D’après Futura Sciences, les fouilles menées depuis 2019 sur le site de Houchengzui, en Mongolie-Intérieure (Chine), ont permis de mettre au jour une cité néolithique vieille de plus de 4 300 ans, ainsi qu’un réseau de tunnels souterrains dont l’origine et la fonction restent encore partiellement énigmatiques. Cette découverte, rapportée en 2023 par plusieurs médias spécialisés comme Archaeology Mag et Heritage Daily, pourrait redéfinir la compréhension des stratégies défensives et urbaines de l’époque.

Ce qu'il faut retenir

  • Un site néolithique de 1,38 million de mètres carrés situé en Mongolie-Intérieure, exploré depuis 2019
  • Six tunnels souterrains, situés entre un et six mètres de profondeur, découverts sous la cité de Houchengzui
  • La ville, bâtie selon un plan ovale avec des murs concentriques et des portes surveillées, date d’il y a 4 500 ans
  • Les experts de la Chinese Academy of Social Sciences (CASS) évoquent un système défensif sophistiqué, permettant des déplacements sécurisés en cas de siège
  • Ce réseau de galeries pourrait avoir servi à acheminer du matériel ou à organiser des contre-attaques
  • Le site devrait faire l’objet de nouvelles fouilles dans les années à venir

Une cité néolithique d’une ampleur exceptionnelle

Le site de Houchengzui, situé au nord de la Chine, s’étend sur une superficie de 1,38 million de mètres carrés, soit environ 340 acres. Découvert en 2005 lors de premières prospections, il n’a été systématiquement fouillé qu’à partir de 2019, révélant des structures datées d’environ 4 500 ans. La cité, organisée selon un plan ovale, comprend un centre urbain entouré de murs concentriques et de portes supposément surveillées. Selon les archéologues, cette organisation reflète un développement urbain et politique avancé pour l’époque.

Les fouilles ont également permis de récolter des artefacts, mais c’est la découverte de six tunnels souterrains qui a particulièrement retenu l’attention des chercheurs. Ces galeries, situées entre un et six mètres sous la surface, pourraient offrir des indices sur les méthodes de défense et de survie des habitants de l’époque.

Un réseau de tunnels aux fonctions encore débattues

Dans un communiqué publié le 28 décembre 2023, la Chinese Academy of Social Sciences (CASS) a confirmé l’existence de ces six boyaux souterrains, dont les dimensions et les trajets restent à préciser. Plusieurs théories ont été avancées pour expliquer leur présence. La plus plausible, selon les experts, serait leur rôle dans la défense de la cité : ces tunnels auraient permis d’acheminer du matériel, de stocker des provisions ou encore d’organiser des sorties discrètes en cas de siège.

« Ces ouvrages offraient des capacités défensives et offensives tridimensionnelles », a expliqué un porte-parole de la CASS. Les archéologues soulignent que ce système de galeries s’inscrit dans une logique de défense avancée pour l’époque, comparable à celles observées dans les grandes cités mésopotamiennes. La cité de Houchengzui démontre ainsi que les sociétés du Néolithique en Mongolie-Intérieure avaient atteint un niveau de complexité urbaine et stratégique remarquable.

« La cité de Houchengzui illustre le développement culturel, démographique et politique majeur de cette région à l’époque néolithique. »
Chinese Academy of Social Sciences (CASS), communiqué du 28 décembre 2023

Un système défensif comparable aux plus grandes cités anciennes

La structure urbaine de Houchengzui, avec ses murs concentriques et ses portes contrôlées, rappelle les grandes cités de la Mésopotamie, bien que la Chine néolithique ait développé ses propres innovations. Les tunnels souterrains ajoutent une dimension supplémentaire à ce système défensif. Selon les chercheurs, ces galeries auraient pu servir à la fois de refuges, de voies d’approvisionnement et de points de sortie pour des contre-attaques surprises. Leur complexité suggère une planification minutieuse, typique des sociétés organisées en États émergents.

Cette découverte s’inscrit dans une série de trouvailles archéologiques récentes en Chine, qui révèlent des pratiques culturelles et technologiques bien plus avancées qu’on ne le pensait jusqu’ici. En 2023, des archéologues avaient notamment mis au jour des crânes humains transformés en objets rituels, datés de plus de 4 000 ans, dans un cimetière néolithique du nord du pays. Ces artefacts, parmi d’autres, confirment l’importance des rites funéraires et symboliques dans ces sociétés anciennes.

Et maintenant ?

Les prochaines campagnes de fouilles sur le site de Houchengzui devraient se concentrer sur l’exploration approfondie des tunnels et la datation plus précise des structures. Les chercheurs espèrent également identifier des traces d’occupation humaine ou d’activités militaires dans ces galeries. D’autres sites comparables en Mongolie-Intérieure pourraient faire l’objet de prospections similaires, dans l’espoir de reconstituer le réseau urbain et défensif de cette région à l’âge du bronze. Les résultats pourraient apporter de nouveaux éclairages sur les échanges culturels et technologiques entre la Chine et les autres civilisations asiatiques de l’époque.

Cette découverte rappelle que la Chine néolithique, souvent éclipsée par les civilisations mésopotamiennes ou égyptiennes dans l’imaginaire collectif, a développé des sociétés urbaines complexes et innovantes. Les fouilles de Houchengzui pourraient ainsi contribuer à réécrire une partie de l’histoire des premières grandes cités du monde.

Les tunnels, situés entre un et six mètres sous la surface, auraient permis de déplacer du matériel, des provisions ou des combattants sans être repérés. Leur organisation en réseau offrait une capacité de déplacement en trois dimensions, utile pour organiser des contre-attaques ou évacuer la population en cas de siège. Selon la Chinese Academy of Social Sciences, ce système s’inscrit dans une stratégie défensive avancée pour l’époque.