Une nouvelle disparition en mer, celle d’un avion de tourisme de type « rallye » au large de Roquebrune-sur-Argens, relance le débat sur la sécurité des appareils pilotés par des amateurs en France. Le corps sans vie d’un occupant a été retrouvé vendredi, après que le contact avec l’appareil, capable de transporter deux personnes maximum, a été perdu vers 14h40 à 5,5 km des côtes, comme l’a indiqué la préfecture maritime de la Méditerranée. Selon Le Figaro, cet incident s’inscrit dans une série de crashs impliquant des avions légers et des ULM ces derniers mois, tant en France qu’à l’étranger, interrogeant sur la fiabilité de ces pratiques aériennes amateurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Un avion de tourisme de type « rallye », transportant au maximum deux personnes, a disparu en mer au large de Roquebrune-sur-Argens (Var) le 23 mai 2026, avec un bilan d’un mort.
  • Le contact a été perdu à 14h40, à 5,5 km des côtes, selon la préfecture maritime de la Méditerranée.
  • Cet accident s’ajoute à une série de crashs impliquant des avions légers et des ULM en France et à l’étranger ces derniers mois.
  • Gérard Feldzer, président de l’ONG Aviation sans frontières (ASF), rappelle que « la France fait partie des pays les plus sûrs » en matière d’aviation, malgré ces incidents.
  • Les deux principales voies pour voler en amateur sont l’obtention d’une licence de pilote d’avion léger (LAPL) ou d’un brevet de pilote d’ULM.

Un accident qui s’inscrit dans une tendance récente

L’accident survenu vendredi 23 mai 2026 n’est pas isolé. Depuis plusieurs mois, plusieurs crashs impliquant des avions de tourisme ou des ULM ont été recensés en France et à l’étranger, suscitant des interrogations sur les risques associés à ces pratiques. À l’instar de ce dernier incident, où un appareil de type « rallye » — un avion léger souvent utilisé pour des vols de loisir — a disparu des écrans radar au large de la Côte d’Azur, ces accidents soulèvent des questions sur la formation des pilotes amateurs et l’entretien des appareils.

Les enquêteurs maritimes ont précisé que la zone de recherche s’étendait sur plusieurs kilomètres autour du point de disparition, mais les conditions météorologiques, décrites comme « favorables » par les autorités, n’ont pas permis d’éviter le drame. Le pilote, dont l’identité n’a pas été révélée dans l’immédiat, n’a pas pu être secouru à temps.

Des incidents qui contrastent avec la sécurité globale de l’aviation

Face à cette série d’accidents, Gérard Feldzer, pilote aventurier et président de l’ONG Aviation sans frontières (ASF), a tenu à relativiser la portée de ces événements. « La France fait partie des pays les plus sûrs », a-t-il déclaré, rappelant que les crashs impliquant des avions de ligne sur le sol français restent exceptionnels depuis l’accident de l’Airbus A320 de la compagnie Germanwings en 2015. Selon lui, ces incidents ciblent avant tout des appareils pilotés par des amateurs, souvent moins encadrés que les avions commerciaux.

Les chiffres de l’aviation civile française confirment cette tendance : en 2025, sur les 38 accidents aériens recensés, seulement 5 impliquaient des avions de ligne, tandis que les 33 autres concernaient des appareils légers ou des ULM. Ces statistiques, bien que rassurantes pour l’aviation commerciale, ne suffisent pas à apaiser les craintes des proches des victimes et des observateurs du secteur.

Deux voies pour voler en amateur, deux niveaux de risque distincts

Pour les amateurs souhaitant prendre les commandes d’un avion, deux principales options s’offrent à eux : obtenir une licence de pilote d’avion léger (LAPL) ou un brevet de pilote d’ULM. La licence LAPL, délivrée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), nécessite une formation théorique et pratique de plusieurs mois, incluant un minimum de 30 heures de vol. En revanche, le brevet ULM, moins exigeant, se déroule en une dizaine de jours et ne requiert qu’un examen théorique et une validation des compétences en vol.

Ces différences de formation expliquent en partie les disparités en matière de sécurité. Les accidents impliquant des ULM, souvent pilotés par des novices, sont plus fréquents que ceux touchant les avions légers. En 2025, les ULM représentaient près de 60 % des accidents aériens en France, selon les données de la DGAC. Les causes récurrentes incluent des pertes de contrôle, des collisions en vol ou des atterrissages hors des zones autorisées.

« La formation des pilotes d’ULM est souvent trop courte et ne permet pas d’acquérir une expérience suffisante pour faire face à des situations d’urgence. » — Un instructeur anonyme, spécialisé dans la formation des pilotes légers.

Un cadre réglementaire en constante évolution

Face à ces enjeux, les autorités françaises et européennes réfléchissent à renforcer les dispositifs de contrôle et de formation. La DGAC a récemment annoncé l’introduction de nouvelles mesures pour les pilotes d’ULM, incluant un stage de remise à niveau obligatoire tous les cinq ans. Ces évolutions s’ajoutent à la mise en place, dès 2027, d’un système européen de contrôle numérique des entrées et sorties sur le sol, qui imposera une autorisation préalable de court séjour aux voyageurs.

Pour les avions légers, les exigences restent plus strictes, avec des contrôles techniques annuels obligatoires et une obligation de réaliser un vol d’entraînement avec un instructeur au moins une fois par an. Malgré ces dispositifs, certains professionnels du secteur estiment que les contrôles sur les appareils eux-mêmes restent insuffisants, notamment pour les ULM, souvent construits en kit et donc plus vulnérables aux défauts de fabrication.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des conclusions des enquêtes en cours, notamment celle menée par le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) pour l’accident du Var. Une réunion exceptionnelle de la DGAC est prévue pour la mi-juin 2026 afin d’examiner d’éventuelles mesures supplémentaires, comme l’allongement de la durée minimale de formation pour les pilotes d’ULM ou l’augmentation des fréquences des contrôles techniques. D’ici là, les associations de pilotes amateurs appellent à une prise de conscience collective sur les risques liés à ces pratiques.

Ces accidents rappellent, si besoin était, que l’aviation de loisir, bien que souvent perçue comme une activité accessible, n’est pas dénuée de dangers. Entre formation insuffisante, manque de rigueur dans l’entretien des appareils et conditions météo imprévisibles, les facteurs de risque restent nombreux. Pour Gérard Feldzer, la solution passe avant tout par une meilleure éducation des pilotes et une sensibilisation accrue aux bonnes pratiques. « Voler reste un privilège, mais aussi une responsabilité », a-t-il souligné.

Les enquêtes du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) indiquent que les pertes de contrôle, les collisions en vol et les atterrissages hors des zones autorisées représentent les causes les plus fréquentes. Dans près de 40 % des cas, une formation insuffisante ou un manque d’expérience du pilote est mis en cause.