L’ambassadeur des États-Unis en Zambie, Michael Gonzales, a quitté ses fonctions en laissant derrière lui une polémique. Lors de son discours de départ, prononcé début mai 2026, il a pointé du doigt la corruption qui affecte plusieurs secteurs clés du pays, notamment celui de la santé. Une intervention qui a suscité une vive réaction des autorités zambiennes, celles-ci contestant vivement ses propos.
Selon RFI, Michael Gonzales a évoqué lors de son allocution des « dysfonctionnements graves » au sein des institutions, sans pour autant citer d’exemples précis. Il a notamment souligné que « la corruption mine des domaines essentiels comme la santé, où les fonds publics se volatilisent au détriment des populations les plus vulnérables ». Une critique qui a rapidement trouvé un écho auprès des médias locaux et internationaux.
Ce qu'il faut retenir
- L’ambassadeur américain en Zambie, Michael Gonzales, a critiqué la corruption dans son discours de départ, évoquant des « dysfonctionnements graves », selon RFI.
- Il a notamment visé le secteur de la santé, où la corruption priverait les Zambiens d’un accès équitable aux soins.
- Les autorités zambiennes ont réagi vivement, contestant les accusations portées par Gonzales.
- Le discours, prononcé début mai 2026, a marqué la fin de la mission de Gonzales en Zambie.
Un discours de départ qui envenime les relations diplomatiques
Dès le lendemain de l’intervention de Michael Gonzales, le gouvernement zambien a réagi avec fermeté. Les responsables ont dénoncé une « ingérence inacceptable » dans les affaires intérieures du pays. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré que les propos de l’ambassadeur américain étaient « infondés et préjudiciables à l’image de la Zambie ».
Les tensions entre Washington et Lusaka ne sont pas nouvelles. Depuis plusieurs années, les États-Unis multiplient les rapports critiques sur la gouvernance et la transparence en Zambie, notamment dans le cadre de la lutte contre la corruption. En 2024, l’administration américaine avait déjà suspendu une partie de son aide au développement en raison de soupçons de détournements de fonds publics.
La santé, un secteur particulièrement exposé
Dans son allocution, Michael Gonzales a insisté sur l’impact concret de la corruption sur la santé des Zambiens. Selon des estimations locales, entre 20 % et 30 % des budgets alloués aux hôpitaux et aux programmes de vaccination disparaîtraient chaque année en raison de malversations. Un phénomène qui aggrave les inégalités d’accès aux soins, alors que le pays peine à atteindre les objectifs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de couverture sanitaire universelle.
Les ONG locales, comme Transparency International Zambia, avaient déjà alerté à plusieurs reprises sur ce sujet. Leurs rapports soulignent que les détournements de fonds publics dans le secteur de la santé privent des milliers de Zambiens de médicaments et d’équipements médicaux essentiels.
Quel avenir pour les relations entre les États-Unis et la Zambie ?
La réponse du gouvernement zambien laisse peu de place à l’ambiguïté. Les autorités ont convoqué l’ambassadeur américain pour lui demander des « clarifications » et pourraient envisager des mesures de rétorsion, comme le rappellent des sources diplomatiques. Une hypothèse évoquée serait la limitation des activités des ONG américaines présentes sur le sol zambien, jugées trop critiques envers le pouvoir en place.
Du côté américain, le département d’État n’a pas encore réagi officiellement. Cependant, des diplomates en poste à Lusaka ont indiqué que Washington pourrait ajuster sa politique d’aide en fonction des engagements de la Zambie en matière de transparence. Une décision attendue avant la fin du mois de mai 2026, alors que le nouveau représentant américain en Zambie n’a pas encore été nommé.
Cette polémique intervient dans un contexte où la Zambie tente de se repositionner sur la scène régionale, après des années de ralentissement économique. Pour les observateurs, cette affaire pourrait soit accélérer les réformes attendues depuis des années, soit, à l’inverse, renforcer les mécanismes de contrôle et de répression des voix dissidentes.