Cinq Français âgés de 16 à 22 ans ont été interpellés le 23 juin 2026 dans le cadre d’une enquête pour des cyberattaques visant une dizaine d’établissements de santé en France. Selon Franceinfo - Santé, ces individus sont soupçonnés d’appartenir au groupe de pirates « Marak » et d’avoir exfiltré près de quatre millions de fiches de patients. Les autorités ont annoncé ces interpellations le 30 juin, via l’Office anticybercriminalité (Ofac), qui a détaillé les méthodes utilisées par les mis en cause.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq jeunes de 16 à 22 ans interpellés pour leur rôle présumé dans des cyberattaques contre des hôpitaux.
- Le groupe « Marak » visait spécifiquement des établissements de santé et une messagerie utilisée par les douanes.
- Quatre millions de fiches de patients compromises, selon les estimations des enquêteurs.
- Les attaques exploitaient une faille dans l’authentification des cartes professionnelles dématérialisées.
- L’enquête a débuté en juillet 2025 après une compromission dans un hôpital de la Loire.
Une enquête qui révèle l’ampleur des cybermenaces sur le secteur médical
L’enquête a été ouverte en juillet 2025 après qu’un établissement de santé situé dans la Loire ait été victime d’une compromission de ses données. Cette alerte a permis de remonter jusqu’au groupe « Marak », connu pour ses attaques ciblées contre des infrastructures critiques. Selon les informations communiquées par Nicolas Guidoux, chef de l’Ofac, les pirates exploitaient une faille humaine dans le système d’authentification des cartes professionnelles dématérialisées. « Les attaques du groupe "Marak" ciblaient spécifiquement des établissements de santé, des entreprises du secteur médical, ainsi qu’une messagerie utilisée par le service des douanes », a-t-il précisé.
Les investigations ont révélé que les cinq interpellés – dont les âges varient entre 16 et 22 ans – auraient participé à la planification et à l’exécution de ces attaques. Leur profil rejoint celui d’autres jeunes hackers impliqués dans des affaires similaires, un phénomène de plus en plus fréquent dans le paysage cybercriminel français. « Derrière les grandes fuites de données, on retrouve souvent des hackers très jeunes », a souligné un observateur du secteur, sans pour autant établir de lien direct avec cette affaire.
Des dégâts chiffrés à plusieurs millions de fiches compromises
Les conséquences de ces cyberattaques sont lourdes. Selon les estimations de l’Ofac, près de quatre millions de fiches de patients ont été exfiltrées lors de ces opérations. Ce chiffre, qui inclut des données sensibles telles que les noms, adresses, et parfois des informations médicales, illustre l’ampleur des préjudices subis par les établissements victimes. « Au total, le préjudice s’élève à près de quatre millions de fiches de patients exfiltrées », a confirmé Nicolas Guidoux.
Les établissements concernés, répartis sur l’ensemble du territoire, appartiennent principalement au secteur public hospitalier. Parmi les cibles figuraient également des entreprises privées du domaine médical, ainsi qu’une messagerie interne utilisée par les douanes. Cette diversité des victimes souligne la stratégie agressive du groupe « Marak », qui ne se limite pas à un seul type d’infrastructure.
Des méthodes sophistiquées exploitant des failles humaines
Les pirates du groupe « Marak » ont utilisé une faille dans le système d’authentification des cartes professionnelles dématérialisées pour accéder aux réseaux des établissements ciblés. Cette méthode, dite d’ingénierie sociale, repose sur la manipulation des utilisateurs pour obtenir leurs identifiants. « Les mis en cause exploitaient une faille humaine dans le système d’authentification des cartes professionnelles dématérialisées », a expliqué le responsable de l’Ofac.
Cette technique, bien que moins technique que les attaques automatisées, s’avère souvent très efficace. Elle permet aux cybercriminels de contourner les protections techniques en ciblant directement les personnes ayant accès aux données. Cette révélation met en lumière la nécessité pour les organisations de renforcer la sensibilisation de leurs équipes aux risques cyber, en plus des mesures techniques.
Un contexte marqué par une recrudescence des cyberattaques contre le secteur de la santé
Ces interpellations surviennent deux semaines après celles de personnes accusées d’appartenir à un autre groupe, « Dumpsec ». Ce rapprochement dans le temps n’est pas anodin : il reflète une intensification des actions des autorités pour lutter contre la cybercriminalité organisée en France. Contacté par Franceinfo - Santé, le parquet de Paris n’a pas immédiatement répondu sur les suites judiciaires données à ces gardes à vue.
Le secteur de la santé, déjà fragilisé par la crise sanitaire et les contraintes budgétaires, reste une cible privilégiée des cybercriminels. Les données médicales, souvent sensibles et mal protégées, représentent une manne pour les pirates, qui peuvent les monnayer sur le dark web ou les utiliser pour du chantage. Cette situation pousse les pouvoirs publics à accélérer la mise en place de dispositifs de protection renforcés.
Par ailleurs, cette affaire rappelle l’urgence d’une coopération internationale renforcée contre la cybercriminalité. Les groupes comme « Marak » opèrent souvent depuis des territoires où les législations sont moins strictes, rendant leur traque plus complexe. Les prochains mois pourraient voir l’adoption de nouvelles mesures, tant au niveau national qu’européen, pour mieux protéger les infrastructures critiques.
« Marak » est un groupe de cybercriminels soupçonné d’être à l’origine de multiples attaques contre des infrastructures critiques, notamment des établissements de santé en France. Les autorités n’ont pas encore révélé l’identité réelle de ses membres ni son organisation exacte.
Les cinq interpellés devraient être présentés à un magistrat dans les prochains jours pour une éventuelle mise en examen. Une instruction judiciaire est en cours, et les enquêteurs continuent de recueillir des preuves pour établir l’étendue des responsabilités de chacun.