Face à la multiplication des tensions autour du détroit d'Ormuz, l'un des principaux armateurs grecs, Evangelos Marinakis, a pris position en faveur d'un péage pour traverser cette zone stratégique. Selon BFM Business, le milliardaire a estimé que payer entre 100 000 et 200 000 dollars – selon la taille des navires – serait préférable à un blocage prolongé du trafic maritime, alors que les perturbations se multiplient dans cette région.
Intervenant mardi lors d'une conférence à Athènes, dont les échanges ont été rapportés par le Financial Times, Marinakis a déclaré : « Même si nous devions payer des frais, pour moi, ce serait bien mieux que d'avoir des détroits bloqués. » Pour lui, cette solution permettrait d'éviter les risques de ruptures d'approvisionnement en pétrole et en gaz, essentiels pour l'économie mondiale. Propriétaire des clubs de football de l'Olympiakos du Pirée et de Nottingham Forest, le milliardaire dirige Capital Maritime, l'une des plus grandes compagnies maritimes grecques, dont la fortune est estimée à 7 milliards de dollars par Forbes – une progression de 43 % en un an.
Ce qu'il faut retenir
- Evangelos Marinakis, armateur grec et propriétaire de clubs de football, propose de payer un péage pour traverser le détroit d'Ormuz afin d'éviter des blocages prolongés.
- Il suggère un droit de passage compris entre 100 000 et 200 000 dollars selon la taille des navires ou des cargaisons.
- Le détroit d'Ormuz, point de passage clé pour le pétrole et le gaz mondiaux, connaît des perturbations récurrentes depuis plusieurs années.
- L'Iran, qui contrôle cet axe, a créé une entité dédiée pour gérer le trafic et percevoir des redevances, une initiative rejetée par les États-Unis, l'Europe et plusieurs pays du Golfe.
- Marinakis dirige Capital Maritime, l'une des plus grandes compagnies maritimes grecques, avec une fortune estimée à 7 milliards de dollars.
Un positionnement isolé dans le secteur maritime
La proposition de Marinakis contraste fortement avec la position défendue par la majorité des armateurs et le gouvernement grec. Comme le rappelle BFM Business, George Prokopiou, PDG de la compagnie Dynacom, a réaffirmé l'attachement de la Grèce à la « gratuité » du détroit d'Ormuz. Il a souligné : « La Grèce a pour tradition de briser les blocus », évoquant même le rôle joué par ses navires pendant les périodes de guerre.
Cette divergence illustre les tensions au sein du secteur maritime. Si certains acteurs privilégient la liberté de circulation, Marinakis, dont la flotte s'étend avec de nouveaux investissements, mise sur une approche pragmatique. Pour lui, le statu quo actuel, marqué par des interruptions répétées du trafic, coûte bien plus cher aux entreprises que le paiement d'un péage. Une position qui reflète aussi l'augmentation de sa fortune, alimentée par une expansion stratégique de ses activités.
Le détroit d'Ormuz, enjeu géopolitique et économique majeur
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, est au cœur de tensions géopolitiques croissantes. Depuis plusieurs semaines, l'Iran a renforcé son contrôle sur cette zone en créant l'Autorité du détroit du Golfe, une entité chargée de gérer le trafic et de percevoir des redevances. Cette initiative s'inscrit dans un contexte de négociations tendues entre Téhéran et Washington, où la question de la liberté de navigation reste un point de friction.
Si l'idée d'un péage permanent est rejetée par les États-Unis, l'Europe et plusieurs pays arabes, certains États du Golfe, comme le Qatar, se montrent plus ouverts à des solutions temporaires. Le Qatar a notamment évoqué la possibilité de frais provisoires pour financer le déminage du détroit, tout en réaffirmant son opposition à une taxation permanente. Ces propositions restent en suspens, dans l'attente des prochaines étapes des discussions internationales.
Marinakis, un acteur incontournable du transport maritime
Avec une fortune passée de 4,9 à 7 milliards de dollars en un an, Evangelos Marinakis incarne la réussite d'une dynastie d'armateurs grecs. À la tête de Capital Maritime, il a su diversifier ses investissements, tant dans le secteur maritime que dans les médias et le sport. Son empire, qui inclut des participations dans des chantiers navals et des flottes modernes, lui permet de jouer un rôle clé dans les débats sur la navigation internationale.
Pour Marinakis, la question n'est pas seulement financière, mais aussi stratégique. Dans un contexte où les risques de blocages prolongés menacent les chaînes d'approvisionnement mondiales, son approche pragmatique pourrait inspirer d'autres acteurs du secteur. Reste à savoir si cette proposition trouvera un écho auprès des autorités iraniennes ou des autres parties prenantes.
Quoi qu'il en soit, la position de Marinakis a le mérite de placer le débat sur le plan économique, là où les autres acteurs privilégient souvent des arguments géopolitiques. Une chose est sûre : dans un monde où les tensions persistent, la question du détroit d'Ormuz ne sera pas résolue en un jour.
Le détroit d'Ormuz est le point de passage obligatoire pour près de 20 % du pétrole mondial et une part importante du gaz naturel liquéfié (GNL). Tout blocage prolongé de cette zone pourrait entraîner une hausse des prix de l'énergie et perturber les approvisionnements mondiaux, d'où l'importance des négociations en cours.
Outre la position grecque de défense de la liberté de circulation, certains pays comme le Qatar ont évoqué des frais temporaires pour financer des opérations spécifiques, comme le déminage du détroit. Cependant, aucune solution concrète n'a encore été adoptée à l'échelle internationale.