Alfie et Bailey, deux beagles génétiquement modifiés, ne produisent plus de quantité détectable de Can f 1, le principal allergène canin, selon Futura Sciences. Cette prouesse génétique pourrait ouvrir de nouvelles perspectives aux personnes allergiques, mais elle soulève encore de nombreuses questions.
Ce qu'il faut retenir
- Les chercheurs de la société américaine Kindred Companion Sciences ont ciblé Can f 1, l'un des principaux allergènes canins.
- Ils ont effectué une très petite modification dans le gène qui commande sa fabrication à l'aide de Crispr-Cas9.
- Les cellules modifiées ont ensuite servi à créer des embryons par transfert nucléaire, une méthode proche du clonage.
Le contexte de l'étude
Les éternuements, les yeux qui piquent, le nez bouché, les crises d'asthme sont des symptômes courants chez les personnes allergiques aux chiens. Contrairement à une idée répandue, les poils eux-mêmes ne sont pas responsables de ces réactions. La réaction vient de protéines présentes notamment dans la salive et les squames de l'animal.
Une étude publiée dans The CRISPR Journal explore une solution inédite. Plutôt que de calmer l'allergie chez l'humain avec des médicaments, des chercheurs ont tenté de supprimer directement chez le chien la principale protéine responsable.
Les résultats de l'étude
Les chercheurs ont trouvé que les deux chiens, Alfie et Bailey, ne produisaient plus aucune quantité détectable de Can f 1 dans leur salive, leurs poils ou leurs squames. Ils n'ont pas non plus trouvé de modification involontaire dans les 413 zones du génome considérées comme les plus à risque.
Le test cutané réalisé sur un volontaire sensibilisé à Can f 1 a également montré que les échantillons provenant d'Alfie et Bailey n'ont produit aucun signe visible, qu'ils viennent de leur salive ou de leurs squames.
Les limites de l'étude
Ce résultat prometteur ne signifie pas encore que toutes les personnes allergiques pourraient vivre avec Alfie ou Bailey sans aucun risque. Can f 1 est un allergène majeur, mais ce n'est pas le seul. D'autres protéines canines, appelées Can f 2 à Can f 6, peuvent également provoquer une rhinite, des démangeaisons ou une crise d'asthme.
Chaque personne possède en effet un profil allergique différent. Un allergologue peut rechercher les anticorps dirigés contre plusieurs de ces protéines. Une personne uniquement allergique à Can f 1 pourrait donc théoriquement mieux tolérer ces chiens, tandis qu'une personne sensible à plusieurs allergènes pourrait encore présenter des symptômes.
Les chercheurs de la société américaine Kindred Companion Sciences continueront à étudier ces chiens pour voir comment leur organisme évolue avec le temps et si leur absence de production de Can f 1 a des effets à long terme sur leur santé.