Près de trois jours après l'entrée massive de migrants à Ceuta, Santiago Abascal, dirigeant du parti d'extrême droite espagnol Vox, s'est rendu dimanche dans l'enclave espagnole, selon Euronews FR. Cette visite intervient après l'entrée irrégulière de plus de 50 000 migrants, une crise qui a déjà fait 72 morts, selon les autorités.

Face à la presse, le chef de Vox a attribué la responsabilité de cette crise au gouvernement marocain, mais aussi et surtout au Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. Selon lui, Rabat a agi en étant convaincu qu'il n'y aurait « ni réponse ni représailles », le chef du gouvernement étant, selon ses mots, « soumis au pays africain ».

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 50 000 migrants ont entre à Ceuta en trois jours.
  • 72 morts ont été signalés selon les autorités.
  • Le chef de Vox, Santiago Abascal, demande une militarisation de la frontière.

La position de Vox

Santiago Abascal a appelé les institutions espagnoles à traiter la crise avec davantage de fermeté. Il réclame notamment une militarisation permanente de la frontière, aussi longtemps que nécessaire, ainsi qu'un cadre juridique permettant aux forces armées, à la Police nationale et à la Garde civile d'intervenir avec les moyens qu'il juge adaptés.

Le président de Vox demande également la fermeture durable du poste-frontière du Tarajal jusqu'à ce que le Maroc apporte des garanties qu'un tel épisode ne se reproduira pas. Il a assuré que cette position relevait, selon lui, du « bon sens » et non d'une logique idéologique.

Appel à des sanctions contre le Maroc

Le chef de Vox s'est également félicité de la position de 22 pays de l'Union européenne, qui ont critiqué la politique de régularisation migratoire du gouvernement espagnol. Il a appelé Bruxelles à suspendre l'accord préférentiel conclu avec le Maroc tant que Rabat ne respectera pas, selon lui, les frontières espagnoles.

Et maintenant ?

Les ministres de l'Intérieur des États membres doivent se réunir mardi en visioconférence afin d'examiner la crise, à la demande de l'Espagne et d'autres pays. Certains responsables européens ont même évoqué une possible exclusion de l'Espagne de l'espace Schengen, des déclarations que Pedro Sánchez a qualifiées de « dépourvues de solidarité ».

La crise migratoire à Ceuta pose de nombreuses questions sur la gestion des frontières et la solidarité entre les pays européens. Il reste à voir comment les institutions espagnoles et européennes vont répondre à cette crise et quelles seront les conséquences pour les migrants et les pays concernés.