Selon BFM Business, les créations d'emplois dans le secteur privé américain ont connu un ralentissement bien plus marqué que prévu en juillet. Les entreprises privées n'ont embauché que 44 000 personnes le mois dernier, contre 98 000 en juin, soit une chute de 55 %. Ce chiffre, issu de l'enquête mensuelle ADP/Stanford Labs publiée le 5 août 2026, dépasse largement les anticipations des marchés, qui tablaient sur 75 000 créations d'emplois.

Les investisseurs et analystes s'attendaient à un ralentissement du marché du travail américain, mais pas à une telle dégringolade. Les données ADP, bien que limitées dans leur scope, offrent un aperçu des tendances du marché avant la publication des chiffres officiels du département du Travail, prévue pour le 7 août 2026. Ces chiffres interviennent alors que l'économie américaine montre des signes de fragilité, avec un ralentissement des embauches qui pourrait peser sur la croissance.

Ce qu'il faut retenir

  • Les entreprises privées américaines ont créé 44 000 emplois en juillet 2026, contre 98 000 en juin, soit un recul de 55 %.
  • Les analystes anticipaient 75 000 créations d'emplois, selon le consensus publié par MarketWatch.
  • Le secteur de l'éducation et de la santé a enregistré le plus d'embauches (36 000), tandis que l'hôtellerie-restauration a perdu 11 000 emplois.
  • Les salaires ont progressé de 7 % pour les salariés ayant changé d'emploi, et de 4,4 % pour ceux ayant conservé leur poste.

Un recul bien plus marqué que prévu

Les chiffres publiés par ADP/Stanford Labs confirment un ralentissement brutal du marché du travail américain. En juin, les embauches avaient déjà chuté à 98 000, un niveau déjà inférieur aux attentes. Avec seulement 44 000 créations en juillet, la tendance se confirme, signe d'un essoufflement de l'économie. Les marchés tablaient pourtant sur un chiffre bien plus élevé, autour de 75 000, selon les prévisions de MarketWatch.

Ce recul s'inscrit dans un contexte de ralentissement plus large de l'activité économique aux États-Unis. Les tensions commerciales persistantes, les incertitudes géopolitiques et les politiques monétaires restrictives de la Réserve fédérale (Fed) pourraient expliquer en partie cette décélération. Les données ADP, bien que partielles, sont souvent considérées comme un indicateur avancé avant la publication des chiffres officiels du département du Travail.

Des secteurs inégaux face à la crise de l'emploi

Parmi les secteurs analysés, celui de l'éducation et de la santé se distingue avec 36 000 embauches en juillet, confirmant sa résilience malgré le contexte économique difficile. À l'inverse, l'hôtellerie et la restauration ont subi une forte contraction, avec la suppression de 11 000 emplois. Ce déclin est d'autant plus notable que le mois de juillet était marqué par la Coupe du monde de football, un événement censé stimuler l'activité dans ce secteur.

L'industrie, souvent perçue comme un baromètre de la santé économique, n'a enregistré qu'une légère progression de 2 000 embauches. Ce chiffre, bien que positif, reste marginal et ne compense pas le recul global du marché. Les disparités entre secteurs soulignent la fragilité de certains pans de l'économie américaine, particulièrement exposés aux chocs conjoncturels.

Des salaires en hausse, mais inégalement répartis

Côté rémunérations, les hausses de salaires restent plus marquées pour les salariés ayant changé d'emploi, avec une progression moyenne de 7 %. Ce niveau, le plus élevé depuis près d'un an, reflète probablement une forte demande pour certaines compétences dans un marché du travail tendu. En revanche, les salariés ayant conservé leur poste ont bénéficié d'une augmentation moyenne de 4,4 %, un rythme plus modéré mais toujours supérieur à l'inflation.

Ces écarts illustrent les tensions persistantes sur le marché du travail américain, où la concurrence pour attirer ou retenir les talents reste intense. Les employeurs, confrontés à des pénuries de main-d'œuvre dans certains secteurs, sont contraints d'augmenter les salaires pour fidéliser leurs équipes ou attirer de nouveaux candidats. Cette dynamique pourrait alimenter des pressions inflationnistes, un sujet de préoccupation pour la Réserve fédérale.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l'ampleur du ralentissement du marché du travail américain. La publication des chiffres officiels du département du Travail, prévue pour le 7 août 2026, devrait confirmer ou infirmer la tendance observée par ADP/Stanford Labs. Les économistes et les investisseurs surveilleront également les décisions de la Réserve fédérale, qui pourrait ajuster sa politique monétaire en fonction de l'évolution de l'emploi et de l'inflation.

Si la tendance se confirme, une baisse des créations d'emplois pourrait peser sur la consommation, un pilier de la croissance américaine. Les entreprises, déjà prudentes, pourraient réduire leurs investissements, ce qui aggraverait le ralentissement. Les secteurs les plus exposés, comme l'hôtellerie-restauration ou l'industrie, devront s'adapter à un environnement plus difficile.

Le marché du travail américain reste donc sous haute surveillance, dans un contexte où chaque indicateur économique prend une importance accrue. La publication des chiffres officiels et les réactions des marchés dans les prochains jours seront déterminantes pour anticiper la suite de cette tendance.