Une équipe de chercheurs vient de mettre au point un revêtement innovant destiné aux constellations de satellites en orbite terrestre. Selon Numerama, cette solution, baptisée « plus noire que noire », vise à limiter l’impact des milliers d’engins artificiels sur les observations astronomiques du ciel nocturne.

Ce qu'il faut retenir

  • Un revêtement « plus noir que noir » développé pour réduire la pollution lumineuse des satellites
  • Objectif : préserver la qualité des observations astronomiques nocturnes
  • Ce matériau pourrait être appliqué aux futures générations de satellites en orbite basse
  • Les constellations comme Starlink ou OneWeb pourraient adopter cette solution
  • Une initiative qui s’inscrit dans un contexte de multiplication des satellites artificiels

Un revêtement révolutionnaire pour atténuer la lumière parasite

Les satellites en orbite basse, notamment ceux des constellations comme Starlink ou OneWeb, réfléchissent la lumière solaire et perturbent les observations astronomiques. Selon les chercheurs, ce nouveau revêtement, conçu pour absorber plus de 99 % de la lumière incidente, pourrait réduire considérablement leur visibilité depuis le sol. D’après Numerama, ce matériau, encore en phase de tests, serait capable de rendre les satellites quasi indétectables à l’œil nu lors des observations nocturnes.

Le projet, mené par une équipe internationale de physiciens et d’ingénieurs, s’appuie sur des technologies de pointe en matière de matériaux absorbants. Les premiers échantillons, testés en laboratoire, ont montré une capacité à absorber jusqu’à 99,5 % du spectre lumineux visible, un résultat bien supérieur aux revêtements classiques utilisés actuellement.

Une réponse à l’essor des mégaconstellations en orbite

Depuis quelques années, le nombre de satellites artificiels en orbite terrestre basse a explosé. Numerama rappelle que SpaceX, avec sa constellation Starlink, compte déjà plus de 5 000 satellites lancés, tandis que d’autres projets, comme ceux de OneWeb ou Amazon (Kuiper), prévoient d’ajouter des milliers d’engins supplémentaires dans les années à venir. Autant dire que la problématique de la pollution lumineuse devient un enjeu majeur pour les astronomes du monde entier.

Les observations des télescopes terrestres sont déjà perturbées par ces traînées lumineuses, comme l’a souligné l’Union astronomique internationale (UAI) dans plusieurs rapports récents. Sans une solution adaptée, les astronomes craignent une dégradation progressive de la qualité des données recueillies, notamment pour les études portant sur les astéroïdes, les exoplanètes ou les galaxies lointaines.

Des défis techniques et réglementaires à relever

Si ce revêtement représente une avancée majeure, son déploiement à grande échelle pose plusieurs défis. Numerama indique que les tests en conditions réelles, notamment en orbite, ne débuteront pas avant 2027. Par ailleurs, son adoption par les opérateurs de satellites dépendra de son coût de production et de sa durabilité dans l’environnement spatial, où les températures et les radiations sont extrêmes.

Les scientifiques envisagent également une collaboration avec les agences spatiales et les régulateurs pour encadrer l’utilisation de ce matériau. « Il faudra que les entreprises spatiales s’engagent à appliquer ces revêtements sur leurs satellites », a déclaré un chercheur impliqué dans le projet. « Sinon, l’efficacité de la solution sera limitée. »

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à finaliser les tests en laboratoire avant de passer à des essais en orbite, prévus pour 2027. Si les résultats sont concluants, les fabricants de satellites pourraient intégrer ce revêtement dès 2028. Numerama précise que l’Agence spatiale européenne (ESA) et la NASA suivraient de près ces développements, dans l’espoir de voir émerger une norme internationale pour limiter la pollution lumineuse des satellites.

En attendant, les astronomes appellent à une prise de conscience collective. « Chaque satellite compte, et chaque reflet de lumière supplémentaire peut compromettre des années de recherche », a rappelé un astronome du CNRS cité par Numerama. Une chose est sûre : sans une réponse concertée, le ciel étoilé tel qu’on le connaît pourrait devenir une denrée rare.