Dans une proposition récente, Changpeng Zhao, alias CZ, cofondateur et ancien PDG de Binance, encourage les gouvernements à adopter massivement la tokenisation des actifs publics pour faciliter l'afflux de capitaux étrangers. Selon nos confrères du Journal du Coin, cette stratégie vise à moderniser les finances publiques tout en offrant une nouvelle classe d'actifs aux investisseurs institutionnels.

Ce qu'il faut retenir

  • CZ, figure majeure du secteur crypto, recommande aux États de tokeniser leurs actifs (immobilier, infrastructures, ressources naturelles) pour attirer les capitaux étrangers
  • Cette approche s'inscrit dans le cadre des Real World Assets (RWA), qui transforment des actifs traditionnels en jetons numériques échangeables sur blockchain
  • L'objectif affiché est de dynamiser les économies locales et de diversifier les sources de financement des États

Une stratégie portée par les RWA pour séduire les investisseurs

Les Real World Assets (RWA) représentent une innovation majeure dans le paysage financier. Ils consistent à représenter des actifs tangibles — comme des bâtiments publics, des terres agricoles ou des parts d'infrastructures — sous forme de tokens sur une blockchain. Cette tokenisation permet une liquidité accrue et un accès facilité à des marchés autrefois réservés aux investisseurs institutionnels. CZ a souligné que cette méthode pourrait « ouvrir la porte à des financements massifs » en provenance de fonds souverains ou d'investisseurs privés internationaux, comme le rapporte Journal du Coin.

Selon lui, les États qui adoptent cette technologie bénéficieraient d'un avantage concurrentiel pour attirer des capitaux, notamment dans un contexte où les taux d'intérêt restent élevés dans les économies occidentales. « Les pays en développement ou émergents pourraient tirer parti de cette manne financière pour accélérer leur croissance », a-t-il déclaré. Cette vision s'aligne avec les positions de plusieurs acteurs du secteur crypto, qui voient dans les RWA un pont entre la finance traditionnelle et l'écosystème blockchain.

Les freins et les défis à surmonter

Malgré l'enthousiasme affiché par CZ, plusieurs obstacles persistent. D'abord, la question réglementaire : la tokenisation des actifs publics nécessite un cadre juridique clair, notamment en matière de propriété, de fiscalité et de conformité anti-blanchiment. Les États devront également garantir la sécurité des infrastructures blockchain utilisées, afin d'éviter les risques de piratage ou de fraude.

Ensuite, l'adoption par les investisseurs dépendra de leur confiance dans la technologie. « Les réticences restent fortes chez les institutionnels », rappelle un expert cité par Journal du Coin. Ils craignent notamment la volatilité des actifs tokenisés ou l'absence de garanties équivalentes à celles des marchés traditionnels. Bref, pour que cette stratégie porte ses fruits, les États devront démontrer une transparence exemplaire et collaborer étroitement avec les régulateurs.

Des exemples concrets déjà à l'étude

Plusieurs pays ont déjà commencé à explorer cette piste. Aux Émirats arabes unis, par exemple, des projets pilotes visent à tokeniser des biens immobiliers ou des parts de fonds souverains. En Suisse, la Banque cantonale de Zurich a émis des obligations tokenisées, tandis qu'en Singapour, l'autorité monétaire teste des infrastructures pour des actifs publics digitalisés.

En Europe, la France et l'Allemagne suivent de près ces initiatives, bien que les discussions en soient encore au stade préliminaire. « Les discussions avec les gouvernements européens sont en cours », a indiqué un responsable de Binance à Journal du Coin, sans préciser de calendrier. Autant dire que la course est lancée pour être parmi les premiers à proposer des actifs tokenisés attractifs.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir une accélération des projets pilotes, notamment dans les pays où les régulateurs ont déjà montré une ouverture à l'innovation blockchain. Une échéance à surveiller est la conférence des Nations unies sur l'économie numérique, prévue en décembre 2026, où la tokenisation des actifs publics devrait figurer parmi les sujets phares. Reste à voir si les États parviendront à concilier innovation et stabilité juridique pour en faire un levier de croissance durable.

La proposition de CZ s'inscrit ainsi dans un mouvement plus large, où la blockchain pourrait redéfinir les frontières entre finance traditionnelle et crypto. Une chose est sûre : l'intérêt des investisseurs est là, à condition que les États relèvent le défi de la mise en œuvre.

Selon les experts interrogés par Journal du Coin, les actifs les plus susceptibles d'être tokenisés en premier sont les immobilier public (bureaux, logements sociaux), les infrastructures (aéroports, autoroutes) et les ressources naturelles (forêts, gisements miniers). Ces actifs offrent une valeur stable et des revenus prévisibles, ce qui les rend attractifs pour les investisseurs.