Selon Futura Sciences, des chercheurs ont mis en évidence la signature d'un corps parent jusqu'ici inconnu, probablement un astéroïde primitif, en étudiant un nouveau type de micrométéorites. Chaque jour, des dizaines de tonnes de poussières extraterrestres tombent sur la Terre, et en étudiant ces particules, les scientifiques ont pu découvrir des informations sur les astéroïdes qui les ont produites.

Les pluies d’étoiles filantes, comme les Perséides, illustrent l’entrée de matière extraterrestre dans l’atmosphère terrestre. Les micrométéorites, qui mesurent moins d'un millimètre, pénètrent dans l'atmosphère à plusieurs kilomètres par seconde, et fondent brièvement avant de se solidifier en minuscules billes vitrifiées, qu'on appelle sphérules cosmiques. Ces micrométéorites peuvent ensuite être récupérées dans les glaces antarctiques, les sédiments marins, ou même sur les toits de nos maisons.

Ce qu'il faut retenir

  • Les micrométéorites sont des particules extraterrestres qui tombent sur la Terre chaque jour.
  • Ces particules peuvent provenir d'astéroïdes ou de comètes.
  • Les micrométéorites peuvent être récupérées dans les glaces antarctiques, les sédiments marins, ou sur les toits de nos maisons.
  • Les scientifiques ont découvert une nouvelle catégorie de micrométéorites, baptisée SCumPo, qui proviendrait probablement d'un astéroïde primitif.
  • Ces particules ont une composition chimique et isotopique unique, qui les distingue des autres micrométéorites.

Les chercheurs ont analysé dix de ces particules, collectées dans les glaces de l'Antarctique et sur des toits urbains, et ont publié leurs résultats dans la revue Science Advances. Grâce à des analyses chimiques et isotopiques de très haute précision, ils ont montré que ces particules appartiennent en réalité à une nouvelle famille de micrométéorites, baptisée SCumPo.

Leur composition s'est révélée particulièrement singulière, avec un verre très riche en soufre, des gouttelettes métalliques riches en fer, nickel et soufre, ainsi qu'une signature isotopique de l'oxygène qui ne correspond à aucune famille de météorites actuellement connue. Certaines particules renferment même des matériaux aux compositions isotopiques différentes, preuve que leur corps parent était déjà constitué d'un mélange de matériaux primitifs.

Les simulations indiquent que ces poussières sont arrivées entre 14 et 17 kilomètres par seconde, une vitesse compatible avec une origine au sein d'un astéroïde géocroiseur évoluant sur une orbite relativement excentrique. Les météorites ne racontent peut-être pas toute l'histoire du Système solaire, car certaines familles pourraient produire essentiellement de fines poussières, tandis que leurs fragments plus massifs seraient trop friables pour survivre à la traversée de l'atmosphère ou simplement trop rares pour être découverts.

Et maintenant ?

Les scientifiques estiment que cette pluie de micrométéorites dure probablement depuis plus d'un million d'années, ce qui suggère une source stable plutôt qu'un événement exceptionnel comme la destruction récente d'un astéroïde. Les micrométéorites pourraient révéler l'existence d'autres corps parents encore inconnus et aider les astronomes à retrouver ces « astéroïdes fantômes », dont nous ne connaissons aujourd'hui que les minuscules grains qui tombent silencieusement sur notre Planète.

En conclusion, l'étude des micrométéorites offre un nouvel outil pour explorer les populations d'astéroïdes les plus discrètes du Système solaire, et les découvertes récentes suggèrent que les météorites ne reflètent peut-être qu'une partie de la diversité des astéroïdes.