Selon FrenchBreaches, plusieurs Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) français font l’objet de revendications de cyberattaques publiées sur des forums cybercriminels. Cinq services sont concernés : le SDIS de l’Aisne, celui des Alpes-de-Haute-Provence, des Landes, de la Marne et des Alpes-Maritimes.

Ce qu'il faut retenir

  • Cinq SDIS français visés par des cyberattaques revendiquées : Aisne, Alpes-de-Haute-Provence, Landes, Marne et Alpes-Maritimes
  • Pour quatre d’entre eux, 4 878 personnes ou profils potentiellement concernés, selon les revendications
  • 20 059 fichiers et environ 35 Go de données revendiqués pour trois des services
  • L’accès administrateur revendiqué dans l’Aisne ne fournit aucun chiffre de données ou de personnes
  • Les données personnelles exposées incluent identités, coordonnées, fonctions et affectations professionnelles
  • Les chiffres annoncés proviennent des auteurs des attaques et restent à confirmer indépendamment

Des revendications multiples et des volumes variables selon les services

Cinq SDIS sont concernés par des revendications de cyberattaques, selon les éléments recueillis par FrenchBreaches. Les situations diffèrent selon les services. Pour quatre d’entre eux, les auteurs des attaques publient des chiffres précis : 4 878 personnes ou profils concernés, ainsi que 20 059 fichiers et environ 35 Go de données. Ces données proviennent directement des publications des cybercriminels et n’ont pas encore été confirmées de manière indépendante.

Le SDIS de l’Aisne se distingue des autres affaires. L’auteur de l’attaque revendique un accès administrateur à une infrastructure liée au service, ainsi qu’à plusieurs applications utilisées par les sapeurs-pompiers. Parmi les outils mentionnés figurent Agatt, Asdis, Application Foudre, Cartogip, Cloud SDIS, DFCI, GeoFERIA, MeteoFrance, MobiGIP, SIDPC et Websdise. Aucun chiffre de données ou de personnes n’est cependant communiqué pour cette intrusion.

Des données personnelles exposées dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Landes

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la revendication porte sur 145 personnes ou enregistrements, selon les auteurs. Les données publiées incluent des identités, matricules, grades, affectations, dates et lieux de naissance, coordonnées téléphoniques, adresses e-mail et postales, nationalités, ainsi que des informations sur des contacts ou proches. Les cybercriminels affirment que la base est disponible au téléchargement, mais la signification exacte du chiffre de 145 reste à confirmer.

Pour le SDIS des Landes, les revendications s’élèvent à 241 personnes ou enregistrements, 11,8 Go de données compressées et 3 205 fichiers. Parmi ces derniers, 3 204 proviendraient d’un répertoire contenant des documents privés liés au cloud, aux opérations et à d’autres activités internes. Les échantillons visibles incluent noms, prénoms, adresses e-mail professionnelles, numéros de téléphone, fonctions et informations sur les services ou groupements d’affectation.

La Marne et les Alpes-Maritimes : des volumes importants de données revendiquées

Le SDIS de la Marne fait l’objet d’une revendication portant sur 2 168 lignes de données, correspondant selon les auteurs à 2 167 personnes. Environ 700 Mo de données seraient concernés, ainsi que 1 021 fichiers, dont 1 020 documents liés aux sapeurs-pompiers et au site internet du SDIS. Les formats CSV et PDF sont mentionnés. Les échantillons publiés montrent des informations personnelles et professionnelles, mais le contenu exact des fichiers reste largement inconnu.

Dans les Alpes-Maritimes, la revendication la plus volumineuse concerne 2 331 lignes correspondant à 2 325 personnes, 22,5 Go de données et 15 833 fichiers. Parmi ces derniers, 15 832 seraient des documents liés aux sapeurs-pompiers et au site internet du SDIS. Les formats JSON et PDF sont signalés. Les échantillons incluent identités, adresses e-mail professionnelles, numéros de téléphone, fonctions, ainsi que des informations sur les compagnies, services ou affectations.

Des risques accrus d’ingénierie sociale et de phishing

Les données personnelles exposées, telles que noms, fonctions, adresses e-mail et numéros de téléphone, pourraient faciliter des campagnes de phishing ciblé ou d’ingénierie sociale. Dans le contexte des SDIS, la connaissance de la fonction ou de l’affectation d’une personne permet aux attaquants de personnaliser davantage leurs tentatives d’usurpation d’identité. La présence éventuelle de documents internes pourrait également fournir un contexte supplémentaire aux cybercriminels.

Cependant, les captures examinées ne permettent pas d’établir que les informations revendiquées ont déjà été utilisées à des fins malveillantes. Les risques restent donc potentiels et dépendent de l’exploitation qui pourrait être faite des données publiées.

Une authenticité des données à confirmer et des méthodes d’intrusion inconnues

Plusieurs éléments sont observables dans les publications, notamment les noms des SDIS ciblés, les volumes revendiqués, les nombres de fichiers annoncés et la présence d’échantillons contenant des informations personnelles. Cependant, ces captures ne permettent pas de confirmer l’origine des données, leur exhaustivité, le nombre réel de victimes ou le niveau d’accès obtenu aux infrastructures.

Les circonstances techniques restent largement inconnues. Il n’est pas possible d’établir un vecteur d’intrusion commun aux cinq affaires, ni de conclure que les SDIS auraient été compromis par une même vulnérabilité. Chaque incident semble distinct et doit être analysé séparément.

Et maintenant ?

Les autorités compétentes et les services concernés devraient procéder à une enquête approfondie pour confirmer l’authenticité des données revendiquées, évaluer l’étendue réelle des compromissions et identifier les éventuelles vulnérabilités exploitées. Une communication transparente avec les agents et les personnes concernées sera essentielle pour limiter les risques liés à l’ingénierie sociale. Les prochaines semaines pourraient apporter des éléments complémentaires, notamment via des analyses indépendantes des données publiées.

Les cinq SDIS visés — Aisne, Alpes-de-Haute-Provence, Landes, Marne et Alpes-Maritimes — doivent désormais renforcer leurs protocoles de cybersécurité et surveiller activement leurs infrastructures pour détecter d’éventuelles intrusions résiduelles. Les services de secours, dont l’activité est vitale, ne peuvent se permettre des perturbations liées à des cybermenaces.

D’après les éléments disponibles, les captures examinées ne permettent pas d’établir que les informations revendiquées ont déjà été utilisées à des fins malveillantes. Les risques d’ingénierie sociale ou de phishing restent donc potentiels et dépendent de l’exploitation qui pourrait être faite des données publiées.