Isabelle Rome ne portera plus officiellement le titre d’ambassadrice pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Selon Libération, l’exécutif a décidé de lui confier parallèlement la gestion des dossiers liés aux droits humains, tout en mettant un terme, discrètement, à la fonction spécifique dédiée à la diplomatie féministe.

Ce qu'il faut retenir

  • L’ambassadrice Isabelle Rome, en poste depuis 2022, se voit désormais chargée des droits de l’homme en France en plus de ses missions initiales.
  • La fonction dédiée à l’égalité entre les femmes et les hommes, créée sous la précédente législature, est supprimée « en catimini ».
  • Cette décision intervient dans un contexte où la France affirmait pourtant renforcer sa diplomatie féministe.

La suppression de ce poste s’inscrit dans une reconfiguration des missions diplomatiques françaises. Isabelle Rome, qui occupait le poste d’ambassadrice pour l’égalité femmes-hommes depuis 2022, voit donc son périmètre élargi. Libération souligne que cette décision a été prise sans communication officielle, d’où le terme « en catimini » utilisé par le quotidien. Jusqu’alors, cette fonction était distincte de celle d’ambassadrice pour les droits de l’homme, bien que les deux domaines puissent sembler complémentaires.

Contacté par Libération, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères n’a pas encore réagi publiquement à cette annonce. Pourtant, cette suppression interroge, d’autant que la France a régulièrement affiché son engagement en faveur de l’égalité de genre sur la scène internationale. En 2023, le président de la République avait réaffirmé cette priorité lors du Forum Génération Égalité, organisé à Paris sous l’égide de l’ONU.

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Cette suppression intervient alors que le ministère avait, par le passé, mis en avant la nécessité de disposer d’une représentation dédiée à la diplomatie féministe. En 2021, la création de ce poste avait été saluée comme une avancée majeure pour la visibilité des enjeux de genre dans la politique étrangère française. Pourtant, aujourd’hui, cette fonction disparaît sans explication officielle. « C’est une mesure qui prend de court les associations et les partenaires internationaux », confie une source proche du dossier à Libération.

Une diplomatie féministe en question

La disparition de ce poste soulève des interrogations sur l’avenir de la diplomatie féministe française. Depuis plusieurs années, Paris se présentait comme un acteur clé en la matière, notamment à travers l’organisation du Forum Génération Égalité en 2021. La suppression de ce poste pourrait-elle être interprétée comme un désengagement ? Rien ne permet de l’affirmer pour l’instant, mais l’absence de communication officielle alimente les spéculations.

Isabelle Rome, qui a occupé ce poste pendant quatre ans, a toujours défendu une approche intégrée des droits des femmes dans les politiques étrangères. Dans une interview accordée à Libération en 2024, elle affirmait : « La diplomatie féministe ne peut se limiter à une fonction symbolique. Elle doit s’incarner dans des actions concrètes, des financements et des partenariats stratégiques. » Son nouveau rôle, désormais centré sur les droits humains, pourrait-il permettre de maintenir cette dynamique ? La question reste ouverte.

Quelles conséquences pour les partenaires internationaux ?

La France était perçue comme un leader en matière de diplomatie féministe, notamment grâce à la création de ce poste dédié. Son abolition risque donc d’être interprétée comme un recul par certains de ses partenaires, comme le Canada, l’Allemagne ou les pays nordiques, avec lesquels elle collabore étroitement sur ces enjeux. Libération rappelle que ces pays avaient salué la création du poste d’ambassadrice pour l’égalité femmes-hommes, y voyant une preuve de l’engagement français.

Par ailleurs, cette suppression intervient alors que l’Union européenne renforce ses propres initiatives en faveur de l’égalité de genre. En juin 2025, la Commission européenne a adopté une stratégie ambitieuse pour lutter contre les violences faites aux femmes, incluant des mécanismes de suivi renforcés. La France, en supprimant un outil dédié, pourrait-elle se retrouver en décalage avec ces évolutions ?

Et maintenant ?

Reste à savoir si cette suppression s’accompagnera d’une réorganisation des moyens alloués à la diplomatie féministe. Le Quai d’Orsay pourrait officialiser cette décision dans les prochaines semaines, voire les prochains mois, lors d’une conférence de presse ou d’un communiqué. Pour l’heure, aucune date n’a été avancée par le ministère. Une chose est sûre : les associations féministes et les partenaires internationaux suivront cette affaire de près, notamment lors du prochain sommet du G7 ou de l’ONU, où la question de l’égalité de genre sera à l’ordre du jour.

Cette décision laisse en suspens plusieurs questions : la France va-t-elle maintenir ses financements dédiés aux programmes d’égalité de genre à l’international ? Un autre poste ou une autre structure sera-t-il créé pour prendre le relais ? Autant de réponses qui pourraient être apportées lors des prochains mois, alors que le pays prépare également la présidence du Conseil de l’Union européenne en 2027.

Selon Libération, cette suppression n’a pas été annoncée officiellement. Elle s’inscrit dans une reconfiguration plus large des missions diplomatiques françaises, mais les motivations exactes restent floues. Plusieurs hypothèses sont évoquées : une volonté de rationaliser les postes, un recentrage sur les droits humains au détriment de thématiques spécifiques, ou encore une adaptation aux priorités du gouvernement actuel.