Deux projets de parcs éoliens prévus à proximité de la réserve biologique intégrale de la montagne Pelée, en Martinique, risquent de compromettre un gîte de chiroptères classé d’intérêt prioritaire pour l’île. Selon Reporterre, ces installations, destinées à compléter le parc déjà existant de Grand’Rivière, pourraient impacter directement une espèce protégée dont l’habitat se situe en bordure de cette zone naturelle sensible.
Ce qu'il faut retenir
- Deux nouveaux parcs éoliens doivent être implantés près de Grand’Rivière, en Martinique, aux abords de la réserve de la montagne Pelée.
- Ces projets menacent un gîte de chauves-souris classé d’intérêt prioritaire majeur pour l’île.
- Trois associations – la SFEPM, le Groupe chiroptères de Guadeloupe et l’ASFA – alertent sur les risques encourus par les chiroptères.
- La réserve biologique intégrale de la montagne Pelée est une zone protégée où la biodiversité est strictement préservée.
Des installations prévues en bordure d’une réserve naturelle
Les deux parcs éoliens, dont la localisation exacte n’a pas encore été précisée, doivent être construits à proximité immédiate du site existant de Grand’Rivière. Ce dernier, déjà opérationnel, se trouve en lisière de la réserve biologique intégrale de la montagne Pelée, un espace protégé où les activités humaines sont strictement encadrées. Selon les associations, l’implantation de ces nouvelles éoliennes pourrait perturber un gîte de chiroptères, un habitat classé comme prioritaire pour la préservation des chauves-souris en Martinique.
Les chiroptères, souvent négligés dans les débats sur la transition énergétique, jouent pourtant un rôle clé dans les écosystèmes. Leur protection est d’autant plus cruciale en Martinique, où plusieurs espèces endémiques sont déjà menacées par la perte d’habitat et les changements climatiques.
Les associations montent au créneau
Trois organisations – la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM), le Groupe chiroptères de Guadeloupe et l’Association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA) – ont conjointement tiré la sonnette d’alarme. Dans un communiqué, elles soulignent que le gîte menacé abrite des espèces protégées et que son altération pourrait avoir des conséquences irréversibles sur la biodiversité locale.
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Ces projets éoliens risquent de fragmenter un habitat déjà fragile, alors que les chauves-souris jouent un rôle essentiel dans la pollinisation et la régulation des insectes. Leur disparition aurait des répercussions en cascade sur tout l’écosystème »,a déclaré un représentant de la SFEPM, cité par Reporterre.
Un contexte énergétique en tension
Ces parcs éoliens s’inscrivent dans la stratégie martiniquaise de développement des énergies renouvelables, visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles. Pourtant, leur localisation pose question. La montagne Pelée, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2023, est un site naturel d’une grande fragilité. Les associations rappellent que toute nouvelle infrastructure en bordure de cette réserve doit faire l’objet d’études d’impact approfondies.
D’après les porteurs de projet, des mesures d’atténuation seraient prévues pour limiter les nuisances. Cependant, les associations restent sceptiques : «
Les études d’impact réalisées jusqu’ici ne prennent pas suffisamment en compte les spécificités des chiroptères, des animaux nocturnes et sensibles aux perturbations sonores et lumineuses »,a précisé un membre de l’ASFA.
La question de l’équilibre entre transition énergétique et préservation de la biodiversité reste donc entière. En Martinique, comme ailleurs, les projets d’énergies renouvelables se heurtent parfois aux impératifs de la conservation, rappelant que la durabilité ne peut faire l’économie d’une approche globale.
Les chauves-souris jouent un rôle clé dans la pollinisation des plantes et la régulation des populations d’insectes. En Martinique, plusieurs espèces endémiques sont déjà menacées par la déforestation et les changements climatiques. Leur disparition pourrait déséquilibrer tout l’écosystème local, notamment en perturbant la reproduction de certaines plantes.