Dans une lettre adressée ce jeudi 4 juin 2026 à Emmanuel Macron et dévoilée par Le Parisien, les familles des 228 victimes du crash du vol Rio-Paris en 2009 appellent le président de la République à intervenir auprès d’Air France et d’Airbus pour les inciter à renoncer à leur pourvoi en cassation. Selon Franceinfo – Faits divers, cette démarche intervient deux semaines après la condamnation en appel des deux entreprises pour « homicides involontaires », les déclarant « seuls et entièrement responsables » de l’accident.
Ce qu'il faut retenir
- Condamnation en appel le 21 mai 2026 : Airbus et Air France ont été reconnus « seuls et entièrement responsables » du crash du vol AF447, avec une amende maximale de 225 000 euros.
- Pourvoi en cassation annoncé le jour même : Les deux entreprises ont immédiatement fait savoir qu’elles contestaient cette décision devant la Cour de cassation.
- Lettre aux familles à Macron : Les proches des victimes demandent à l’État, actionnaire majoritaire des deux groupes, d’intervenir pour faire cesser cette procédure.
- 17 ans d’attente : Le crash, survenu le 1er juin 2009, a marqué l’histoire de l’aviation française comme l’accident le plus meurtrier.
- Rôle de l’État actionnaire : Les familles soulignent que l’État siège aux conseils d’administration d’Air France et d’Airbus et pourrait jouer un rôle dans ce dossier.
Une condamnation historique, mais une nouvelle épreuve pour les familles
Le 21 mai 2026, la cour d’appel de Paris a rendu un jugement historique en condamnant Airbus et Air France pour « homicides involontaires » dans l’accident du vol AF447, survenu le 1er juin 2009 au large du Brésil. Le tribunal a retenu la « responsabilité entière » des deux entreprises, leur infligeant la peine maximale de 225 000 euros d’amende. Une décision saluée comme une « énorme satisfaction » par le frère de l’un des deux co-pilotes, selon les propos rapportés par Franceinfo.
Pourtant, cette condamnation ne marque pas la fin du calvaire judiciaire pour les familles. Dès l’annonce du verdict, Airbus et Air France ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation. Une décision qui a « anéanti » l’espoir des proches de victimes, comme ils l’expriment dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, rendue publique ce 4 juin.
Un appel à l’État actionnaire pour mettre fin aux procédures
Signée par Danièle Lamy, présidente de l’association Entraide et Solidarité AF447, la missive adressée au chef de l’État insiste sur l’épuisement des familles après dix-sept ans de procédures judiciaires. « Nous espérions que la décision de justice mettrait un terme à notre calvaire. Notre espoir a malheureusement été anéanti par l’annonce d’Airbus et d’Air France de se pourvoir en cassation », écrivent-elles. Les familles reconnaissent que l’État n’a « pas à intervenir dans une affaire judiciaire », mais soulignent qu’il n’est « pas acceptable » qu’il reste « spectateur » alors qu’il est actionnaire de référence des deux groupes et siège à leurs conseils d’administration.
« Les familles de victimes sont épuisées. Elles n’ont plus la force de se battre (...) Que les entreprises condamnées choisissent aujourd’hui de prolonger encore cette procédure n’est pas seulement un droit : c’est un choix. Et ce choix, fait en connaissance de cause, au mépris de la détresse de familles accablées par dix-sept ans d’attente, est moralement indéfendable. »
Un contexte judiciaire complexe et des responsabilités encore débattues
Le vol AF447, qui reliait Rio de Janeiro à Paris, s’est abîmé dans l’océan Atlantique le 1er juin 2009, faisant 228 morts. Les enquêtes ont révélé une succession de défaillances techniques et humaines, notamment une panne des sondes de vitesse Pitot, un dysfonctionnement des automatismes du pilotage automatique, et une réaction inappropriée de l’équipage face à la situation. En première instance, Airbus et Air France avaient été relaxés en 2019, avant d’être condamnés en appel en 2026.
Cette condamnation en appel confirme la responsabilité des deux entreprises, mais ouvre désormais la voie à un pourvoi en cassation, qui pourrait prolonger le processus judiciaire de plusieurs années. Les familles, représentées par l’association Entraide et Solidarité AF447, espèrent que l’intervention de l’État pourrait accélérer une issue définitive, mettant fin à un cycle judiciaire qui a débuté en 2009.
La question d’une indemnisation complémentaire pour les familles, déjà indemnisées par le fonds créé après le crash, pourrait également se poser en cas de confirmation définitive des responsabilités d’Air France et Airbus.
La cour d’appel de Paris a estimé que les deux entreprises avaient commis des « fautes caractérisées » ayant conduit à l’accident. Elle a retenu contre elles une « responsabilité entière », notamment en raison de défaillances techniques (sondes Pitot défectueuses) et de lacunes dans la formation des pilotes.
L’État est actionnaire majoritaire d’Air France (95,6 %) et détient une participation significative chez Airbus (14,3 %). Il siège aux conseils d’administration des deux groupes. Les familles estiment que cette position lui donne une responsabilité morale dans la recherche d’une issue rapide à ce dossier.