Trois ans et demi après le lancement chaotique de Cyberpunk 2077, le studio polonais CD Projekt Red admet que son « arc de rédemption » n’est pas encore totalement achevé. Selon Numerama, Michał Nowakowski, co-CEO du studio, a évoqué dans la newsletter du magazine Edge, publiée le 19 juin 2026, une période « crève-cœur » qui a durablement terni la réputation de l’entreprise, autrefois saluée pour sa transparence.

Ce qu'il faut retenir

  • Le lancement de Cyberpunk 2077 en décembre 2020 a tourné au fiasco en raison de problèmes techniques massifs, notamment sur PS4 et Xbox One, entraînant des retraits des plateformes de vente.
  • Le studio a dû multiplier les mises à jour pour corriger le jeu, tout en reconnaissant avoir perdu « de manière définitive » la confiance d’une partie de son public.
  • Michał Nowakowski a déclaré que le studio n’était « pas convaincu à 100 % » d’avoir terminé son processus de rédemption, tout en espérant regagner cette confiance avec de futurs projets.
  • Pour éviter de reproduire les erreurs du passé, CD Projekt Red a renforcé ses processus internes, notamment en matière de documentation et de communication, et mise sur le moteur Unreal Engine 5 pour The Witcher 4.
  • Une vidéo technique de The Witcher 4, présentée comme tournant sur PS5, laisse planer le doute sur la faisabilité réelle des performances promises.

Lors de la sortie de Cyberpunk 2077, les attentes étaient colossales. Le RPG en monde ouvert, développé par CD Projekt Red, promettait une expérience immersive sans précédent, portée par un univers riche et une licence déjà populaire grâce à la série The Witcher. Pourtant, dès les premiers jours, les critiques ont pointé du doigt des problèmes techniques majeurs, en particulier sur les consoles de huitième génération. PS4 et Xbox One, incapables de faire tourner le jeu de manière fluide, ont forcé le studio à réagir dans l’urgence.

Les retombées ont été immédiates et brutales : le jeu a été retiré de la PlayStation Store le 11 décembre 2020, avant d’être réintégré après des correctifs massifs. Malgré les efforts déployés par CD Projekt Red pour réparer les dégâts — via plus de 50 mises à jour en deux ans —, les séquelles restent profondes. « Nous avons perdu la confiance de certaines personnes de manière définitive, et c’est tout à fait juste », a reconnu Michał Nowakowski dans les colonnes de Edge. Pour lui, le processus de rédemption n’est donc pas encore abouti, même si le studio a réussi à stabiliser le jeu et à le rendre jouable sur l’ensemble des plateformes.

« Je ne suis pas convaincu à 100 % que nous soyons allés au bout de notre arc de rédemption. [...] J’espère vraiment que nous parviendrons à regagner cette confiance — si ce n’est pas avec The Witcher 4, alors avec ce qui viendra ensuite. »
Michał Nowakowski, co-CEO de CD Projekt Red, selon Numerama

Le fiasco de Cyberpunk 2077 a aussi révélé des dysfonctionnements internes au studio. CD Projekt Red a été critiqué pour avoir surestimé les capacités techniques de PS4 et Xbox One, tout en minimisant publiquement l’ampleur des problèmes avant le lancement. Ces manquements ont ébranlé la crédibilité du studio, réputé jusqu’alors pour son approche transparente avec les joueurs. Depuis, le studio a mis en place des mesures correctives, comme un nouveau processus de documentation et une meilleure communication en amont des sorties.

Un autre changement majeur concerne le moteur graphique. Alors que Cyberpunk 2077 utilisait le REDengine 4, CD Projekt Red a choisi de basculer vers Unreal Engine 5 pour The Witcher 4. Une décision stratégique qui vise à améliorer les performances et la qualité visuelle des futurs titres, mais qui comporte aussi des risques. Début juin 2026, le studio a publié une vidéo technique de The Witcher 4, présentant un rendu graphique impressionnant sur PS5. Pourtant, comme le souligne Numerama, rien ne garantit que ces performances seront atteignables dans le jeu final. Si les attentes ne sont pas comblées, le studio s’expose à un nouveau tollé, alors qu’il peine encore à se relever du premier.

Pour éviter une répétition des erreurs passées, CD Projekt Red a adopté une approche plus prudente. Le studio a annoncé vouloir éviter de tomber dans le piège d’un calendrier de sorties trop ambitieux. « Notre rêve est de faire plus de jeux, mais nous ne voulons absolument pas devenir le genre de studio capable de sortir un jeu majeur chaque année », a précisé Nowakowski. Il a ajouté : « Nous avons un plan global sur environ dix ans. Le but n’est pas d’inonder le marché avec des jeux CDPR. Nous voulons simplement faire des jeux vraiment cool. » Cette stratégie vise à préserver la qualité et la réputation du studio, même si elle implique des délais plus longs entre les projets.

Avec The Witcher 4, déjà très attendu, CD Projekt Red se trouve à un tournant. Le jeu, dont la sortie n’a pas encore été officiellement annoncée, cristallise à lui seul les espoirs et les craintes du studio. D’un côté, le studio mise sur ce titre pour reconstruire sa relation avec les joueurs. De l’autre, la pression est immense : si The Witcher 4 ne répond pas aux attentes, notamment en termes de performances, le studio pourrait subir un nouveau revers difficile à surmonter.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour CD Projekt Red. Le studio devra concilier innovation technique et réalisme commercial, tout en rassurant une communauté de joueurs de plus en plus méfiante. La sortie de The Witcher 4 devrait intervenir d’ici fin 2026 ou début 2027, mais aucune date officielle n’a encore été confirmée. En parallèle, les rumeurs évoquent d’autres projets en développement, sans que leur nature ou leur calendrier ne soit précisé. Pour le studio polonais, l’enjeu est double : prouver qu’il a tiré les leçons de Cyberpunk 2077 tout en maintenant son ambition créative.

Ce processus de rédemption, entamé il y a plus de trois ans, n’est donc pas encore achevé. Les déclarations de Michał Nowakowski rappellent que la confiance, une fois perdue, ne se reconquiert pas en quelques mises à jour ou en un seul jeu, aussi ambitieux soit-il. Pour CD Projekt Red, le défi reste entier : transformer une page difficile en une nouvelle ère de succès, sans sacrifier ni sa réputation ni la qualité de ses productions.

Le jeu a souffert de problèmes techniques majeurs sur PS4 et Xbox One, où les performances étaient très en dessous des attentes. CD Projekt Red avait sous-estimé les limitations matérielles de ces consoles, tout en minimisant publiquement les bugs avant la sortie. Le retrait temporaire du jeu de la PlayStation Store a marqué un tournant dans la crise, qui a durablement entaché la réputation du studio.

Le studio a renforcé ses processus internes, notamment en matière de documentation et de communication en amont. Il a aussi abandonné son moteur maison (REDengine 4) au profit de Unreal Engine 5 pour The Witcher 4, afin d’améliorer les performances graphiques. Enfin, CD Projekt Red a adopté une stratégie de sortie plus prudente, évitant de s’engager sur des calendriers trop ambitieux.