Le député européen et cofondateur de Place Publique, Raphaël Glucksmann, était l’invité ce jeudi 4 juin 2026 de l’émission « 8h30 franceinfo », présentée par Agathe Lambret et Paul Larrouturou. Il a abordé deux sujets majeurs : la disparition de Lyhanna dans le Gers et les dysfonctionnements de la justice, ainsi que les perspectives pour la primaire de la gauche en vue de l’élection présidentielle de 2027. Selon Franceinfo - Politique, Glucksmann a appelé à faire de la défense des enfants une « priorité absolue » et a critiqué les propositions concernant l’organisation d’une double primaire à gauche.

Ce qu'il faut retenir

  • Raphaël Glucksmann, député européen et cofondateur de Place Publique, était l’invité de « 8h30 franceinfo » le 4 juin 2026.
  • Il s’est exprimé sur la disparition de Lyhanna dans le Gers et les dysfonctionnements de la justice.
  • L’homme soupçonné dans cette affaire était visé par plusieurs plaintes et signalements avant la disparition.
  • Glucksmann a proposé la mise en place de « procédures d’urgence » pour accélérer le traitement des dossiers judiciaires.
  • Il a critiqué la proposition d’Olivier Faure d’une double primaire à gauche pour 2027.
  • Le leader de Place Publique s’est dit opposé à une candidature « de plus » et a appelé à mettre les « égos de côté » pour trouver le meilleur candidat.

La justice accusée de dysfonctionnements dans l’affaire Lyhanna

Raphaël Glucksmann a pointé du doigt les lacunes de la justice dans l’affaire Lyhanna, une collégienne disparue dans le Gers. Selon lui, « la justice a perdu du temps, a dysfonctionné », et il a insisté sur la nécessité d’allouer des moyens supplémentaires pour éviter que de tels dysfonctionnements ne se reproduisent. Glucksmann a rappelé que l’homme actuellement soupçonné de l’enlèvement de la jeune fille faisait déjà l’objet de plusieurs plaintes et signalements avant sa disparition, sans que des mesures urgentes n’aient été prises.

« On ne peut pas avoir une plainte et dix mois plus tard, rien », a-t-il déclaré, exprimant sa « révolte » face à cette situation. Pour y remédier, il a proposé la création de « procédures d’urgence » permettant de traiter les dossiers sensibles de manière accélérée, afin que les affaires prioritaires remontent « tout en haut de la pile ».

Une double primaire à gauche ? Glucksmann s’y oppose

Sur le plan politique, Raphaël Glucksmann a réagi à la proposition d’Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, d’organiser une double primaire pour désigner le candidat de la gauche à l’élection présidentielle de 2027. Pour Glucksmann, une telle mesure équivaudrait à « une machine à perdre ». Il a ironisé : « Je ne pense pas que quand on a une primaire, qui est une machine à perdre, deux primaires, ce serait une machine à gagner ».

Il a dénoncé un « processus interminable que personne ne comprend et qui donne le tournis à l’ensemble des sympathisants socialistes ». Pour lui, la gauche doit éviter les divisions internes et se concentrer sur la recherche d’un candidat capable de rassembler, plutôt que sur la course à la première place parmi les prétendants.

Glucksmann exclut une candidature « de plus »

Bien que Raphaël Glucksmann n’ait pas encore officiellement déclaré sa candidature pour 2027, il a laissé entendre qu’il pourrait se lancer dans la course dans les prochains mois. « Je ne doute de rien », a-t-il affirmé, précisant qu’il prendrait sa décision dans un délai de trois mois. Son objectif : éviter de figurer parmi les « candidatures de plus » qui, selon lui, ne font que fragmenter le vote à gauche sans offrir de réelle chance de victoire.

Il a appelé ses alliés à « mettre les égos de côté » pour privilégier l’unité et la recherche du meilleur profil, celui qui serait en mesure de « nous faire gagner cette élection » et non simplement de « être premier à gauche ».

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour clarifier le paysage politique à gauche. Si Raphaël Glucksmann devait officialiser sa candidature d’ici la fin de l’été, cela pourrait modifier l’équilibre des forces au sein de Place Publique et du Parti socialiste. Par ailleurs, la question des dysfonctionnements judiciaires mis en lumière par l’affaire Lyhanna devrait alimenter les débats au Parlement, notamment sur l’adoption de mesures renforçant l’efficacité des procédures dans les affaires impliquant des mineurs.

Côté calendrier, la primaire de la gauche, si elle devait avoir lieu, ne devrait pas intervenir avant le premier semestre 2027, laissant encore plusieurs mois pour négocier ou réviser les modalités de désignation du candidat. Reste à voir si les différents partis parviendront à s’accorder sur un processus unifié.

La disparition de Lyhanna et les dysfonctionnements judiciaires associés continuent de susciter l’émotion et l’indignation dans l’opinion publique. Quant à la primaire de la gauche, elle s’annonce déjà comme un sujet de tensions, alors que le calendrier électoral se précise. L’enjeu pour les responsables politiques sera de trouver un équilibre entre unité et diversité des candidatures, sans reproduire les erreurs du passé.

Glucksmann considère qu’une double primaire, en plus de la primaire classique, risquerait de prolonger inutilement le processus de désignation du candidat. Il estime que cela créerait de la confusion parmi les électeurs et affaiblirait les chances de la gauche face à ses adversaires politiques.

Il préconise la mise en place de « procédures d’urgence » permettant d’accélérer le traitement des dossiers sensibles, ainsi qu’un renforcement des moyens alloués à la justice pour éviter les retards dans l’instruction des affaires prioritaires.