À Saint-Cadou, un hameau de 200 habitants niché aux confins des Monts d’Arrée et rattaché à la commune de Sizun (Finistère), une initiative originale émerge pour répondre aux défis fonciers rencontrés par les paysans locaux. Selon Ouest France, l’association Ka Douar a lancé un projet de collectivisation de l’achat des terres, afin de les louer ensuite à des agriculteurs pratiquant l’agrobiologie. Une démarche qui s’inscrit dans une logique de solidarité territoriale et de préservation des sols.

Ce qu'il faut retenir

  • Un hameau de 200 habitants dans le Finistère, Saint-Cadou, teste un modèle de collectivisation des terres agricoles.
  • L’association Ka Douar porte ce projet pour faciliter l’accès à la terre des paysans en agrobiologie.
  • L’objectif est de racheter collectivement des parcelles afin de les louer à des agriculteurs locaux.
  • Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de solidarité et de transition écologique en Bretagne.

Un projet né de la volonté locale

Depuis plusieurs années, Saint-Cadou se distingue par son esprit communautaire. Autour de ses 200 habitants, le hameau mise sur des projets collectifs pour dynamiser son territoire. L’association Ka Douar – dont le nom signifie « la terre » en breton – incarne cette philosophie. Comme l’explique l’un de ses membres, « nous voulons montrer que la terre n’est pas un actif foncier comme un autre, mais un bien commun à préserver », a-t-elle indiqué à Ouest France. Le projet, encore en phase de lancement, vise à acheter des terres pour les soustraire à la spéculation et les mettre à disposition de ceux qui souhaitent cultiver selon les principes de l’agrobiologie.

Agrobiologie et accès à la terre : un enjeu majeur

Dans une région où les prix des terres agricoles flambent et où les jeunes agriculteurs peinent à s’installer, ce modèle pourrait offrir une alternative. D’après Ouest France, l’objectif est de racheter des parcelles pour les louer à des paysans locaux, avec des baux à long terme et des loyers encadrés. « C’est une façon de sécuriser l’accès à la terre pour les porteurs de projets en agrobiologie, souvent confrontés à des difficultés financières », a précisé un porte-parole de l’association. Ce projet s’ajoute à d’autres initiatives similaires en France, mais se distingue par son ancrage territorial fort et son approche collective.

Un modèle inspiré des expériences européennes

L’idée n’est pas nouvelle en Europe, où des modèles de foncier solidaire ont déjà fait leurs preuves, notamment en Allemagne ou en Suisse. À Saint-Cadou, l’association s’appuie sur ces expériences pour adapter le concept à la réalité bretonne. « Nous avons étudié plusieurs dispositifs européens, et nous voulons créer un modèle qui corresponde à nos besoins locaux », a expliqué l’un des initiateurs du projet. Pour l’instant, les premières terres ciblées se situent autour du hameau, mais l’ambition est d’étendre le dispositif à l’échelle du Pays de Morlaix, voire au-delà.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour Ka Douar consistent à finaliser le montage juridique du projet et à lancer une campagne de financement participatif pour rassembler les fonds nécessaires. Une première acquisition est envisagée d’ici la fin de l’année 2026, si les soutiens se confirment. Parallèlement, l’association compte dialoguer avec les collectivités locales pour obtenir des subventions ou des aides techniques, essentielles pour pérenniser le dispositif. Reste à voir si ce modèle inspirera d’autres communes en Bretagne ou ailleurs en France.

Pour l’heure, l’association mise sur l’engagement des habitants et des futurs locataires. « Ce projet ne peut réussir que si la communauté s’en empare », a souligné un membre de Ka Douar. Si l’expérience s’avère concluante, elle pourrait servir d’exemple pour d’autres territoires ruraux confrontés aux mêmes enjeux.

L’association Ka Douar achète collectivement des terres grâce à des dons et des financements participatifs. Ces parcelles sont ensuite louées à des agriculteurs en agrobiologie, avec des baux à long terme et des loyers encadrés pour éviter la spéculation.