Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, une nouvelle catégorie de conflits conjugaux apparaît dans les tribunaux russes, comme le rapporte Courrier International. Des militaires revenus du front poursuivent leurs ex-compagnes pour récupérer l’argent qu’ils leur avaient laissé gérer pendant la guerre.
En analysant les bases des données judiciaires russes, le média indépendant russe Verstka a identifié au moins 54 actions en justice intentées par des anciens militaires pour un montant total de demandes qui dépasse 95 millions de roubles, soit un peu plus de 1 million d’euros. Selon l’enquête, les jugements se multiplient : au moins 29 décisions ont déjà été rendues en 2025, alors que les premières affaires étaient apparues dès la première année de la guerre.
Ce qu'il faut retenir
- 54 actions en justice intentées par des anciens militaires
- Un montant total de demandes qui dépasse 95 millions de roubles
- Les jugements se multiplient, avec au moins 29 décisions rendues en 2025
Les conflits conjugaux
Le mécanisme est souvent similaire. Avant de partir combattre, les soldats laissent à leurs épouses ou compagnes leur carte bancaire ou leur donnent procuration pour gérer les dépenses de famille. Lorsque la relation se termine, certains militaires exigent alors le remboursement de l’argent dépensé pendant leur absence, accusant leurs anciennes partenaires d’“enrichissement injustifié”.
Les juges donnent toutefois rarement raison aux militaires. Selon les calculs du média, ces derniers ne remportent qu’environ 35 % des procès. Les tribunaux rejettent souvent ces plaintes au nom de la “vie familiale”, considérant que l’argent profite au foyer avec l’accord tacite du soldat.
Les procédures judiciaires
Ces procédures sont par ailleurs facilitées par la numérisation de la justice russe. Comme le note Verstka, un militaire peut aujourd’hui déposer une demande de divorce ou engager une action en justice directement depuis le front, grâce au système électronique des tribunaux et à l’identification par le portail des services publics.
Il peut ensuite mandater un avocat ou un proche pour le représenter, les procurations étant parfois signées directement dans les unités militaires ou les hôpitaux. Un avocat de la région de l’Altaï, interrogé sous couvert d’anonymat par Verstka, explique que « aujourd’hui, ce que l’on voit le plus, ce sont les litiges autour des indemnités : les mères, les pères, les sœurs se déchirent au tribunal ».
En conclusion, les conflits conjugaux liés aux primes de guerre des militaires russes sont un phénomène nouveau et complexe qui nécessite une attention particulière. Les décisions des tribunaux et les réactions des autorités russes seront cruciales pour résoudre ces conflits et protéger les droits des militaires et de leurs familles.
