Un député du Rassemblement National (RN) de l’Aisne, José Beaurain, est accusé d’avoir détourné des fonds publics alloués par l’Assemblée nationale pour rémunérer ses assistants parlementaires. Selon Franceinfo – Politique, qui reprend des informations publiées par Le Canard enchaîné le 25 août 2026, plusieurs de ses collaborateurs l’accusent d’avoir mis en place un système leur imposant de lui reverser la moitié de leur prime en espèces.

Ce qu'il faut retenir

  • Le député José Beaurain (RN, Aisne) est soupçonné d’avoir détourné des fonds publics destinés à ses assistants parlementaires.
  • Plusieurs collaborateurs affirment avoir dû lui remettre la moitié de leur prime en espèces, selon Le Canard enchaîné.
  • L’élu, malvoyant, bénéficiait d’une enveloppe majorée pour recruter ses assistants, mais les fonds auraient été détournés à son profit.
  • Le déontologue de l’Assemblée nationale s’est saisi de l’affaire, confirmant une enquête interne.
  • José Beaurain nie les faits et annonce vouloir porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

Un système de reversement forcé dénoncé par d’anciens collaborateurs

Le quotidien satirique Le Canard enchaîné révèle, dans son édition du 25 août 2026, les accusations portées par d’anciens assistants parlementaires de José Beaurain. Selon leurs témoignages, l’élu leur aurait imposé de lui restituer la moitié de la prime qu’ils percevaient pour leur travail. Cette prime, allouée par l’Assemblée nationale, est normalement destinée à couvrir les frais de rémunération des collaborateurs d’un député.

José Beaurain, élu dans l’Aisne et membre du groupe RN à l’Assemblée, disposait d’une enveloppe budgétaire majorée en raison de son handicap visuel. Cette enveloppe, plus importante que celle des autres députés, visait à lui permettre de recruter des assistants adaptés à ses besoins. Pourtant, selon les témoignages recueillis par Le Canard enchaîné, les fonds auraient été détournés au profit de l’élu lui-même.

Une enquête interne ouverte par le déontologue de l’Assemblée

L’affaire a été signalée à la présidence de l’Assemblée nationale, qui a confirmé à Franceinfo – Politique que le déontologue de l’institution s’était saisi du dossier. Ce dernier est chargé d’examiner les manquements éventuels aux règles déontologiques par les députés. Aucune sanction n’a encore été prononcée, mais l’enquête pourrait aboutir à des recommandations ou à des poursuites disciplinaires.

Contacté par France Inter, le parti RN a confirmé que José Beaurain, qui nie catégoriquement les faits, avait décidé de porter plainte pour se défendre. « Il s’agit d’une tentative de discrédit organisée par des anciens collaborateurs mécontents », a affirmé un responsable du parti, sans préciser si des preuves seraient apportées à l’appui de cette plainte.

Les spécificités de l’enveloppe parlementaire de José Beaurain

José Beaurain, député depuis 2022, bénéficie d’une enveloppe budgétaire particulière en raison de son handicap visuel. Cette enveloppe, plus élevée que la moyenne, est destinée à couvrir les frais liés à l’embauche d’assistants spécialisés, ainsi qu’à d’éventuels aménagements techniques ou humains. Selon les règles de l’Assemblée nationale, les fonds alloués doivent être exclusivement utilisés pour des dépenses liées à l’exercice du mandat parlementaire.

Dans ce cas précis, les accusations portent sur une utilisation détournée de ces fonds : au lieu de servir à rémunérer ses collaborateurs, une partie aurait été récupérée par l’élu sous forme d’espèces. Le Canard enchaîné évoque un montant estimé à plusieurs dizaines de milliers d’euros sur la durée du mandat de José Beaurain.

La réponse de l’élu et les suites de l’affaire

Face aux accusations, José Beaurain a choisi de contre-attaquer. Dans un communiqué relayé par Franceinfo – Politique, il affirme être la victime d’une « campagne de diffamation » menée par d’anciens collaborateurs « en désaccord avec sa ligne politique ». L’élu annonce donc porter plainte pour « dénonciation calomnieuse » afin de faire cesser, selon ses termes, « cette manipulation médiatique ».

Pourtant, l’enquête du déontologue de l’Assemblée nationale pourrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Si les faits étaient avérés, José Beaurain s’exposerait à des sanctions allant de la simple mise en garde à la suspension de son indemnité parlementaire, voire à une exclusion temporaire de l’institution. En attendant, le RN, déjà fragilisé par plusieurs affaires internes, se retrouve une nouvelle fois sous les projecteurs.

Et maintenant ?

L’enquête menée par le déontologue de l’Assemblée nationale devrait aboutir d’ici quelques semaines. Si les accusations se révèlent fondées, une procédure disciplinaire pourrait être engagée contre José Beaurain, avec un risque de sanctions financières ou politiques. Par ailleurs, la plainte déposée par l’élu pourrait, à son tour, faire l’objet d’une enquête judiciaire, en fonction des éléments apportés. Enfin, cette affaire relance le débat sur la transparence des dépenses parlementaires et la nécessité de renforcer les contrôles internes.

Cette affaire intervient dans un contexte déjà tendu pour le RN, qui a été plusieurs fois pointé du doigt pour des dérives présumées dans la gestion des fonds publics. Elle pourrait, à terme, alimenter les critiques sur l’utilisation des moyens alloués aux députés et renforcer les exigences de moralisation de la vie politique.

Si les faits sont avérés, José Beaurain pourrait faire l’objet de sanctions disciplinaires allant de la simple mise en garde à la suspension de son indemnité parlementaire, voire à une exclusion temporaire de l’Assemblée nationale. Une condamnation judiciaire pourrait, en outre, entraîner des poursuites pénales pour détournement de fonds publics.