Les marchés asiatiques ont enregistré mardi des hausses significatives, portés par l’espoir d’une réouverture rapide du détroit d’Ormuz, artère stratégique du commerce mondial du pétrole. Selon Le Figaro, l’indice Nikkei de Tokyo a progressé de 2,92 % pour atteindre 65 828 points vers 1 h GMT, tandis que le Topix, indice élargi, gagnait 1,44 % à 4 018 points. À Séoul, le Kospi a bondi de 3,51 % pour s’établir à 6 582 points. Ces performances s’inscrivent dans un contexte de repli des cours du pétrole, le baril de WTI perdant 0,50 % à 75,41 dollars, et le Brent cédant 0,30 % à 79,14 dollars.
Ce qu’il faut retenir
- Le Nikkei a progressé de 2,92 % à 65 828 points, et le Kospi de 3,51 % à 6 582 points grâce à l’espoir d’une détente au Moyen-Orient.
- Les cours du pétrole ont reculé sous les 80 dollars le baril, avec un WTI à 75,41 dollars et un Brent à 79,14 dollars.
- Washington et Téhéran mènent des négociations pour rouvrir le détroit d’Ormuz, où transitait avant le conflit un cinquième du brut mondial.
- Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a évoqué des « progrès » dans les discussions avec l’Iran et Oman.
- Le yen japonais s’échangeait à 157,54 yens pour un dollar, après une intervention conjointe des États-Unis et du Japon pour soutenir sa valeur.
- Les analystes anticipent un accord « aujourd’hui ou demain » pour rouvrir le détroit, bien qu’aucun texte définitif n’ait encore été signé.
Des négociations en cours pour une réouverture stratégique
La baisse des cours du pétrole s’explique directement par l’espoir d’une réouverture du détroit d’Ormuz, où transitait autrefois jusqu’à 20 % du brut mondial. Selon Le Figaro, Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a confirmé mardi que des « progrès » avaient été réalisés dans les négociations avec l’Iran et Oman, pays dont les côtes bordent cette voie maritime. « Aucun accord définitif n’a encore été conclu. Nous espérons que cela se fera très prochainement », a-t-il précisé.
Cette déclaration a suffi à faire baisser les prix du pétrole, alors que le marché reste sous tension depuis la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran. Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a même évoqué un possible accord « aujourd’hui ou demain » pour rouvrir le détroit. Les cours du WTI et du Brent ont ainsi poursuivi leur repli mercredi matin, reflétant l’optimisme des investisseurs.
Les Bourses asiatiques en hausse, portées par la technologie
Les places boursières d’Asie ont profité de cette dynamique positive, avec des gains particulièrement marqués dans le secteur technologique. Au Japon, les titres du Nikkei et du Topix ont été dopés par la tendance observée la veille aux États-Unis, où les valeurs technologiques avaient déjà bien performé. « Les cours du pétrole brut ont reculé en raison des perspectives de réouverture des voies maritimes dans le détroit d’Ormuz », ont expliqué les experts de Monex Securities. « De quoi encourager une vague d’achat sur le marché japonais, dans le sillage de la tendance positive observée aux États-Unis ».
À Séoul, l’indice Kospi a également enregistré une forte progression, portée par les mêmes facteurs. Les analystes soulignent que cette hausse s’inscrit dans un contexte de repli des tensions inflationnistes, rendu possible par la baisse des prix de l’énergie. Une situation qui pourrait limiter les risques de durcissement monétaire de la part des banques centrales.
Un yen japonais soutenu par une intervention conjointe
La devise japonaise a également bénéficié de cette dynamique, se stabilisant à 157,54 yens pour un dollar vers 1 h 10 GMT. Cette performance intervient après une intervention conjointe des États-Unis et du Japon vendredi dernier pour soutenir la valeur du yen, qui avait atteint son plus bas niveau en 40 ans face au dollar, à près de 164 yens. Tokyo et Washington ont réaffirmé lundi leur volonté d’agir à nouveau si nécessaire, afin de rééquilibrer les échanges et éviter des déstabilisations financières.
Les analystes estiment que les États-Unis ont tout intérêt à renforcer le yen pour éviter que le Japon ne vende massivement la dette américaine qu’il détient. Une dépréciation excessive du yen pourrait en effet peser sur l’économie japonaise et compliquer la gestion de la dette publique.
« Maintenant que les passions se sont quelque peu calmées de part et d’autre, il est peut-être possible de parvenir à un accord. Je m’attends toujours à ce qu’un mauvais accord finisse par être conclu, qui permettra aux États-Unis de revendiquer une forme de victoire, mais laissera de nombreuses questions en suspens. »
— Robert Yawger, analyste chez Mizuho Securities USA (cité par Bloomberg)
Un marché sous tension, mais résilient
Malgré l’optimisme ambiant, certains experts appellent à la prudence. Michael Wan, analyste chez MUFG, a souligné dans une note que les marchés faisaient abstraction d’une éventuelle résurgence du conflit pour se concentrer sur l’issue des négociations. « Jusqu’à présent, l’impact sur les prix du pétrole s’est révélé plus modéré que ne le laissaient présager les perturbations annoncées de l’offre », a-t-il noté. Il ajoute que cette résilience s’explique en partie par une baisse inattendue des importations de pétrole de la Chine, bien plus marquée que prévu.
Cependant, il met en garde : « Des chocs ultérieurs sont assurément à prévoir ». Les tensions géopolitiques dans la région restent vives, et une escalade militaire pourrait rapidement faire remonter les prix de l’énergie, perturbant à nouveau les marchés. Dans l’immédiat, les investisseurs adoptent donc une attitude attentiste, espérant que les négociations aboutiront sans nouveau coup de théâtre.
Dans ce contexte incertain, les analystes s’accordent à dire que la prudence reste de mise. Les prochains jours pourraient apporter des réponses claires, mais pour l’heure, le marché mise sur un dénouement positif, sans pour autant exclure un retournement de situation.
Avant le conflit actuel, le détroit d’Ormuz était une voie maritime majeure pour le transport du pétrole : jusqu’à 20 % du brut mondial y transitait chaque jour. Une fermeture prolongée du détroit entraînerait une pénurie d’offre et une flambée des prix, ce qui pèse sur la croissance économique et les marchés financiers. Sa réouverture, même partielle, est donc perçue comme un soulagement pour les investisseurs.
Les pays les plus vulnérables sont ceux qui dépendent fortement des importations de pétrole en provenance du Moyen-Orient, comme le Japon, la Corée du Sud, la Chine ou encore l’Inde. Une fermeture du détroit entraînerait une hausse des coûts énergétiques pour ces économies, avec des répercussions sur leur croissance et leur inflation.