La campagne de déclaration des revenus 2025 s’est ouverte jeudi 9 avril, selon BFM Business. Pendant six à huit semaines, les contribuables devront compléter leur formulaire, sous peine de sanctions financières. Si la déclaration pré-remplie simplifie généralement les démarches, plusieurs nouveautés entrent cette année en vigueur. Voici ce qu’il faut absolument savoir avant de se lancer.

Ce qu'il faut retenir

  • Le barème de l’impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9 %, soit le niveau de l’inflation 2025, évitant à 200 000 foyers de basculer dans l’impôt.
  • Une nouvelle case apparaît pour préciser la nature des services à la personne bénéficiant du crédit d’impôt, dans un objectif de transparence.
  • Le taux de CSG sur les revenus du patrimoine passe de 9,2 % à 10,6 %, portant le PFU de 30 % à 31,4 %.
  • Le plafond de réduction d’impôt pour les dons aux associations est doublé, passant de 1 000 € à 2 000 € pour une réduction de 75 %.
  • Pour les locations meublées non classées sur Airbnb, le seuil du régime micro-BIC chute à 15 000 €, avec un abattement réduit à 30 %.
  • La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) s’applique désormais avec un taux minimal de 20 % pour les foyers dépassant 250 000 € (célibataires) ou 500 000 € (couples).

Un barème de l’impôt revalorisé, mais une menace évitée de justesse

Comme chaque année, le barème de l’impôt sur le revenu est ajusté, cette fois à la hausse de 0,9 %, soit l’inflation enregistrée en 2025. Une mesure qui permet à quelque 200 000 contribuables d’échapper à l’impôt, selon les estimations initiales du gouvernement. Celui-ci avait en effet envisagé, dans une version antérieure du projet de loi de finances pour 2026, de geler intégralement ce barème. Une telle décision aurait fait basculer ces foyers dans l’imposition, en l’absence de revalorisation de leurs revenus. La pression des parlementaires a finalement conduit à l’adoption de l’indexation sur l’inflation, préservant ainsi leur situation.

Crédit d’impôt « service à la personne » : une nouvelle case à cocher pour plus de transparence

Pour la première fois, les contribuables bénéficiant du crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile devront préciser, dans une nouvelle case (7DB), la nature du service rendu — garde d’enfants, assistance aux personnes âgées ou entretien du logement — ainsi que l’identité de l’employeur (salarié via Cesu, entreprise ou association). Cette mesure, entrée en vigueur avec un an de retard, vise à clarifier l’utilisation de ce dispositif, dont le coût pour l’État s’élève à plus de 7 milliards d’euros en 2026. Ce crédit d’impôt constitue ainsi la deuxième niche fiscale la plus onéreuse, derrière le crédit d’impôt recherche destiné aux entreprises.

Prélèvement à la source : le taux individualisé devient la règle pour les couples

Depuis la mise à jour du prélèvement à la source en septembre 2025, les couples mariés ou pacsés sont désormais soumis par défaut au taux individualisé. Cette méthode répartit l’impôt en fonction des revenus de chaque membre du foyer. Ceux qui souhaiteraient revenir au taux commun devront en faire la demande expressément à l’issue de leur déclaration en ligne. Une évolution qui s’inscrit dans la logique de personnalisation des prélèvements, mais qui pourrait surprendre les contribuables habitués au système antérieur.

Contribution différentielle sur les hauts revenus : un taux minimal de 20 % pour les plus aisés

Instaurée en 2025, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) s’applique cette année de manière définitive. Elle garantit un taux d’imposition minimal de 20 % pour les foyers dont les revenus dépassent 250 000 € (pour les célibataires, veufs, séparés ou divorcés) ou 500 000 € (pour les couples soumis à imposition commune). En fin d’année 2025, un acompte représentant 95 % du montant estimé a été versé. La déclaration des revenus permettra désormais de calculer le solde, à régler durant l’été 2026.

Dons aux associations : un plafond doublé pour la réduction d’impôt à 75 %

Autre changement notable : le plafond de la réduction d’impôt de 75 % sur les dons aux associations d’aide aux plus démunis passe de 1 000 € à 2 000 €. Au-delà de ce montant, la réduction s’élève à 66 %. Cette mesure ne s’applique qu’aux dons effectués à partir du 14 octobre 2025, date à laquelle les associations concernées ont été éligibles. Une incitation fiscale renforcée pour soutenir les initiatives caritatives, dans un contexte où les besoins sociaux restent importants.

Locations meublées sur Airbnb : des règles plus strictes pour les propriétaires

Les propriétaires louant des biens meublés sur des plateformes comme Airbnb voient leurs règles fiscales durcies. Désormais, le seuil de revenus pour bénéficier du régime micro-BIC dans le cadre de locations saisonnières non classées est abaissé à 15 000 € (contre 77 700 € auparavant). L’abattement fiscal est quant à lui réduit à 30 %, contre 50 % en 2024. Pour les meublés classés et chambres d’hôtes, l’abattement passe à 50 % dans la limite de 77 700 € (contre 71 % et 188 700 € pour les revenus 2024). Au-delà de ces seuils, les propriétaires sont imposés selon le régime réel, une évolution qui pourrait impacter significativement leurs revenus locatifs.

CSG : une hausse de 1,4 point sur les revenus du patrimoine

Comme le prévoit le budget de la Sécurité sociale pour 2026, le taux de CSG sur les revenus du patrimoine (hors revenus fonciers et certains placements) augmente de 1,4 point, passant de 9,2 % à 10,6 %. Cette hausse porte le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % à 31,4 %. Une mesure qui touche principalement les détenteurs de capitaux mobiliers, d’assurances-vie ou de plus-values mobilières, et qui s’ajoute aux autres ajustements fiscaux de l’année.

Impots.gouv.fr se modernise pour faciliter les démarches

Pour simplifier les déclarations, la Direction générale des Finances publiques (DGFIP) a enrichi son application mobile et son site internet. Désormais, il est possible de signaler un changement d’adresse directement en ligne, d’utiliser une messagerie sécurisée pour contacter l’administration fiscale, ou de recevoir des notifications push. L’application prend également en compte les comptes bancaires à l’étranger, les actifs numériques et les contrats de capitalisation. Une avancée notable pour les contribuables, notamment les micro-entrepreneurs, qui peuvent désormais déclarer leurs revenus via cette plateforme — une fonctionnalité inédite. Enfin, un moteur de recherche enrichi par l’intelligence artificielle permet d’interpréter les questions en langage naturel et de corriger les fautes de frappe.

Et maintenant ?

La déclaration des revenus 2025 doit être finalisée d’ici la mi-mai à mi-juillet, selon les départements. Les contribuables sont invités à vérifier attentivement les informations pré-remplies et à consulter les nouvelles cases ou rubriques ajoutées cette année. Pour les propriétaires de locations meublées ou les foyers concernés par la CDHR, un calcul précis de leurs revenus et dépenses sera indispensable pour éviter tout redressement. La DGFIP a par ailleurs annoncé que les premiers remboursements de trop-perçus interviendraient dès l’été 2026, tandis que les régularisations pour les acomptes de CDHR seront effectuées à la même période.

La CDHR s’applique aux foyers dont les revenus dépassent 250 000 € pour les célibataires, veufs, séparés ou divorcés, et 500 000 € pour les couples soumis à imposition commune. Elle garantit un taux d’imposition minimal de 20 %.

Il suffit de se connecter à son espace personnel sur impots.gouv.fr, puis de sélectionner l’option « Gérer mon adresse » dans l’onglet « Mes démarches ». La modification sera prise en compte pour les futures communications de l’administration fiscale.