La metteuse en scène et comédienne Catherine Dasté, pionnière du théâtre jeune public en France, est décédée à l’âge de 92 ans, d’après Le Monde. Son parcours artistique, marqué par l’innovation et l’engagement en faveur de l’enfance, a profondément influencé le paysage culturel français. Spécialiste de la parole des enfants et fondatrice de la compagnie La Pomme verte, elle a marqué l’histoire du spectacle vivant en plaçant la voix des plus jeunes au cœur de ses créations.
Ce qu'il faut retenir
- Catherine Dasté (1933-2026) s’est éteinte, laissant derrière elle un héritage artistique exceptionnel dans le théâtre pour la jeunesse.
- Elle a fondé la compagnie La Pomme verte, dédiée à des spectacles centrés sur la parole des enfants.
- Avec le soutien de Françoise Dolto, elle a créé le premier centre dramatique pour l’enfance au théâtre de Sartrouville.
- Son approche a révolutionné la conception des spectacles pour les jeunes publics, en intégrant leur expression directe.
Une carrière dédiée à l’enfance et à la scène
Née en 1933, Catherine Dasté a consacré sa vie professionnelle à explorer les possibilités artistiques offertes par l’enfance. Elle a fondé la compagnie La Pomme verte dans les années 1970, un projet ambitieux visant à donner une place centrale aux enfants dans la création théâtrale. Ses spectacles, souvent inspirés de leurs paroles et de leurs imaginaires, ont ouvert de nouvelles perspectives pour le théâtre jeune public en France. Selon Le Monde, son travail a été salué pour sa capacité à « transformer l’écoute des enfants en une matière artistique inédite ».
Son engagement aux côtés de la célèbre pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto a marqué un tournant. Ensemble, elles ont œuvré pour la reconnaissance du théâtre comme outil d’expression et d’épanouissement pour les plus jeunes. Ce partenariat a abouti, en 1972, à la création du premier centre dramatique pour l’enfance, installé au théâtre de Sartrouville, en région parisienne. Ce lieu, pionnier en son genre, a servi de modèle pour d’autres initiatives similaires en Europe.
Un héritage reconnu et des hommages unanimes
Catherine Dasté a reçu de nombreux prix et distinctions au cours de sa carrière, notamment pour son rôle dans la démocratisation du théâtre pour la jeunesse. Ses spectacles ont été joués dans plus de 50 pays, et plusieurs générations d’artistes citent son influence comme décisive dans leur propre parcours. Dans un communiqué, la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, a salué « une artiste visionnaire dont le travail a bouleversé les codes traditionnels du théâtre pour enfants ».
Ses créations, souvent qualifiées de « théâtre-écoute », reposaient sur l’improvisation et la collecte de récits d’enfants. Parmi ses œuvres les plus marquantes figurent « La Parole en jeu » (1978) et « L’Enfant et la Règle » (1985), qui ont été étudiées dans les écoles d’art dramatique. Elle a formé plus de 200 comédiens et metteurs en scène, dont certains dirigent aujourd’hui des compagnies dédiées à la jeunesse.
Un décès qui résonne dans le monde culturel
La nouvelle de son décès a suscité une vague d’hommages dans le milieu du théâtre et de la pédagogie. Plusieurs salles parisiennes, dont le théâtre de Sartrouville – qui porte désormais son nom en hommage –, ont annoncé des hommages posthumes. La Comédie-Française, où elle avait monté un spectacle en 2010, a salué « une artiste qui a su faire entendre la voix des sans-voix ».
Des artistes comme Joël Pommerat, connu pour ses spectacles à destination des enfants, ont rappelé l’impact de son travail. « Catherine Dasté a prouvé que le théâtre pour la jeunesse pouvait être à la fois exigeant et populaire », a-t-il déclaré. Son décès intervient à quelques mois du centenaire de la naissance de Françoise Dolto, avec qui elle a partagé une vision commune de l’enfance comme force créatrice.
Le monde du théâtre et de la pédagogie devra désormais composer avec l’absence d’une figure aussi influente que celle de Catherine Dasté. Son approche, à la fois poétique et profondément humaine, continue de servir de référence pour les nouvelles générations d’artistes.
Catherine Dasté plaçait la parole des enfants au cœur de ses créations, en faisant de leur expression spontanée le matériau même du spectacle. Elle défendait l’idée que le théâtre pour la jeunesse devait être un espace de liberté et d’écoute, loin des stéréotypes traditionnels. Son approche, qualifiée de « théâtre-écoute », reposait sur l’improvisation et la collecte de récits d’enfants, comme le rapporte Le Monde.