En cet été 2026, les paysages emblématiques des calanques de Marseille ont subi une dégradation marquée par l’abandon de déchets, un phénomène qui s’est intensifié par rapport aux années précédentes. D’après Reporterre, le Parc national des calanques a alerté publiquement sur l’état des sites d’En-Vau et de Port-Pin, où les déchets jonchent désormais les arrière-plages, transformant des lieux jusqu’ici préservés en zones polluées. Dans un message publié sur Instagram, l’institution a décrit une « beauté défigurée par l’incivisme et, disons-le, l’égoïsme et la flemme de certains visiteurs ».
Ce qu’il faut retenir
- Les déchets abandonnés dans les calanques d’En-Vau et de Port-Pin ont doublé par rapport à l’été 2025, selon La Provence.
- Le Parc national des calanques a publié sur Instagram une photo révélant un amas de déchets au pied d’un panneau explicatif.
- Les responsables pointent du doigt « l’incivisme » et « l’égoïsme » de certains visiteurs, qui privilégient leur confort au détriment de l’environnement.
- Le phénomène s’inscrit dans un contexte de fréquentation touristique croissante des espaces naturels protégés.
Les images partagées par le Parc national montrent des bouteilles en plastique, des emballages alimentaires, des mégots et d’autres résidus éparpillés sur le sable, à quelques mètres seulement des eaux turquoise qui font la renommée du site. Selon La Provence, la quantité de déchets a été mesurée à plus du double de celle enregistrée lors de l’été 2025. « Voici l’état de l’arrière-plage à En-Vau en ce mois d’août… », peut-on lire sous la publication, accompagnée d’un commentaire direct : « Une beauté défigurée par l’incivisme et — disons-le — l’égoïsme et la flemme de certains visiteurs. »
Le Parc national des calanques, créé en 2012 pour protéger ce territoire méditerranéen d’exception, rappelle que ces sites sont soumis à une forte pression touristique. Chaque année, des millions de personnes viennent admirer les criques et les falaises, mais la gestion des déchets reste un défi majeur. Les autorités locales et les associations environnementales multiplient les campagnes de sensibilisation, sans parvenir à endiguer totalement le phénomène. « On se demande parfois si les messages passent », confie un agent du parc sous couvert d’anonymat.
« Une beauté défigurée par l’incivisme et — disons-le — l’égoïsme et la flemme de certains visiteurs. »
— Parc national des calanques, publication Instagram, août 2026
Ce constat intervient alors que les calanques sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2018, ce qui renforce leur statut de site à protéger. Pourtant, malgré les rappels à l’ordre et les poubelles installées en nombre, une partie des visiteurs continue de laisser traîner ses déchets, préférant souvent repartir sans se soucier de leur impact. Les déchets organiques, comme les restes de pique-nique, attirent aussi des nuisances supplémentaires : rats et goélands prolifèrent, aggravant la dégradation des lieux.
En attendant, la préservation de ces sites emblématiques repose en grande partie sur la responsabilité individuelle des visiteurs. Les autorités rappellent que chaque déchet abandonné met en péril la faune, la flore et la qualité des eaux, fragilisant un écosystème déjà menacé par le réchauffement climatique. Autant dire que l’enjeu dépasse largement le simple cadre estival.
L’abandon de déchets dans un espace naturel protégé est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 euros, conformément à l’article R. 632-1 du Code de l’environnement. En cas de pollution avérée, les peines peuvent être alourdies, notamment si les déchets mettent en danger des espèces protégées.