La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a exprimé ce jeudi 4 juin 2026 son indignation face aux lenteurs des enquêtes concernant l’enlèvement présumé de Lyhanna, 11 ans, disparue depuis le 30 mai dans le Gers. Selon Franceinfo - Politique, elle a souligné la nécessité d’accélérer le traitement des dossiers judiciaires et de renforcer les moyens alloués à la justice, tout en s’interrogeant sur la place accordée à la parole des victimes.
Ce qu'il faut retenir
- La disparition de Lyhanna, 11 ans, remonte au 30 mai 2026 dans le Gers, où elle aurait été enlevée par un suspect déjà visé par plusieurs signalements.
- Une plainte pour viols avait été déposée contre ce suspect le 22 août 2025, mais il n’a jamais été entendu par la justice, suscitant une vive colère dans l’opinion.
- Maud Bregeon a reconnu les dysfonctionnements et appelé à une augmentation « massive » des moyens de la justice, malgré les hausses budgétaires des neuf dernières années.
- Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et le garde des Sceaux Gérald Darmanin ont ordonné une enquête administrative pour identifier d’éventuels manquements.
- Raphaël Glucksmann a dénoncé « dix mois sans rien » après le dépôt de la plainte, réclamant des moyens supplémentaires pour accélérer les procédures.
Un suspect sous le feu des signalements depuis des années
L’homme actuellement visé par l’enquête pour l’enlèvement de Lyhanna était déjà connu des autorités judiciaires avant cette affaire. Selon les informations rapportées par Franceinfo - Politique, il avait fait l’objet de plusieurs plaintes et signalements ces dernières années. Parmi elles, une plainte déposée le 22 août 2025 par la mère d’une mineure née en 2014, qui accusait le suspect de viols commis « entre septembre 2024 et mai 2025 » au domicile de ce dernier.
Cette procédure, ouverte il y a neuf mois, n’a cependant donné lieu à aucun interrogatoire du mis en cause. Une situation qui, pour Maud Bregeon, « ramène à une question plus profonde : quelle place on donne à la parole des victimes ? Comment se déroulent les enquêtes ? Comment ces enquêtes sont suivies ? ». Autant dire que l’opinion publique s’interroge sur l’efficacité du système judiciaire dans ce dossier.
La porte-parole du gouvernement critique la lenteur de la justice
Intervenant sur CNews ce matin, Maud Bregeon a admis partager « l’indignation de tous les Français » face aux dysfonctionnements observés. « Ce que l’on découvre jour après jour est absolument insupportable », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Il y a une question de rapidité de la justice et pour cela il faut des moyens. »
La porte-parole a rappelé que les crédits alloués à la justice avaient été « massivement augmentés » depuis neuf ans, mais qu’il faudrait « aller au-delà » pour répondre aux attentes. « Nous ne pouvons pas nous contenter de demi-mesures lorsque des vies sont en jeu », a-t-elle insisté. Une prise de position qui s’inscrit dans un contexte de pression accrue sur les institutions judiciaires et policières.
Les autorités promettent une enquête administrative et des réponses
Face à la polémique, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et le garde des Sceaux Gérald Darmanin ont demandé l’ouverture d’une enquête administrative. Celle-ci sera menée conjointement par l’Inspection générale de la justice et l’Inspection générale de la gendarmerie nationale, afin d’identifier d’éventuels dysfonctionnements dans le traitement des signalements et des plaintes visant le suspect.
Sur franceinfo, le député Raphaël Glucksmann (Place publique) s’est dit « révolté » par ces révélations. « On ne peut pas avoir une plainte et dix mois plus tard rien », a-t-il dénoncé, avant de réclamer « des moyens supplémentaires pour la justice, pour que les dossiers soient traités beaucoup plus rapidement et remontent tout en haut de la pile à chaque fois ». Une déclaration qui reflète l’exaspération croissante de certains responsables politiques.
Les recherches pour retrouver Lyhanna se poursuivent dans le Gers
La disparition de Lyhanna, collégienne de 11 ans, a mobilisé depuis le 30 mai des moyens importants : plongeurs, battues citoyennes et hélicoptères ont été déployés dans le Gers pour tenter de localiser l’enfant. Les investigations se concentrent autour du suspect, dont l’adresse est située dans le département. Selon les autorités, aucune piste n’est écartée pour l’heure, même si les soupçons pèsent lourdement sur cet individu.
Les familles et les associations de victimes suivent de près l’évolution de l’enquête, tandis que l’opinion publique, choquée par les révélations sur les dysfonctionnements judiciaires, attend des réponses rapides. Les prochaines semaines s’annoncent décisives, tant sur le plan judiciaire que médiatique.
Les associations de défense des droits des mineurs et certains élus appellent déjà à une réforme structurelle des procédures judiciaires, tandis que le gouvernement devrait annoncer dans les prochains jours de nouvelles mesures pour accélérer le traitement des dossiers sensibles. La disparition de Lyhanna pourrait ainsi devenir un tournant dans l’histoire judiciaire française.
L’enquête administrative ordonnée par Laurent Nuñez et Gérald Darmanin pourrait aboutir d’ici trois à quatre semaines. Par ailleurs, les auditions du suspect devraient intervenir dans les meilleurs délais, une fois les conclusions de cette enquête connues.
Maud Bregeon a évoqué la nécessité d’augmenter les effectifs des parquets et des services d’enquête, ainsi que de renforcer les outils numériques pour fluidifier les échanges entre les différents acteurs. Aucune annonce concrète n’a encore été faite, mais le gouvernement devrait présenter un plan d’action d’ici la fin du mois.