UE d'ici 2028.
L'Albanie, généralement considérée comme le pays en lice pour la médaille d'argent, a été ébranlée par d'importantes manifestations contre les travaux préparatoires d'un complexe de luxe dans une zone protégée, projet porté par le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner. La Moldavie, de son côté, rattrape son retard à un rythme tel que la Commission a dû réaffecter des ressources internes pour suivre Chișinău, qui est sur le point de clore un chapitre qu'elle vient à peine d'ouvrir.
Les défis de l'Ukraine
Les négociations les plus scrutées sont sans doute celles de l'Ukraine, en raison de l'agression croissante de la Russie, sa candidature ayant été lancée après l'invasion d'ampleur totale de 2022. Les enjeux ne pourraient guère être plus élevés. Taras Kachka, représentant de l'Ukraine auprès de l'UE, vient de déclarer à Europe Today que Kyiv mène à bien les réformes nécessaires pour rejoindre le bloc « plus vite et mieux » que jamais, même avec une invasion à ses portes.
« Nous pourrions être confrontés à des défis qui découlent de la situation sécuritaire, de l'agression russe et du fait que l'Ukraine est réellement l'un des plus grands candidats parmi les favoris », a-t-il déclaré dans une interview avec Sasha Vakulina. La progression formelle de l'Ukraine a enfin commencé grâce au changement de gouvernement en Hongrie, l'ancien Premier ministre Viktor Orbán ayant auparavant fait dérailler le processus, et elle est toujours censée ouvrir tous les groupes de négociation avant la fin de l'année.
En conclusion, l'élargissement de l'UE est un processus complexe et délicat qui nécessite une attention particulière aux défis et aux opportunités qu'il présente. Les enjeux sont considérables, et les décisions prises dans les prochaines semaines et mois seront cruciales pour l'avenir de l'UE et de ses relations avec ses voisins.