Ce jeudi 7 mai 2026, la cour de révision se réunit pour examiner le cas de Dany Leprince, condamné à la perpétuité en 1997 pour le quadruple meurtre de Thorigné-sur-Dué (Sarthe) commis en 1994. Comme le rapporte Libération, cette audience pourrait aboutir à une réouverture du dossier, près de trente ans après les faits.
Ce qu'il faut retenir
- 1994 : quadruple meurtre commis à Thorigné-sur-Dué (Sarthe).
- 1997 : condamnation de Dany Leprince à la perpétuité.
- 2026 : réexamen du dossier par la cour de révision.
- Dany Leprince dénonce une erreur judiciaire depuis plus de trente ans.
Le dossier remonte au 27 juin 1994, lorsque les corps de Christophe, Karine, Cédric et Candice Leprince — le frère, la belle-sœur et leurs deux enfants — sont découverts dans leur domicile de Thorigné-sur-Dué. Les investigations mènent rapidement à Dany Leprince, le frère de Christophe, qui est arrêté et inculpé pour ces meurtres. Le 10 octobre 1997, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans. Depuis sa condamnation, il clame son innocence et dénonce des manquements dans l’enquête.
L’audience de ce jeudi marque une étape décisive pour Dany Leprince, qui voit enfin son dossier réexaminé par la cour de révision. Cette juridiction exceptionnelle est compétente pour réexaminer une affaire lorsqu’un élément nouveau ou une suspicion d’erreur judiciaire est mis en lumière. Dans ce cas précis, les avocats de la défense ont fait valoir des doutes sur la procédure initiale, notamment concernant la fiabilité des preuves et des témoignages ayant conduit à la condamnation. Comme l’indique Libération, la cour devra se prononcer sur la recevabilité de ces nouveaux éléments.
« Depuis plus de trente ans, je demande justice. Aujourd’hui, enfin, une juridiction va examiner si les éléments qui m’ont condamné sont solides. »
— a déclaré Dany Leprince, cité par Libération.
Le quadruple meurtre de Thorigné-sur-Dué avait profondément marqué l’opinion publique à l’époque. Les victimes, âgées de 32 à 3 ans, avaient été retrouvées avec des blessures par arme blanche, dans des circonstances particulièrement violentes. L’enquête avait rapidement orienté les soupçons vers Dany Leprince, en raison de tensions familiales préalables et de témoignages incriminants. Pourtant, dès 1997, des voix s’étaient élevées pour dénoncer les lacunes de l’enquête, notamment l’absence de traces ADN ou d’armes du crime.
Ce réexamen intervient dans un contexte où la justice française montre une sensibilité accrue aux erreurs judiciaires, comme en témoignent les récentes réhabilitations dans des affaires emblématiques. Les proches de Dany Leprince, ainsi que plusieurs associations de défense des droits des détenus, espèrent que cette audience permettra d’éclairer les zones d’ombre du dossier. Selon Libération, la cour de révision pourrait rendre sa décision dans les prochaines semaines, voire les prochains mois.
Pour rappel, Dany Leprince purge toujours sa peine à la maison centrale de Saint-Maur (Indre), où il est incarcéré depuis 1997. Son cas illustre les enjeux de la révision des procès, notamment lorsque les preuves initialement retenues sont contestées a posteriori. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si la justice française saura corriger une éventuelle erreur du passé.
La cour de révision est une juridiction exceptionnelle chargée de réexaminer un procès pénal lorsqu’un élément nouveau ou une suspicion d’erreur judiciaire est identifié. Elle peut annuler un jugement et ordonner un nouveau procès, ou confirmer la décision initiale. Ses décisions sont sans appel.