Selon BFM - Faits Divers, l’affaire Lyhanna, cette fillette de 8 ans disparue en novembre 2025 dans le Gers, vient de franchir une étape décisive avec la découverte de son corps le 2 juin 2026 dans un silo agricole situé près de Fleurance. Alors que l’enquête se poursuit, les déclarations des acteurs judiciaires et des autorités locales dessinent un tableau complexe, marqué par des zones d’ombre persistantes. L’autopsie, dont les résultats sont attendus dans les prochains jours, ne devrait pas, selon l’avocat pénaliste Dylan Slama, lever tous les mystères entourant ce drame.
Ce qu'il faut retenir
- Découverte du corps : le 2 juin 2026, un corps a été retrouvé dans un silo agricole abandonné près de Fleurance (Gers), après plus de six mois de recherches.
- Profil du suspect : Jérôme Barella, considéré comme le principal suspect, a été mis en examen pour « enlèvement et séquestration de mineur ».
- Rapport d’autopsie : selon l’avocat Dylan Slama, il ne permettra peut-être pas d’éclaircir tous les aspects de l’affaire, notamment les circonstances exactes de la disparition.
- Réactions institutionnelles : Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a salué le travail des enquêteurs tout en reconnaissant un « constat d’échec » pour le système judiciaire.
- Contexte local : la découverte du corps a ravivé les tensions dans la région, certains habitants estimant que la justice aurait pu éviter ce drame.
Une découverte macabre après des mois d’enquête
C’est un agriculteur local, Thierry Guilbert, qui a signalé la présence d’un corps dans un silo situé à quelques kilomètres de Fleurance. Ce silo, « isolé et fermé depuis plusieurs années », n’avait pas été inspecté par les forces de l’ordre avant cette date, selon ses propos rapportés par BFM - Faits Divers. Les enquêteurs, toujours présents sur les lieux le 3 juin, ont confirmé l’identification de la victime comme étant Lyhanna, disparue en novembre 2025 lors d’une sortie scolaire dans le Gers.
La localisation du corps dans un endroit aussi discret interroge. Plusieurs habitants de la commune de Puycasquier, où vivait la fillette, ont exprimé leur colère. L’une d’eux, Laura, a déclaré : « Si la justice avait fait son travail, rien de tout ça ne serait arrivé. » Ces propos reflètent un sentiment de défiance envers les institutions, amplifié par les déclarations ultérieures des autorités.
Jérôme Barella, le suspect central, au cœur des débats
Les enquêteurs ont rapidement ciblé Jérôme Barella, un homme de 35 ans résidant dans la région. Selon les éléments recueillis par BFM - Faits Divers, il aurait été vu à plusieurs reprises en train de rechercher Lyhanna le soir de sa disparition, alors qu’il participait officiellement aux battues organisées pour la retrouver. Son parcours ce jour-là, reconstitué par les forces de l’ordre, révèle des incohérences qui ont conduit à son inculpation pour « enlèvement et séquestration de mineur ».
Le profil de Barella, déjà connu des services de police pour des faits de violences antérieures, a été analysé par les médias locaux. Un reportage diffusé sur BFM TV a mis en lumière son passé judiciaire, sans pour autant établir de lien direct avec le meurtre de Lyhanna. Pour l’heure, aucune preuve matérielle ne le relie formellement à la scène de crime, mais les enquêteurs s’appuient sur des témoignages et des éléments circonstanciels.
Un rapport d’autopsie attendu avec prudence
La famille de Lyhanna, les enquêteurs et l’opinion publique attendent avec impatience les résultats de l’autopsie, prévue pour les prochains jours. Cependant, l’avocat pénaliste Dylan Slama, contacté par BFM - Faits Divers, a tempéré les attentes. « Le rapport d’autopsie ne donnera peut-être pas toutes les réponses que l’on attend », a-t-il souligné, évoquant la possibilité que certaines preuves aient été détruites ou que les causes du décès restent indéterminées.
Cette mise en garde s’inscrit dans un contexte plus large de méfiance envers les procédures judiciaires. Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, a reconnu un « constat d’échec pour tout le monde », une déclaration qui a suscité des réactions contrastées. Certains y ont vu une prise de responsabilité salutaire, tandis que d’autres, comme des habitants de Puycasquier, ont interprété ces mots comme une confirmation de l’inefficacité du système.
« C’est un constat d’échec pour tout le monde. »
Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice
Les failles du système judiciaire mises en lumière
L’affaire Lyhanna a révélé plusieurs dysfonctionnements dans la chaîne judiciaire et policière. Alain Bauer, professeur émérite de criminologie, a pointé du doigt « notre incapacité en tant que société à écouter la parole des victimes ». Dans une interview accordée à BFM - Faits Divers, il a rappelé que les signaux d’alerte, notamment de la part des camarades de classe de Lyhanna, n’avaient pas été suffisamment pris au sérieux avant sa disparition.
La mère d’une amie de Lyhanna a également témoigné sous couvert d’anonymat. Elle a raconté que Barella aurait tenté de récupérer des informations sur la fillette auprès de sa fille quelques heures avant sa disparition. Ces éléments, bien que non déterminants, s’ajoutent à la mosaïque de preuves indirectes accumulées contre le suspect.
Au-delà du sort judiciaire de Barella, cette affaire soulève des questions plus larges sur la protection des mineurs et la réactivité des institutions face aux disparitions. Les associations de victimes, comme La Voix de l’Enfant, ont déjà demandé un audit des procédures de signalement et de recherche des personnes disparues. Pour l’heure, la famille de Lyhanna reste sous protection policière, dans l’attente d’une vérité qui tarde à émerger.
Les résultats de l’autopsie sont attendus dans les prochains jours. Parallèlement, les enquêteurs doivent finaliser les analyses du silo agricole où le corps a été découvert. Jérôme Barella, mis en examen pour « enlèvement et séquestration de mineur », devrait être présenté devant le juge d’instruction d’ici la fin du mois de juin 2026, selon les informations communiquées par le parquet d’Auch.