Une semaine après la disparition de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers, la fédération France Victimes appelle ce jeudi 4 juin 2026 à l’organisation d’un Grenelle national consacré aux crimes commis contre les mineurs. Cette initiative intervient alors que les témoignages de victimes présumées du principal suspect, Jérôme Barella, 41 ans, s’accumulent, mettant en lumière les failles du système judiciaire et de la protection de l’enfance. Selon BFM - Faits Divers, l’organisation demande une politique globale pour renforcer l’accompagnement des victimes et le traitement des violences sexuelles.

Ce qu'il faut retenir

  • Lyhanna, 11 ans, a disparu le 29 mai 2026 dans le Gers, où les recherches se poursuivent toujours.
  • Jérôme Barella, mis en examen et placé en détention provisoire pour enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans, est le principal suspect dans cette affaire.
  • Plusieurs plaintes et signalements pour violences sexuelles avaient été déposés contre lui depuis 2017, tous classés sans suite.
  • France Victimes réclame un Grenelle national pour coordonner les acteurs et améliorer la protection des mineurs victimes.
  • Le gouvernement a annoncé une enquête administrative sur les antécédents de Jérôme Barella.

Un suspect déjà connu des autorités judiciaires

Depuis la disparition de Lyhanna, Jérôme Barella est au cœur de l’enquête. L’homme, père d’une amie de la jeune fille, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans et placé en détention provisoire. Pourtant, son profil judiciaire révèle une longue série d’échecs dans le traitement de ses antécédents. Selon BFM - Faits Divers, ses premières démêlées avec la justice remontent à 2017, lorsqu’un signalement judiciaire avait été émis par la mère d’une adolescente de 17 ans. Celle-ci avait découvert que sa fille entretenait une relation avec Barella, alors âgé de 32 ans. Classé sans suite en février 2018, ce signalement n’a pas empêché de nouvelles plaintes.

En 2022, une plainte pour viol avait été déposée pour des faits présumés commis en 2020 sur une enfant de 7 ans. Cette affaire, elle aussi, avait été classée sans suite en 2024, malgré la gravité des accusations. Plus récemment, en août 2025, la mère d’une enfant de 11 ans avait porté plainte pour des viols présumés commis entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile du suspect. Cette enquête est toujours en cours, et aucune information n’a été communiquée sur son avancement.

France Victimes dénonce les dysfonctionnements du système judiciaire

Dans un communiqué publié ce jeudi, France Victimes souligne l’urgence de revoir la prise en charge des mineurs victimes de violences sexuelles. L’organisation pointe notamment la place accordée à la parole des enfants, souvent minimisée, ainsi que les retards dans le traitement des plaintes. « Pour la fédération France Victimes, cette affaire rappelle l'urgence de renforcer les moyens consacrés à la protection des mineurs victimes, à leur accompagnement et au traitement judiciaire des violences sexuelles », déclare-t-elle. Elle insiste également sur la nécessité de donner une priorité absolue à l’accompagnement des victimes et de leurs proches, tout en exigeant des pouvoirs publics des moyens adaptés.

France Victimes propose la tenue d’un Grenelle national pour rassembler tous les acteurs concernés : magistrats, forces de l’ordre, associations, professionnels de santé et pouvoirs publics. L’objectif affiché est de construire une politique globale de protection de l’enfance victime, avec des mesures concrètes pour éviter que de telles affaires ne se reproduisent. « Cette affaire interroge également l'urgence avec laquelle ces situations doivent être traitées », ajoute l’organisation, soulignant que chaque jour compte dans la protection des mineurs.

Un gouvernement sous pression face aux dysfonctionnements

Face à l’ampleur des dysfonctionnements révélés par cette affaire, le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative sur les antécédents de Jérôme Barella. Cette initiative, qui pourrait permettre d’identifier d’éventuelles erreurs dans le traitement des plaintes précédentes, intervient alors que les familles des victimes et les associations réclament des comptes. Les recherches pour retrouver Lyhanna se poursuivent dans le Gers, sous la supervision de la gendarmerie, sans qu’aucun résultat concret n’ait été annoncé depuis sa disparition.

Le profil de Barella, déjà connu pour des faits graves et pourtant resté en liberté pendant des années, soulève des questions sur l’efficacité des mécanismes de signalement et d’enquête. Selon plusieurs témoignages recueillis par BFM - Faits Divers, des proches avaient alerté sur des comportements suspects bien avant la disparition de Lyhanna. Pourtant, aucun de ces signalements n’avait abouti à une condamnation ou même à une enquête approfondie. Autant dire que la crédibilité du système judiciaire est, une fois de plus, mise à mal.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des résultats de l’enquête administrative sur les antécédents de Jérôme Barella, dont les conclusions pourraient être rendues d’ici quelques semaines. Par ailleurs, le Grenelle national réclamé par France Victimes devrait être organisé dans les prochains mois, avec pour objectif de proposer des réformes législatives et structurelles. Dans l’immédiat, les recherches pour retrouver Lyhanna se poursuivent dans le Gers, où les gendarmes restent mobilisés. Enfin, l’avancement des enquêtes en cours concernant les plaintes pour violences sexuelles pourrait révéler de nouvelles informations sur le profil du suspect.

Cette affaire, comme d’autres avant elle, rappelle l’importance d’un système judiciaire réactif et d’une prise en charge adaptée des victimes. Elle interroge également sur la capacité des institutions à tirer les leçons des échecs passés pour éviter que d’autres enfants ne deviennent des victimes collatérales.

Plusieurs signalements et plaintes déposés entre 2017 et 2025 contre Jérôme Barella ont été classés sans suite, faute de preuves suffisantes ou en raison de délais procéduraux. Les associations, comme France Victimes, dénoncent des manquements dans l’instruction de ces affaires, notamment un manque de réactivité des autorités judiciaires et une sous-estimation de la parole des victimes mineures.