Le secrétaire à la Sécurité intérieure américain Markwayne Mullin a annoncé, ce lundi 8 juin 2026, que le gouvernement Trump comptait dénaturaliser 17 citoyens pour des motifs liés à la fraude ou à des infractions pénales. Selon BMF - International, cette mesure s’inscrit dans une campagne massive de dénaturalisation lancée dès le début du second mandat de Donald Trump, parallèlement à une politique d’expulsion renforcée.
Cette initiative, révélée par CBS News, concerne des individus ayant obtenu leur nationalité américaine par naturalisation. Parmi eux figurent des personnes condamnées pour des crimes graves, dont des agressions sexuelles sur mineurs ou des fraudes documentaires. BMF - International souligne que cette opération s’appuie sur l’élargissement, en 2025, des critères permettant de cibler les naturalisés jugés indignes de conserver leur statut.
Ce qu'il faut retenir
- 17 citoyens américains visés par une procédure de dénaturalisation pour fraude ou crimes, selon CBS News et BMF - International.
- Cette mesure s’inscrit dans une campagne élargie lancée par l’administration Trump dès le début de son second mandat, combinée à une politique d’expulsions massives.
- Parmi les 17 personnes, on compte des condamnations pour agressions sexuelles sur mineurs, fraude à l’immigration ou possession d’images pédopornographiques.
- En 2025, les critères de dénaturalisation ont été étendus, permettant de cibler davantage de naturalisés.
- Entre 1997 et 2017, seulement 11 procédures annuelles de dénaturalisation étaient engagées en moyenne, selon CBS News.
Une procédure légale, mais aux contours controversés
Le gouvernement américain dispose d’un cadre juridique pour révoquer la nationalité des individus ayant obtenu leur statut par fraude ou en dissimulant des antécédents judiciaires. Markwayne Mullin a justifié cette démarche en déclarant : « La citoyenneté américaine est un privilège qui doit être mérité honnêtement. Si vous venez ici, enfreignez nos lois et mentez lors de votre procédure d’immigration, vous perdez ce privilège ».
D’après BMF - International, cette position s’aligne sur la doctrine de « tolérance zéro » défendue par le procureur général par intérim Todd Blanche. Ce dernier a précisé que le ministère de la Justice appliquerait désormais une politique systématique pour sanctionner les abus du processus de naturalisation. « Nous continuerons à utiliser tous les moyens légaux pour dénaturaliser et expulser les étrangers », a-t-il ajouté.
Des profils variés, mais des infractions graves
Les 17 cas mentionnés par CBS News illustrent la diversité des situations concernées. Parmi les personnes visées, on trouve notamment :
- Un immigré haïtien condamné pour avoir abusé sexuellement de sa fille ;
- Un Mexicain reconnu coupable de réception d’images pédopornographiques ;
- Un ancien prêtre catholique colombien accusé d’abus sexuels sur mineurs ;
- Un ressortissant indien poursuivi pour dépôt de demandes de visa H-1B frauduleuses.
BMF - International rappelle que ces procédures ciblent des individus ayant obtenu leur naturalisation en fournissant de faux renseignements ou en dissimulant des condamnations antérieures. La chaîne américaine précise que ces cas ne représentent qu’une partie des plusieurs centaines de dossiers actuellement examinés par les autorités.
Un durcissement du droit depuis 2025
La possibilité de dénaturaliser des citoyens américains a été élargie en 2025, lorsque l’administration Trump a modifié les règles pour faciliter ces procédures. Auparavant, les autorités devaient prouver que la fraude avait été « matérielle » – c’est-à-dire décisive dans l’obtention de la naturalisation. Désormais, une simple omission ou une fausse déclaration peut suffire.
Selon les données de CBS News, le nombre de procédures de dénaturalisation a augmenté de 300 % depuis 2017. Pour BMF - International, cette hausse reflète une volonté politique de restreindre l’accès à la citoyenneté, notamment pour les migrants issus de pays jugés « à risque ». Les associations de défense des droits humains, comme l’ACLU, ont déjà annoncé leur opposition à cette politique, la qualifiant de discriminatoire et disproportionnée.
Réactions et perspectives politiques
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions accrues autour de la politique migratoire américaine. Les États démocrates de Californie et de New York ont déjà annoncé leur intention de contester ces dénaturalisations devant les tribunaux, arguant qu’elles violent le droit à un procès équitable.
Côté républicain, certains élus saluent une mesure « nécessaire pour protéger l’intégrité du système migratoire », tandis que d’autres appellent à un durcissement encore plus marqué, incluant l’expulsion immédiate des personnes dénaturalisées. Donald Trump, pour sa part, a réitéré son engagement en faveur d’une politique de « fermeté sans compromis » envers les migrants en situation irrégulière ou ayant commis des infractions.
Pour BMF - International, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire l’immigration légale et à renforcer les contrôles sur les naturalisations. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’ampleur réelle de cette campagne et ses conséquences sur la société américaine.
Une dénaturalisation prive l’individu de sa nationalité américaine, le rendant apatride ou le forçant à retourner dans son pays d’origine. Il perd ainsi tous ses droits liés à la citoyenneté, dont la protection consulaire, le droit de vote ou la possibilité de travailler pour le gouvernement fédéral. Selon le droit américain, ces personnes peuvent être placées en centre de rétention en vue d’une expulsion.
Plusieurs juristes et organisations de défense des droits humains estiment que ces procédures pourraient violer le droit international, notamment la Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie, ratifiée par les États-Unis. L’ONU a déjà appelé Washington à revoir sa politique, mais l’administration Trump a jusqu’ici ignoré ces critiques, arguant que ces mesures relèvent de sa souveraineté nationale.