Chaque mercredi, la chronique cinéma de Franceinfo – Culture met en lumière des films marquants, qu’il s’agisse de blockbusters ou de documentaires intimistes. Ce 9 juin 2026, Alexandra Gardes, journaliste spécialisée, a présenté deux œuvres particulièrement attendues par le public : Disclosure Day, le nouveau long-métrage de Steven Spielberg, et D’un monde à l’autre, un documentaire réalisé par Jérémy Rénier, explorant un voyage initiatique au cœur de l’Arctique canadien.

Ce qu'il faut retenir

  • Disclosure Day, réalisé par Steven Spielberg, est un film de science-fiction optimiste qui révèle l’existence des extraterrestres, cachée par les autorités pendant des décennies. Sorti le 11 juin 2026, il s’inscrit dans la lignée des œuvres emblématiques du cinéaste, comme E.T. l’extra-terrestre ou Rencontres du troisième type.
  • Le film s’appuie sur une vision humaniste des extraterrestres, loin des clichés d’envahisseurs hostiles, privilégiant leur rencontre et leur communication avec l’humanité.
  • D’un monde à l’autre est un documentaire réalisé par Jérémy Rénier, compagnon d’aventure de l’explorateur français Laurent Loury, sur la banquise arctique canadienne. Tourné à moins 60 °C, il relate une expédition de trois mois, ponctuée de dangers extrêmes.
  • Ce périple, à la fois physique et sensoriel, a servi de thérapie à Rénier après le décès de son ami Gaspard Ulliel, disparu en janvier 2024.
  • Le film aborde des thèmes universels comme le deuil, la résilience et la reconstruction, à travers une expérience humaine intense et transformatrice.
  • Selon Spielberg, son intérêt pour les extraterrestres remonte à son enfance, marquée par un sentiment de solitude et une fascination précoce pour l’inconnu.

Steven Spielberg et Disclosure Day : une plongée dans l’inconnu optimiste

Avec Disclosure Day, Steven Spielberg signe une nouvelle incursion dans l’univers de la science-fiction, un genre qui a forgé sa réputation. Le cinéaste, connu pour ses récits mêlant émerveillement et émotion, revient aux extraterrestres, une thématique récurrente dans son œuvre. Rencontres du troisième type, La Guerre des mondes, A.I. Intelligence artificielle ou E.T. ont marqué l’histoire du cinéma, cumulant quatre Oscars et près de 800 millions de dollars de recettes mondiales. Cette fois, le réalisateur propose une fiction où la vérité est enfin révélée : les extraterrestres existent bel et bien. Cependant, les autorités les ont maintenus secrets pendant des décennies, justifiant cette dissimulation par des expériences menées sur eux.

Ce qui distingue Spielberg des autres réalisateurs de science-fiction est sa vision résolument positive des extraterrestres. Dans ses films, ils ne sont pas des ennemis, mais des êtres avec lesquels l’humanité pourrait établir un dialogue. Cette approche reflète une philosophie ancrée dans l’optimisme, voire dans une forme de spiritualité. Pour lui, l’intelligence extraterrestre n’est pas une menace, mais une possibilité fascinante. « Je pense qu’il est impossible que nous soyons la seule espèce dotée d’intelligence dans l’univers. Tout petit déjà, quand je regardais les étoiles, je sentais que d’autres créatures nous observaient d’en bas ou d’en haut. Et j’ai réalisé mon premier film sur les extraterrestres à 17 ans. Ça m’a toujours fasciné », a-t-il confié.

Cette fascination, Spielberg l’attribue en partie à son enfance. Divorcé de ses parents à un jeune âge, il aurait développé une forme de solitude qui l’aurait poussé à s’inventer des amis imaginaires. Une hypothèse que certains biographes du réalisateur avancent pour expliquer son attachement aux récits d’aventure et de rencontre avec l’altérité. « Je fais des films pour parler de leurs expériences. Même si personnellement, je n’en ai jamais vu », a-t-il ajouté, soulignant sa volonté de donner une voix à ceux qui affirment avoir été en contact avec des phénomènes inexpliqués.

D’un monde à l’autre : l’Arctique, miroir d’une renaissance

D’un monde à l’autre est bien plus qu’un documentaire d’aventure : c’est le récit d’un parcours initiatique, filmé par Jérémy Rénier, acteur et réalisateur belge, en compagnie de l’explorateur français Laurent Loury. Leur objectif ? Traverser la banquise arctique canadienne pendant trois mois, dans l’une des régions les plus hostiles de la planète. Les conditions de tournage ont été extrêmes : températures descendant jusqu’à moins 60 °C, une première cinématographique, puisque aucune caméra n’avait auparavant pénétré ces zones reculées.

Le projet trouve son origine dans un drame personnel. Rénier, proche ami de Gaspard Ulliel, disparu tragiquement en janvier 2024, traverse alors une période de deuil difficile. C’est Loury qui lui propose de l’accompagner sur une partie de son expédition en Arctique, lui offrant une « main tendue » pour se reconstruire. « Je n’arrivais pas à m’en sortir. Il m’a fait une proposition folle : 'Si tu viens avec moi sur un bout de mon périple, peut-être que ça t’aidera.' J’ai vu ça comme une main tendue, et je l’ai serrée. Je ne m’attendais pas une seconde à ce que j’allais subir », a expliqué Rénier. Le périple, prévu pour durer 14 jours, s’est transformé en une épreuve physique et mentale sans précédent.

Les conséquences de cette aventure ont été radicales. Rénier a perdu 10 kilos, a subi des engelures graves, perdu trois ongles et s’est retrouvé méconnaissable. Pourtant, ce sacrifice corporel a aussi été une métamorphose intérieure. « Au fur et à mesure, à la fin de ce périple, je me suis vu dans la glace. C’est une expérience physique et sensorielle qui m’a bouleversé, qui m’a marqué », a-t-il témoigné. Le documentaire, fruit de cette confrontation avec soi-même et avec la nature, interroge la résilience humaine face à l’adversité et la mort.

Deux films, deux visions de l’humanité face à l’inconnu

À travers Disclosure Day et D’un monde à l’autre, deux œuvres aux tonalités opposées mais complémentaires émergent cette semaine. L’une, un blockbuster de science-fiction, explore la peur et l’espoir liés à la découverte d’une intelligence extraterrestre. L’autre, un récit intime et brut, plonge dans la reconstruction après un deuil, à travers une aventure humaine extrême. Toutes deux reflètent des questionnements universels : comment l’humanité peut-elle coexister avec ce qu’elle ne comprend pas ? Comment se relever après une perte insurmontable ?

Pour Spielberg, la réponse passe par la curiosité et l’ouverture d’esprit. Son film invite à imaginer un monde où la vérité, aussi dérangeante soit-elle, pourrait être acceptée avec bienveillance. Pour Rénier, la réponse réside dans l’épreuve physique et la confrontation avec ses limites. Son documentaire devient ainsi une métaphore de la vie : une série de défis qui, une fois surmontés, laissent place à une nouvelle forme de sagesse.

Et maintenant ?

Disclosure Day sort en salles ce mercredi 11 juin 2026 et devrait s’imposer comme l’un des événements cinématographiques de l’été, portés par la notoriété de Spielberg et l’engouement pour les récits de science-fiction. Le film pourrait bénéficier d’une sortie internationale simultanée, une stratégie déjà adoptée pour certains blockbusters ces dernières années.

Quant à D’un monde à l’autre, le documentaire est d’ores et déjà présenté dans plusieurs festivals spécialisés dans le cinéma documentaire, avant une diffusion télévisuelle prévue pour la fin de l’année. Les organisateurs des festivals ont salué la puissance visuelle et émotionnelle du film, qui pourrait également faire l’objet d’une exploitation en salles lors de sa sortie définitive.

Ces deux œuvres, bien que différentes, illustrent la vitalité du cinéma français et international en 2026. L’une, par son ambition spectaculaire, l’autre, par son authenticité brute, elles rappellent que le septième art reste un moyen privilégié d’explorer les grandes questions de l’humanité. Une chose est sûre : le public n’est pas près d’oublier ces histoires.

D'après les informations rapportées par Franceinfo – Culture, le budget de production de Disclosure Day n’a pas été officiellement communiqué par Universal Pictures ou Amblin Entertainment. Cependant, les précédents films de Steven Spielberg, comme Ready Player One (2018), avaient un budget avoisinant 175 millions de dollars. Les spécialistes du secteur estiment que ce nouveau long-métrage pourrait s’inscrire dans une fourchette similaire, voire légèrement supérieure, en raison des effets spéciaux nécessaires pour les scènes d’extraterrestres.

Lors de la présentation du documentaire D’un monde à l’autre, Jérémy Rénier a indiqué que cette expédition en Arctique marquait un tournant dans sa vie, sans pour autant annoncer de nouveaux projets similaires. Laurent Loury, quant à lui, continue ses missions d’exploration et de sensibilisation aux enjeux climatiques. Rien n’a encore été confirmé concernant une collaboration future entre les deux hommes.