Dans le nord de la Bulgarie, le niveau historiquement bas du Danube a révélé, sans intention de la part des riverains, les vestiges d’un jeune mammouth laineux datant de la période glaciaire. Selon Reporterre, ces ossements ont été mis au jour le mercredi 29 juillet près d’un village situé en bordure du fleuve, après que ses eaux se soient retirées bien en dessous de leur niveau habituel.
Ce qu'il faut retenir
- Des ossements de mammouth laineux découverts le 29 juillet 2026 dans le nord de la Bulgarie, près du Danube.
- Leur découverte est consécutive à un niveau exceptionnellement bas du fleuve, conséquence de conditions météorologiques prolongées.
- Un habitant local a signalé la trouvaille par hasard, permettant une identification rapide par les autorités.
- Les premières analyses suggèrent qu’il s’agit très probablement des restes d’un jeune mammouth laineux.
- Le site pourrait fournir des informations supplémentaires sur la faune de l’époque glaciaire en Europe de l’Est.
La découverte a été faite par un résident d’un village situé dans la région de Roussé, une ville bulgare frontalière avec la Roumanie. Alerté par la présence d’ossements apparents dans le lit asséché du fleuve, l’homme a prévenu les autorités locales. Immédiatement, une équipe du musée régional d’histoire de Roussé s’est rendue sur place pour examiner les vestiges.
« Il s’agit à 100 % d’un mammouth », a affirmé Nikolay Nenov, directeur du musée régional d’histoire de Roussé, auprès de l’AFP. « Les caractéristiques morphologiques correspondent parfaitement à celles d’un mammouth laineux de la période glaciaire. »
Bien que l’identification soit encore préliminaire, les experts estiment que les ossements appartiennent vraisemblablement à un individu jeune, compte tenu de la taille des fragments retrouvés. Le mammouth laineux (Mammuthus primigenius) était une espèce emblématique des steppes froides d’Eurasie il y a entre 400 000 et 4 000 ans. Sa présence en Bulgarie confirme la vaste aire de répartition de ces animaux durant le Pléistocène supérieur, époque marquée par des conditions climatiques rigoureuses.
Cette découverte survient dans un contexte de sécheresse prolongée en Europe de l’Est, ayant entraîné un étiage exceptionnel du Danube. Selon les données hydrologiques locales, le niveau du fleuve a atteint en juillet un seuil historiquement bas, comparable à celui enregistré lors de la canicule de 2003. Les autorités bulgares ont d’ailleurs mis en garde contre les risques de pénurie d’eau pour l’irrigation et l’alimentation en eau potable dans certaines zones.
Cette découverte s’ajoute à une série de trouvailles archéologiques et paléontologiques réalisées ces dernières années en Europe, liées à des variations climatiques extrêmes. En 2020, des ossements de rhinocéros laineux avaient été découverts en Pologne, également dans le lit d’un fleuve asséché. Autant dire que le Danube, à l’instar d’autres cours d’eau européens, devient un terrain de recherche privilégié pour les scientifiques lorsque les conditions le permettent.
Pour l’heure, les autorités bulgares appellent à la prudence : le site reste accessible au public, mais une surveillance est mise en place pour éviter tout pillage ou manipulation non autorisée des ossements. Une fois l’étude terminée, il est envisagé d’exposer une partie des vestiges dans le musée de Roussé, offrant ainsi au grand public un aperçu de ce lointain passé.
Le niveau exceptionnellement bas du Danube en Bulgarie s’explique par une sécheresse prolongée sur l’Europe de l’Est, combinée à des températures élevées et à une faible pluviométrie depuis plusieurs mois. Les autorités locales attribuent cette situation aux changements climatiques globaux et aux régimes de précipitations modifiés en amont du fleuve.